Donatien Sourdeau de Beauregard : « Avec onze succès, le mois de novembre a été vraiment exceptionnel »

Courses / 02.12.2021

Donatien Sourdeau de Beauregard : « Avec onze succès, le mois de novembre a été vraiment exceptionnel »

Avec un taux de réussite de 71,6 % en 2021, Donatien Sourdeau de Beauregard réalise l’une des plus belles années de sa carrière d’entraîneur. Le 25 novembre, grâce à Bathyscaphe, il a d’ailleurs enlevé son quatrième groupe depuis son installation, dans le Prix Général de Saint-Didier (Gr3).

Jour de Galop. - Cette année, vous avez remporté 34 courses. Comment jugez-vous cette réussite ?

Donatien Sourdeau de Beauregard. - Depuis que je suis installé, mes résultats sont allés en progression, et ce malgré le Covid. Le début de l’année a été bon pour mon écurie. Je n’ai pas couru cet été volontairement et, avec onze succès, le mois de novembre a été vraiment exceptionnel. Ce qui est impressionnant, c’est que nous avons eu des succès à haut niveau. Il faut savoir que je n’ai qu’une quarantaine de boxes et beaucoup de jeunes chevaux dans mon effectif. De plus, faire une douzaine de gagnants à Paris en une année, je pense que c’est plutôt bien.

Comment estimez-vous Bathyscaphe. Pourrait-il aller en steeple ?

J’ai toujours estimé Bathyscaphe (Bathyrhon). C’est un cheval qui a débuté par une chute en haies à Auteuil, sans trop d’explication. Ensuite, à Bordeaux, il est quatrième de Kirov (Dark Angel), le gagnant du Prix Cambacérès (Gr1). À Clairefontaine, James Reveley l’avait très mal monté. Ensuite à Compiègne, il a fait une superbe course. Mais cela n’avait rien de surprenant pour moi car je connais le potentiel de ce cheval. En plus, il a dû apprécier le terrain gras. Il a reproduit la même performance dans le Prix Général de Saint-Didier (Gr3). Pour l’instant, le cheval est encore à l’écurie. Il devrait avoir un petit break. L’année prochaine, s’il reste sur les haies, Bathyscaphe devra aller sur les très bonnes courses. De toute manière, nous allons le dresser en steeple très bientôt. Il pourrait faire un bon steeple-chaser.

Bathyscaphe est issu de l’élevage de votre mère. Pourquoi avoir fait le choix de l’étalon Bathyrhon ?

Concernant les croisements, nous travaillons un peu avec Benoît Gabeur. Bathyrhon (Monsun) nous plaisait beaucoup. D’ailleurs, je crois bien que Bathyscaphe est le seul produit de cet étalon que ma mère a élevé. Au vu des résultats, je pense que nous allons bientôt retourner à sa saillie.

Pouvez-vous nous parler de vos deux pouliches black types, Hacienda et Itours Brun ? Quel avenir envisagez-vous pour elles ?

Hacienda (Saddler Maker) m’a toujours beaucoup plu. En début de carrière, je l’ai exploitée sur les haies et elle avait gagné à Compiègne. À 4ans, elle a montré de belles aptitudes en steeple. Avec elle, je pense que nous aurions pu gagner le Prix du Coq Gaulois mais je trouvais plus intéressant pour sa future carrière de poulinière d’aller sur le Prix Sytaj (Gr3). Elle nous a donné raison car elle a réussi à prendre du black type. L’objectif est de courir un Groupe en 2022. Itours Brun (Free Port Lux) appartient à Michèle Juhen-Cyprès, la sœur de Thierry Cyprès. Elle avait débuté dans le Prix d’Essai des Pouliches à Compiègne en étant un peu verte. C’est une petite jument, très bonne sauteuse, tonique et généreuse. Itours Brun va partir au repos dans l’objectif de courir l’année prochaine. Je pense qu’elle peut grandir et forcir encore un peu.

Comment estimez-vous Keep Running, qui n’a pas vraiment fait sa valeur dans le Prix Général de Saint-Dider (Gr3) ?

Effectivement, il n’a pas fait sa valeur. C’est un cheval assez compliqué et je n’ai pas encore trouvé comment bien m’en servir. Bien qu’il ne soit pas très commode, je me demande s’il n’est pas meilleur que Bathyscaphe. Après son passage en vente chez I Want the Winner et chez Arqana, où il n’a pas trouvé preneur au prix que nous demandions, je l’ai engagé dans le Prix Général de Saint-Didier. Le cheval me paraissait très bien mais je pense que je l’ai présenté un peu trop frais.

Comment va Kaskad Coko, la gagnante du Prix Durtain (L) ?

Malheureusement la jument s’est blessée. Elle est entrée au haras.

Pouvez-vous nous parler de vos espoirs pour 2022 ?

In the Air (Coastal Path) a très bien gagné la dernière fois à Auteuil. C’est un cheval qui appartient à la famille Magnien. Redneck (Jeu St Éloi) s’est aussi imposé à Auteuil le 14 novembre. Je pense qu’il avance, bien qu’il se montre un peu compliqué. Nous avons aussi Idée Neuve (Diamond Boy), qui est une très bonne pouliche. Elle a débuté en étant deuxième à La Teste. Elle porte les couleurs du sportif Renaud Lavillenie. J’ai deux sœurs de Figuero (Yeats) : Ila Del Sol (Vision d’État), une inédite qui va prendre 4ans et dont Renaud Lavillenie a aussi une part, et Jade Land (Free Port Lux), qui va prendre 3ans. Elles pourront tout à fait débuter en 2022. De cette famille, j’ai déjà entraîné Gomeraland (Lord du Sud), qui avait pris du black type. Elle est désormais poulinière.

Avez-vous un premier jockey ?

Comme James Reveley ne monte plus en priorité pour Guillaume Macaire, j’ai conclu un deal avec lui cette année. Je me suis mis d’accord avec son agent, Giovanni Laplace, pour le faire monter souvent. Bien sûr, il ne peut pas me laisser la priorité à chaque fois. Je fais aussi monter Clément Lefebvre quand il n’a pas d’obligation pour son patron ou encore Anthony Renard.

Pouvez-vous nous rappeler votre parcours ?

Durant mon adolescence, j’ai été champion de France de voltige et je faisais partie de l’équipe de France de concours complet. J’ai passé ma licence de jockey à 16 ans. Mon père était écuyer en chef du Cadre noir. Ma mère a été la première femme à avoir monté en course d’obstacle en France. Je suis donc né auprès des chevaux. J’ai fait mes études à l’ESTP Paris puis à Grenoble. Comme je voulais absolument être officier de réserve, j’ai fait mon service militaire puis j’ai exercé mon premier métier dans les travaux publics. Au bout de cinq ou six ans j’ai décidé de partir chez Arthur Moore pour apprendre le métier d’entraîneur. Puis j’ai été assistant chez Jehan Bertran de Balanda et chez Guillaume Macaire. Pour Guillaume Macaire, je faisais aussi un peu de pré-entraînement. En parallèle, j’ai passé ma licence d’entraîneur.

Quels sont vos objectifs pour l’année prochaine ?

Battre François Nicolle ! (Rire.) Plus sérieusement, je veux continuer à faire du chemin. Je pense que, déjà, mes résultats sont très satisfaisants pour la petite structure que j’ai.