EN RÉGIONS : Les courses martiniquaises dans la tourmente

Courses / 14.01.2022

EN RÉGIONS : Les courses martiniquaises dans la tourmente

EN RÉGIONS

Les courses martiniquaises dans la tourmente

Une semaine après l’hippodrome de Karukera (Guadeloupe), c’est au tour de celui de Carrère (Martinique) d’accueillir sa première réunion de la saison. Patrice Montlouis-Félicité, le président de la Société des courses, nous présente ce début de saison encore placé sous le signe du Covid-19.

Contrairement à d’habitude, le Grand Prix de la Collectivité Territoriale (Classe 1, 40.000 € d’allocations), l’épreuve la plus importante de la saison en Martinique, ne sera pas à l’affiche de la première réunion de l’année. Il a été déplacé au mois de mars. Une décision qui s’explique essentiellement par le contexte sanitaire. Patrice Montlouis-Félicité explique : « Il y a une grande défiance de la population à l’égard du vaccin ici, cela s’est notamment traduit par plusieurs incidents et affrontements avec les forces de l’ordre. Fin novembre, nous avons même dû annuler notre réunion de courses tellement la situation était explosive. Pour dimanche, même si la préfecture autorise la présence du public sur le champ de courses, nous avons pris la décision de courir à huis clos. »

Une première à huis clos. Lors de la dernière réunion de l’année, le 12 décembre, l’hippodrome avait pourtant ouvert ses portes au public. Mais l’expérience a tourné court, comme le raconte Patrice Montlouis-Félicité : « En 2021, 90 % de nos réunions ont eu lieu sans public. En décembre, seule une centaine de turfistes a répondu présent, c’est pourquoi nous préférons recourir à huis clos. Avec seulement 40 % de la population vaccinée, il est d’ailleurs très compliqué d’organiser une réunion normalement. Cette défiance vis-à-vis du vaccin impacte jusqu’à notre propre organisation : nos bénévoles, nos commissaires… et nous avons même dû changer de compagnie d’ambulance, car la précédente équipe n’avait pas de passe sanitaire... » À cette absence de billetterie s’ajoutent également des contrats de sponsoring réduits à néant. « Mais financièrement, nous tenons. Avec le huis clos, nous réduisons considérablement nos frais. La reconquête du public et le sponsoring seront nos priorités quand tout reviendra à la normale. »

Moins de propriétaires mais des effectifs stables. L’autre priorité sera également de recruter de nouveaux propriétaires. « C’est un dossier sur lequel nous voulions vraiment nous concentrer l’année dernière. Notre situation est assez paradoxale car certains propriétaires ont jeté l’éponge, mais les effectifs à l’entraînement sont restés stables. Mieux encore, avec neuf partants par course en 2021, nous avons progressé par rapport aux années précédentes, sachant que nous avons quand même perdu l’entraîneur Karl Martin, parti en métropole. La bonne nouvelle, c’est qu’une vingtaine de chevaux, dont certains d’un bon niveau, ont été importés. Je suis donc assez confiant sur le plan sportif. »

La rénovation du centre d’entraînement repoussée. La pandémie aura également eu une incidence sur les investissements envisagés. Cela concerne surtout le centre d’entraînement, dont les travaux ont été à nouveau repoussés. « C’est un projet que nous menons en partenariat avec la collectivité territoriale de la Martinique (CTM). Le centre a besoin d’être modernisé. Des dernières élections est née une nouvelle équipe et les priorités des élus n’étaient plus les mêmes avec cette pandémie. Une étude de faisabilité a été lancée et j’ai très bon espoir que cela se fera et que les travaux débuteront en 2023. »