TRIBUNE LIBRE : Retour vers le futur

Autres informations / 18.12.2021

TRIBUNE LIBRE : Retour vers le futur

TRIBUNE LIBRE

Retour vers le futur

Par Julien Phelippon

« Je lis avec attention chaque jour les nouvelles tribunes concernant la réforme des réclamers.

Sachant que depuis 2007, j’ai essentiellement, en tant que propriétaire, acheté des chevaux dans cette catégorie (plus de 300), ainsi que fait courir en moyenne 30 % de mes partants en tant qu’entraîneur dans les courses à réclamer.

Avec cette expérience, il ne fait aucun doute dans mon esprit que le système le plus juste et le plus équitable pour tous était celui en place avant la dernière réforme. J’ai pourtant milité pour le changer car il y avait des abus à cause d’un vide juridique presque insoluble.

Néanmoins avec près de deux ans de recul, ce système actuel est très (trop) pénalisant pour les propriétaires, il me semble qu’ils ne doivent pas subir, surtout en ce moment, une taxe injuste, d’autant que même si les excédents de réclamations vont dans les allocations, on a du mal à en voir concrètement la couleur lorsqu’on court l’année suivante dans cette catégorie.

En posant sur le papier les chiffres, on constate vite qu’avec l’ancien système, celui qui s’amuse à déclasser un cheval prend aussi le risque de le perdre, et cela même s’il le défend grassement. À mon sens, une autorégulation éradiquera rapidement ceux qui jouent "de trop près" avec les lignes.

En conclusion, n’opposons pas ceux qui courent les réclamers pour vendre, à ceux qui courent les réclamers pour rentabiliser. Chacun a sa légitimité et apporte sa pierre à l’édifice, l’attrait des transactions ne tenant à mon sens que par un circuit suffisamment solide afin que les acheteurs sachent qu’ils pourront, en cas d’échec au niveau supérieur, revenir dans cette catégorie et y trouver une rentabilité.

J’ai toujours souhaité que France Galop soit offensif et créatif dans ses réformes, mais à la condition de savoir revenir rapidement en arrière lorsque l’impopularité de l’une d’entre elles est évidente.

Si l’ensemble de la profession souhaite revenir à l’ancien système, alors il faut le faire sans tergiverser (peut-être par un vote démocratique comme lorsqu’on a rétabli la prime éleveur pour les vieux chevaux) sans ajouter de clauses ridicules (j’ai entendu des hypothèses farfelues qui feront éclater de rire les adeptes de la filouterie) qui ne feront que compliquer la bonne compréhension du système, et il faut assumer que quelques abus ne détournent pas un large bénéfice pour l’ensemble de la profession. »