En Régions : les hippodromes du Centre - Val de Loire s’associent

Courses / 08.12.2021

En Régions : les hippodromes du Centre - Val de Loire s’associent

Répartis dans trois fédérations différentes, les hippodromes du Centre-Val de Loire ont choisi de se réunir pour mieux se faire entendre auprès de leur région. Le résultat ne s’est pas fait attendre car une première subvention, à laquelle ils n’avaient jusqu’à présent pas droit, vient de leur être accordée. 

Ils sont dix et malgré leur proximité géographique, les hippodromes de la région Centre-Val de Loire sont répartis dans trois fédérations régionales différentes (celle du Centre-Est pour Châteauroux et Lignières, celle d’Anjou-Maine pour Chinon-Richelieu, Mondoubleau, Neuillé-Pont-Pierre, Savigny-sur-Braye et Tours-les Chambrays, et celle d’Île-de-France et Haute-Normandie pour Chartres, La Ferté-Vidame-Dreux et Orléans).

L’idée de s’associer remonte au premier semestre 2020, au temps fort de la pandémie. Philippe Poisson, président de la Société des courses d’Orléans et de cette nouvelle association, nous a expliqué : « C’est en juin 2020 que nous avons créé l’Association des hippodromes du Centre-Val de Loire. Le fait d’être répartis sur trois fédérations nous empêchait d’être collectivement représentés par une institution unique auprès de la Région. » Marie-France Peltier, présidente de la société de Tours et vice-présidente de l’association, a précisé : « Par exemple, les hippodromes de la Fédération régionale Anjou-Maine - Centre Ouest, dont Tours fait partie, sont répartis sur trois régions administratives différentes, le Centre-Val de Loire, les Pays-de-la-Loire et la Nouvelle-Aquitaine. Nos relations avec ces Régions s’en trouvent donc plus compliquées, et notamment à l’occasion de demandes de subventions d’investissement, chacune des trois Régions nous expliquant alors qu’elles ne subventionnent que des organismes qui se trouvent dans leur zone de compétence. Nous ne sommes pas les seuls à être concernés par ce problème. Peut-être un redécoupage différent des fédérations permettrait-il d’éviter la situation que nous avons connue. » Pour Emmanuel Lagarde, président de Lignières et secrétaire des "hippodromes du Centre-Val-de-Loire" : « Nos hippodromes n’avaient pas l’habitude de travailler ensemble. Contrairement aux autres secteurs, les courses et les hippodromes étaient les seuls de la filière à ne pas percevoir d’aides, nous avait averti le Conseil équin Centre - Val de Loire (Cerc). »

Une première subvention obtenue. Après avoir été reçue par le président de Région, l’Association a préparé un dossier de demande de subvention d’investissement, qui a été accepté. Avec plus de 800 élevages, près de 530 clubs d’équitation, et plus de 12.000 emplois, la filière hippique pèse un poids important dans la région Centre-Val de Loire. Et afin de le soutenir, le Conseil régional apporte régulièrement des aides dans le cadre de Cap Équin, un contrat d’appui mis en place depuis 2008 et qui vise à "adapter la filière équine aux marchés", "valoriser la production", et "développer une dynamique collective". Le quatrième volet du Cap Equin, préparé par le CERC, a été signé mi-novembre à Tours. Boosté par le Fonds européen agricole pour le développement durable (Feader), ce programme étalé sur quatre ans prévoit une enveloppe globale de subventions d’un million d’euros qui devrait générer plus de 5 millions d’euros d’investissements. Environ 435.000 € iront aux centres équestres, 85.000 € à l’élevage et 125.000 € à des opérations de promotion. « Notre demande de subvention a été validée. Pour la première fois, une enveloppe de 160.000 € sera réservée aux courses hippiques et aux hippodromes de la région, nous a dit Marie France Peltier. D’ici 2025, ce sont près de 850.000 € qui devraient être ainsi investis dans la modernisation des installations, l’amélioration des conditions de sécurité et le bien-être des chevaux. »

Des investissements déjà envisagées. Si l’hippodrome de Tours-Chambray devrait être l’un des premiers à bénéficier de ces aides, l’ensemble des champs de courses de la région sera concerné à terme. « Cette subvention pourrait nous aider à avancer sur notre projet de création d'un club-house au sein de notre hippodrome », nous a confié Philippe Poisson. Pour Lignières, dont la saison au galop s’est achevée le 24 octobre, Emmanuel Lagarde a expliqué : « Lignières a perdu son statut de premium en 2018 et cette aide est la bienvenue. Nous voudrions investir sur un arrosage croisé de la piste plate, comme c’est le cas pour celle d’obstacle. Sur les conseils de France Galop, nous avons fait appel à la société K-Consult pour réaliser un audit. L’enjeu est double pour nous, car il s’agira d’avoir une piste homogène sur toute la largeur et de réaliser une économie d’eau. »