Tribune libre : Marseille en colère

Institution / Ventes / 02.12.2021

Tribune libre : Marseille en colère

Les « acteurs du galop du sud de la France » (tel qu’ils se définissent) sont une large assemblée de propriétaires, éleveurs et entraîneurs locaux. Ils se sont regroupés pour faire valoir leurs arguments face à ceux de France Galop. Et ils nous ont envoyé plusieurs textes, dont nous avons publié hier et publions ce soir de larges extraits.

Un modèle à promouvoir

Pour se défendre, les « acteurs du galop du sud de la France » mettent en valeur la qualité de leurs infrastructures, les progrès effectués par leurs entraîneurs, la cohérence du programme local et dénoncent l’accroissement du déséquilibre entre les régions…

Des particularités techniques

Les pistes de Calas sont praticables 365 jours par an, améliorées par des investissements pertinents qui permettent de travailler par tous les temps. La douceur du climat, comparé à d’autres régions françaises, qui s’accentue avec l’évolution climatique, offre des conditions plus agréables en hiver pour les chevaux qui évoluent plus vite ensuite au printemps.

La proximité kilométrique (45 minutes maximum) du centre de Calas avec trois hippodromes premium facilite les transports au bénéfice des performances, du bien-être équin et de la maitrise des coûts.

Les trois hippodromes offrent une variété de cordes, de distances, de surfaces qui permettent une exploitation régulière des chevaux quelles que soit leurs aptitudes.

Un programme structurant visant l’élévation du niveau général

Le choix d’un programme structurant a permis l’élévation du niveau moyen et donc de la qualité des chevaux achetés, grâce :

  • à la rehausse progressive des conditions pendant plusieurs années pour permettre l’exploitation de meilleurs chevaux au sein de la région ;
  • à la rehausse des taux de réclamation dans les conditions de courses à réclamer, qui a permis de conforter les velléités d’investissement ;
  • au rythme adapté des occurrences de courir afin de permettre une bonne fréquence de compétitions durant l’année.

Une approche financière cohérente

La hausse significative et progressive ces dernières années des investissements en yearlings est combinée avec :

  • une rotation des effectifs par l’usage régulier du mécanisme des courses à réclamer ;
  • une implication forte des propriétaires, souvent présents aux séances d’entraînement tout au long de l’année ;
  • une hausse générale du niveau des chevaux provenant de propriétaires non locaux, en cohérence avec les résultats confirmés des entraîneurs de la région.

L’ambition de réussir à haut niveau

Les résultats et les performances des chevaux entraînés à Calas sont en constante progression depuis plusieurs années. Les victoires de gros handicaps Tiercé, de Listed, de Groupes s’accumulent au palmarès des chevaux de Calas. On pourrait observer différents critères pour s’en assurer. N’en retenons qu’un seul : le nombre de chevaux entraînés à Calas parmi les 20 premiers chevaux de plat aux gains en France. Cette année 2021, au 3 novembre, ils sont 5 sur les 20 premiers ; en 2020, ils étaient 3 et en 2019 il n’y en avait pas (cette année-là, le premier calasien était 24e).

Cette ambition est soutenue par ces locomotives sportives, qui décomplexent l’ensemble des acteurs locaux.

Ironie du sort : France Galop a beaucoup encouragé ce cercle vertueux en participant fortement à la rénovation du centre ces dernières années.

Une première entrave est apparue depuis quelque temps en déstructurant le programme pour réduire les possibilités d’exploitation des carrières en région.

France Galop y met aujourd’hui un coup d’arrêt plus net en supprimant presque 20 % des dates de réunions et en éloignant les courses de notre seule base.

L’implantation, de longue date, d’un centre d’apprentissage de l’Afasec (l’un des 5 en France) sur le centre de Calas assure une formation de qualité qui vient renforcer les équipes des professionnels locaux avec du personnel qualifié.

Une démarche avant-gardiste

L’institution des courses, notamment France Galop, encourage aujourd’hui les regroupements de sociétés ; ce qui n’est pas toujours évident. Marseille l’a fait avant tout le monde et a ouvert la voie, en étant avant-gardiste, pour une optimisation évidente et immédiate des moyens et des complémentarités. L’ensemble des acteurs locaux a pu en bénéficier.

Cette filière locale des courses du Sud, qui optimise ses pistes de courses et d’entraînement, qui accompagne l’ambition des socioprofessionnels, qui innove dans l’optimisation des structures, le tout pour un ensemble cohérent, n’est-elle pas un modèle à promouvoir plutôt qu’à amputer ?

Alors pourquoi ?

Pourquoi déstabiliser ce qui fonctionne, progresse et concourt positivement au moteur économique et à la mise en avant des courses françaises au plus haut niveau national et international ? Est-ce réellement pour harmoniser les opportunités de courir entre les régions, comme l’ont encore récemment confirmé ses initiateurs à France Galop ? Non, car les écarts entre régions s’accroîtraient, au contraire, comme le tableau ci-dessous le démontre.

Comparaison de la situation entre régions selon le critère d’indice d’opportunités de courir

Paris

Grand Ouest

Sud-Ouest

Sud-Est

Centre-Est

Est

Courses 2021

1 708

647

678

549

461

135

Courses 2022

1 708

647

678

528

482

135

Effectifs 2021

2 484

1 230

935

563

276

123

Indice opportunités 2021

Selon France Galop

0,66

0,53

0,72

0,86

1,67

1,1

Indice opportunités 2021

Pondéré et correct

0,68

0,53

0,72

0,66

1,67

1,1

Indice 2022 si le projet FG existe

0,68

0,53

0,72

0,62

1,75

1,1

Nota. Hypothèses de calcul = effectifs similaires en 2021 et 2022. Nombre de courses similaire en 2021 et 2022, sauf pour les transferts de réunions décidés par France Galop.

Nous demandons à France Galop de déclarer dès à présent nul et non avenu ce projet pour 2022 et de mettre en place très rapidement un groupe de travail avec toutes les régions afin de bâtir un projet en toute transparence et dans un esprit collaboratif.