David Powell dans le texte

Courses / 17.01.2022

David Powell dans le texte

Courtier, éleveur, manager… David Powell était aussi l’un des contributeurs les plus importants de Jour de Galop depuis sa création, en 2007, pour le plus grand plaisir de nos lecteurs. Voici quelques extraits marquants des tribunes libres qu’il nous envoyait fréquemment, sur les sujets qui lui tenaient à cœur.

Le pari hippique doit rester un jeu intelligent

(Jour de Galop - 7 avril 2021)

« On parle de relancer les paris sur les courses d’obstacle. C’est un problème de programme, tous les professionnels vous le diront : le "tout handicap" empêche de courir les courses valorisantes et favorise l’exportation des chevaux utiles. La proposition de rembourser les parieurs ayant joué les chevaux tombés ouvrirait une véritable boîte de Pandore. Les obstacles, comme leur nom l’indique, sont une partie intégrante des courses d’obstacle […].

Cela pourrait nous amener à des demandes de remboursement si un jockey se trompait de poteau, perdait sa cravache, ou aurait mal monté (selon qui, d’abord ?) tout simplement… Il ne faut plus essayer de promouvoir notre sport comme un loisir où tout le monde gagne, sans effort et sans risque, mais comme un jeu intelligent, de compétition, ou les aléas font partie des calculs à pondérer… Le PMU se fourvoie sur ce sujet depuis de nombreuses années… »

Enfin on se réveille

(Jour de Galop - 20 septembre 2020)

« Déjà l’année dernière, on disait entre nous que, pour réduire l’empreinte carbone, on devrait courir les courses françaises de plat black types en Angleterre. Enfin on se réveille, avec l’annonce d’un "plan" de compétitivité sportive, mais comme toujours en France on complique au lieu de simplifier, et surtout on excelle dans les projets coûteux pour essayer de résoudre des problèmes que nous avons nous mêmes créés !

Il me semble qu’il y a plusieurs raisons que nous ne voulons pas reconnaître.

La première raison est le raccourcissement des distances : la dégradation part de la dénaturation du Prix du Jockey Club, qui a faussé tout un programme qui était classique. Pour corriger ce déséquilibre, on a raccourci les préparatoires, les consolantes, etc. Cela rappelle le gag de la personne qui, pour donner de l’équilibre à une table bancale, coupe un peu trop les pieds à chaque fois et finit avec une table basse… et encore de travers ! […]

La loi des 35 heures a dégradé les conditions de travail pour l’entraînement et, comme l’a dit André Fabre, il est difficile d’avoir des grands propriétaires dans un pays socialiste. Ce n’est pas la qualité de nos pistes qui est en cause. Elles valent largement celles de Newmarket ou du Curragh, nos centres d’entraînement font d’ailleurs l’admiration générale. Mais encore faudrait-il pouvoir faire des lots d’une heure et demie, et des écuries du soir à l’ancienne. Pourquoi croyez-vous qu’il y a beaucoup plus de soucis pour faire rentrer les chevaux dans les boîtes que dans les autres pays ? Nous savons tous pourquoi on ne trouve plus assez de personnel, mais aucun média ne voudra en parler. Cela, les 35 heures, nous n’y pouvons rien, le problème nous dépasse largement. »

Tous les professionnels anglais vous le diront : la tyrannie des handicaps empoisonne leur vie

(Jour de Galop - 15 octobre 2017)

« - Certes, il y a encore davantage de handicaps en Angleterre, mais les Anglais ont le même souci que nous (hors Festival de Cheltenham, un cas bien particulier) dans leurs bonnes courses : un manque de partants !

- Tous les professionnels anglais vous le diront, la tyrannie des handicaps empoisonne leur vie et les oblige à un certain manque de… rigueur, disons, pour rester poli, dans la manière de courir leurs chevaux.

- Que le manque à gagner est en partie pris en charge par les bookmakers, et compensé par des formules de jeu adaptées et leur liberté d’ajuster les cotes offertes.

- Que je n’invoque pas que le nombre de handicaps, mais les conditions des autres courses, de plus en plus rédigées pour faire des handicaps des passages obligés ! Tout cela pour se donner raison : « Vous voyez, ce sont les handicaps qui font la recette… » Facile à dire, si l’on ne peut rien courir d’autre… comme si on mettait un panneau "sens interdit" au bout d’une rue, pour ensuite faire valoir que les automobilistes préfèrent tous rouler dans l’autre sens...

Pour résumer, ce n’est pas le pourcentage de handicaps, mais leur effet délétère sur les autres courses qui est à déplorer : voir, encore hier, un Critérium de Maisons-Laffitte (Gr2) à trois partants, dont deux anglais se sont disputé l’arrivée ! Vous ne me direz pas que les 19.950 € (plus les primes !) retournés au fonds commun n’auraient pas été les bienvenus sur le compte de nos ressortissants ? »

Si l’on avait le courage de limiter chaque étalon à 99 juments…

(Jour de Galop - 3 juin 2016)

« Il nous paraît évident que, dans un contexte de sélection et de marché, la surconcentration est parfaitement… contreproductive. Sans parler du transfert d’embryons ou du clonage, qui sont un déni complet de la raison d’être des courses et de l’élevage. […] Pour ma part, je suis depuis longtemps convaincu que, si l’on avait eu le courage de limiter chaque étalon à 99 juments, on éviterait bien des à-coups dans le marché, avec une demande bien plus régulière et soutenue pour une offre bien plus variée. On n’aurait pas (ou moins) cette situation rabâchée après chaque vente, de la "sélectivité" du marché ou du "tout ou rien" avec quelques numéros réalisant des prix sans mesure avec leur probabilité de réussite, puis de nombreux "orphelins" rachetés ou bradés. »

Au sujet de la distance du Jockey Club

(Jour de Galop - 14 juin 2010)

« C’est tout de même une belle lapalissade que de soutenir que la victoire d’un fils de Shamardal dans le Prix du Jockey Club justifie la modification de la distance. Les chiens ne produisant pas des chats, quelle que soit la distance d’une course, la probabilité qu’un lauréat transmette son aptitude à un rejeton pour qu’il gagne dans le même registre existera. Si le Jockey Club se disputait maintenant sur 1.000m, 4.000m ou même sur 2.400m, il y aurait une bonne chance pour que chaque vainqueur engendre des produits ayant ses aptitudes et qui seraient donc candidats à la même épreuve ! Il ne faudra pas non plus invoquer le nombre de partants comme gage de qualité, bien au contraire : plus c’est ouvert, plus il y a de candidats… »

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