Les entraîneurs tendent les bras aux salariés des écuries Rossi

Autres informations / 19.12.2021

Les entraîneurs tendent les bras aux salariés des écuries Rossi

Depuis le 7 décembre, les employés des écuries de Frédéric, Charley et Cédric Rossi vivent une période particulièrement difficile. Dans cette troisième et dernière partie, nous avons donné la parole à des entraîneurs en recherche de personnel.

Par Salomé Lellouche, envoyée spéciale à Calas

Dans les jours qui viennent, la plupart des employés des écuries Rossi se retrouveront malgré eux sans emploi. Sachant que la filière hippique manque cruellement de main-d’œuvre, il ne leur est pas impossible de rebondir. Partout en France, des entraîneurs sont à la recherche de cavaliers, surtout ceux qui, ces derniers jours, ont reçu des chevaux en provenance de Calas. Au total, ce sont plus d’une centaine de chevaux qui ont changé d’écurie. Ils sont allés à Chantilly, à Pau, à Deauville mais aussi dans d’autres écuries sur le centre de Cabriès-Calas. Les entraîneurs que nous avons interrogés ont donné leur point de vue sur la situation. Ils sont d’ailleurs prêts à embaucher des personnes qui en feront la demande.

Calas (13, Bouches-du-Rhône)

Jérôme Reynier : « Je vais avoir quelques postes à pouvoir »

« Le fait d’interdire d’entraîner à un entraîneur a une répercussion importante sur sa vie et sur celle de ceux qui l’entourent, c’est-à-dire ses employés. C’est assez dramatique. En France, c’est devenu très difficile de rester dans les clous et en plus au sein de France Galop, j’ai l’impression. Il y a des sanctions qui ne sont pas en proportion avec la faute. À part un, j’ai refusé tous les chevaux que l’on m’a proposés. Par principe, je ne voulais pas être une roue de secours pour les propriétaires qui n’avaient pas déjà des chevaux chez moi. De plus, je n’ai absolument pas la place de les accueillir. Je suis toutefois en train d’essayer de récupérer une écurie. Je vais augmenter ma capacité de dix boxes et je vais donc avoir quelques postes à pourvoir. Ce n’est pas une augmentation énorme mais cela change le fonctionnement d’une écurie. »

Pau (64, Pyrénées-Atlantiques)

Simone Brogi : « Je vais devoir recruter pour assurer un travail normal » 

« Les salariés des écuries de Frédéric, Charley et Cédric Rossi savent très bien que les entraîneurs qui ont reçu les chevaux vont avoir besoin de main-d’œuvre. En ce qui me concerne, j’ai déjà récupéré trois chevaux, ce qui représente un salarié de plus. Et je vais en recevoir d’autres. Il faut que je puisse assurer un travail normal mais personne ne m’a contacté pour savoir si j’avais besoin de monde. Pourtant, j’en aurais été ravi. C’était assez évident et assez facile de penser à ça. »

Deauville (14, Calvados)

Yann Barberot : « Les employés des écuries Rossi doivent rebondir »

« Je suis vraiment désolé pour eux mais, dans tous les corps de métier, il y a des entreprises qui ferment. Quand j’ai fait mon arrêt cardiaque, j’étais jockey et ça marchait très bien pour moi. Je gagnais des courses. Il a fallu que je rebondisse. Je suis retourné à l’école et j’ai passé ma licence d’entraîneur. Les employés des écuries Rossi doivent eux aussi rebondir. J’ai publié une annonce sur les réseaux sociaux car je suis actuellement à la recherche de deux cavaliers. Si des cavaliers de Calas veulent postuler et si leur CV est bon, je pourrais les embaucher. L’histoire serait belle. Ceux qui s’en sortiront seront ceux qui sont compétents. C’est la loi du plus fort. J’ai la chance d’avoir une équipe sérieuse, soudée et fidèle. C’est dur mais il faut avancer. J’ai récupéré trois yearlings qui étaient chez Frédéric Rossi, appartenant à des propriétaires que j’avais en commun avec lui. »

Chantilly (60, Oise)

Mauricio Delcher-Sanchez : « Les courses ont besoin de personnel »

« Je vais recevoir une yearling et un 2ans. Je serais bien sûr prêt à embaucher des personnes si elles se présentent. Aujourd’hui, les courses ont tellement besoin de personnel qu’on peut sans doute embaucher près de 200 personnes. Ce n’est pas un souci. Je comprends que les employés des écuries de Frédéric, Charley et Cédric Rossi soient dans une situation compliquée. Ils se sentent aussi responsables des chevaux qui restent là-bas. Il faut aussi penser aux personnes qui ne sont pas célibataires et qui ont des enfants. Peut-être que, pour eux, aller ailleurs est compliqué. Il faut pouvoir penser au logement, à la famille, à rescolariser les enfants. Je me mets à leur place. Il y aura sans doute besoin d’un peu de temps mais je suis sûr que Calas va se remplir. Il y a quand même beaucoup de courses dans la région. »

Chazey-sur-Ain (01, Ain)

Yoann Bonnefoy : « Ils seront les bienvenus au centre d’entraînement de Chazey-sur-Ain »

« Il y a peu de temps, j’ai publié une annonce de poste à pourvoir pour un cavalier et un garçon de cour. Cela n’avait pas de rapport avec ce qui se passe à Calas mais si des personnes veulent postuler alors pourquoi pas ! Pour autant je n’ai pas récupéré de chevaux d’une des trois écuries Rossi mais j’ai des propriétaires qui mettent des chevaux chez moi. J’ai donc besoin de personnes en plus. J’ai pris contact avec certains d’entre eux mais ils ne voulaient pas partir de la région. En tout cas, si d’autres veulent venir au centre d’entraînement de Chazey-sur-Ain, dans la région lyonnaise, ils seront les bienvenus. Quoi qu’il en soit, je leur apporte mon soutien. Je comprends que la situation n’est pas facile pour eux mais la filière des courses cherche énormément d’employés. Il y aura toujours du travail. »