100 % OBSTACLE : LE PODCAST 100 % ADRÉNALINE DE JOUR DE GALOP

Institution / Ventes / 02.12.2021

100 % OBSTACLE : LE PODCAST 100 % ADRÉNALINE DE JOUR DE GALOP

Par Christopher Galmiche

Jour de Galop innove et lance un podcast 100 % obstacle, LE rendez-vous mensuel de tous les passionnés de la discipline. Pour cette première, c’est le patron de l’obstacle français que nous accueillons à notre micro ! Jacques Détré, vice-président de France Galop, en charge de l’obstacle, nous parle des enjeux et de l’évolution de cette discipline où la France excelle. Sans langue de bois. À lire ici ou à écouter sur notre site, rubrique JDG Radio (https://www.jourdegalop.com/podcasts).

Une prime propriétaire de 10 % en obstacle, jusqu’à 25 % pour les femelles

« L’année 2022, en ce qui concerne l’obstacle, sera une année faste, avec le versement d’une prime propriétaire de 10 % du montant de l’allocation. Cette mesure sera mise en application à compter du 1er janvier 2022 et concernera toutes les courses réservées aux chevaux nés et élevés en France, ou assimilés, quelle que soit leur race et dans toutes les courses premium ou PMH. Cette mesure formidable va nous permettre de revenir au niveau des allocations de 2017.

En outre, et c’est ce qui avait été prévu dans le plan de redynamisation de l’obstacle, une prime propriétaire supplémentaire de 15 % sera versée pour les pouliches de 3 et 4ans dans les courses premium, hormis les Grs1. Cette prime sera versée dès le 1er janvier pour les femelles de 4ans, et dès le 1er septembre pour les pouliches de 3ans. Donc, dès le 1er janvier, les pouliches de 4ans bénéficieront d’une prime de 25 %. L’objectif, c’est que les pouliches puissent être exploitées. Soit par le biais d’un contrat de location, soit directement par les éleveurs. Cela évitera que bon nombre de pouliches restent au pré, et devrait permettre de remplir les courses de pouliches. »

Soigner le moral des propriétaires

« Plusieurs courses vont être promues Listed : les Prix Chalet, Virelan, la Muette, Mont-Dore, Le Touquet et Solitaire. Sept allocations seront distribuées dans les Listeds non handicaps pour 5ans et plus. Cela vient en complément de la décision actée cette année de distribuer sept allocations dans les courses de 3 et 4ans. C’est une mesure qui a permis de sauver les meubles dans des épreuves traditionnellement peu fournies en partants. Cela joue aussi sur le moral des propriétaires ! Les statistiques du nombre de partants seront un peu meilleures cette année. Avec cette mesure, notre but était aussi d’éviter de voir trop de chevaux vendus en Angleterre, notamment les jeunes chevaux. Nous avons donc majoré la prime à l’éleveur dans les courses de 3ans, 4ans et 4 et 5ans avec une enveloppe prise sur celle des primes à l’éleveur pour l’étranger. C’était une mesure incitative pour que les éleveurs vendent moins leurs chevaux à l’étranger. »

Un automne remodelé

« Les 48 Heures de l’obstacle sont décalées d’une semaine et auront lieu les 12 et 13 novembre. Ce n’est pas trop loin des meilleures dates pour optimiser les enjeux. Nous avons décalé le programme automnal à la demande des professionnels. Cette année, nous avions sept réunions au mois de septembre avec notamment une à Compiègne qui avait réuni peu de partants. Tout le monde sait que les terrains sont très roulants en septembre. Les températures peuvent être assez élevées et les entraîneurs restent frileux pour courir à cette période face au risque généré par ces courses en terrain rapide. À leur demande, et après avoir beaucoup travaillé avec le plat pour obtenir ce que nous voulions, nous avons décalé le début du meeting d’Auteuil d’une semaine. Cela nous fait perdre deux événements à cette période, mais nous les retrouvons à Auteuil au printemps et à Clairefontaine l’été. C’est une bonne nouvelle car nous avions perdu sans arrêt des événements… »

Le paradoxe de l’attente sur les enjeux en obstacle

« Il existe un paradoxe à demander à l’obstacle de générer autant d’enjeux qu’auparavant avec moins de Quintés et des réunions qui débutent très tôt. C’est pratiquement impossible ! Nous avons bien écouté les demandes du PMU, mais il faut bien comprendre que, lorsque l’on court à 10 h 30, les joueurs ne sont pas arrivés dans les PMU… Dans ce contexte, c’est difficile de produire les mêmes résultats que si on débutait à 14 heures ou 15 heures. Notre grande force, c’est que le conseil d’administration est très soudé, comprend notre problématique et l’accepte. Pour répondre aux demandes du PMU, nous avons organisé un séminaire en mai. Depuis, nous avons pris énormément de petites mesures qui, à terme, devraient permettre d’obtenir plus de partants en obstacle et donc plus d’enjeux. Mais de temps en temps, il faut aussi nous donner des réunions sur des créneaux porteurs ! »

Un Président plus intéressant pour les enjeux

« En ce qui concerne le programme 2022, il faut aussi noter un grand changement qui concerne le Prix du Président de la République (Gr3) et la Grande Course de Haies de Printemps (Gr3). Le Président va être avancé au début du mois d’avril et le Prix Lutteur III (L) en sera la seule préparatoire. Le Prix Karcimont sera ainsi transféré après le Président pour en devenir une consolante. Positionné ainsi, le Président sera bien plus intéressant pour les enjeux. La Grande Course de Haies de Printemps va retrouver son statut d’événement. Nous l’avions perdu l’année dernière et c’était une mauvaise chose. »

Les nouveaux handicaps pour les bons chevaux : une réussite !

« Avec un peu de recul, on s’aperçoit que la création de handicaps pour chevaux de bonne valeur a très bien marché. Cela avait mal commencé lors du Prix Melanos (L) réservé aux 4ans car les entraîneurs n’avaient pas compris la modification des conditions. De ce fait, lors de cette course, il y avait eu onze non valables ! Du côté des chevaux d’âge, les résultats sont également très intéressants. »

Des distances raccourcies, un concept qui séduit les parieurs

« Au séminaire de l’obstacle, nous avions décidé de créer un programme de steeple sur des distances plus courtes. Beaucoup d’entraîneurs m’avaient dit que c’était mieux de l’envisager à Auteuil car il y a plus à sauter avec notamment le gros open-ditch. Nous avons donc procédé à un changement dans plusieurs courses, les Prix Morgex (Gr3), Triquerville (L) et Le Pontet. Cela a été un succès, notamment en termes de nombre de partants, mais aussi en matière d’enjeux. En effet, le Prix Morgex a été dimanche dernier la deuxième meilleure course en ce qui concerne les enjeux, avec 800.000 € misés. Bien sûr, il ne faut pas remettre tout notre circuit en cause. Beaucoup d’entraîneurs se sont inquiétés de la réduction de distance de 4.400m à 3.500m pour le Morgex. Nous rediscuterons de cela au Conseil de l’obstacle. Peut-être que nous repasserons à 4.400m, mais il faut savoir ce que l’on veut ! Sur les enjeux, ce circuit court a l’air de plaire aux parieurs et de rencontrer du succès au niveau des partants. C’est le but de nos réformes : que les enjeux se développent pour financer nos allocations. »

Le parrainage des nouveaux propriétaires : ça avance !

« Sur le projet de parrainages de nouveaux propriétaires, nous faisons plus qu’avancer. Nous étions, pas plus tard que mardi soir, en réunion avec Delphine Violette, en compagnie de Xavier Papot et Patrick Klein, qui sont également partants pour mettre en place des réunions pour prospecter de nouveaux propriétaires. Nous prévoyons deux premières rencontres pour de potentiels futurs propriétaires : une en mars et une en avril. La première aura pour vocation de faire découvrir notre univers à des prospects, en abordant tous les thèmes utiles pour eux. La seconde, fin avril, sera destinée à une clientèle qui a déjà des chevaux et souhaiterait développer son écurie. Ce sera plutôt une réunion de perfectionnement. Si ces réunions rencontrent un franc succès, elles pourraient être renouvelées en fonction de la demande. Ces rencontres, programmées avant des réunions d’Auteuil, devraient durer deux heures et auraient lieu en tribune présidentielle. Celle-ci resterait ouverte pour les personnes présentes, durant toute la réunion. »

La confiance, la clé pour trouver de nouveaux propriétaires

« Le maître mot pour trouver de nouveaux propriétaires, c’est la confiance. Il faut que les gens puissent comprendre par quel circuit ils peuvent entrer. Avant d’acheter un cheval, il faut savoir comment il s’élève, comment il est entraîné, pré-entraîné ou encore quelle est sa porte de sortie en cas de problème… Il ne faut pas se lancer à l’aventure comme l’ont fait beaucoup de jeunes, comme je l’ai fait moi-même. Il nous a fallu une dizaine d’années pour comprendre comment tout fonctionnait pour faire des choix plus judicieux dans nos achats. Ces rencontres seront justement là pour éviter à de futurs propriétaires les écueils dans lesquels nous étions tombés. »

La sécurité au centre des préoccupations

« En termes de sécurité sur les obstacles, les champs de courses en France se sont énormément améliorés. J’ai encore revu la barre d’appel du rail-ditch, qui était autrefois un tronc d’arbre, et est désormais transformée. En dehors de ce cas particulier, tous les obstacles des hippodromes premium ont été modifiés et arrangés. Les nouvelles techniques permettent d’avoir des matériaux qui sont beaucoup plus sûrs sur les chevaux. S’ils viennent à toucher ces matériaux, ceux-ci se déforment et l’impact n’a rien à voir avec ce qu’il était avec les matériaux anciens. Nous allons porter notre attention sur les vans ambulances qui doivent se trouver sur tous les hippodromes où l’on organise des courses d’obstacle. Les hippodromes qui courront en obstacle l’été devront donner des garanties sur les performances et le niveau d’arrosage de leurs terrains. Il ne sera plus possible de courir en obstacle sur de la route pour parler vulgairement. Il faudra que les sociétés se mettent aux normes avec un nouveau cahier des charges, sinon ces courses-là seront transférées sur d’autres sites. »

Sur un plan plus personnel

« Je trouve mon année plutôt bonne sur le plan sportif, mais moyenne sur l’aspect financier. Lorsque l’on a eu des cracks qui tiraient l’écurie comme De Bon Cœur (Vision d’État) ou Bipolaire (Fragrant Mix), ça ne donnait pas les mêmes sensations. J’ai moins de cracks mais j’ai plus de chevaux assez bons. Les cracks, ça ne se décrète pas ! Lorsque vous en avez un, il faut le savourer. Ce que j’aime dans les courses, c’est de voir le poulain se développer de six mois à 2ans. Puis aller le voir au pré-entraînement et que, une fois qu’il arrive sur l’hippodrome, mon travail soit fait ! Quand vous les voyez progresser et qu’ils viennent de votre élevage, ça a également une dimension supplémentaire incroyable. »