FELIX LE CENTAURE

Courses / 20.01.2022

FELIX LE CENTAURE

FELIX LE CENTAURE

Jockey d’obstacle, il est aussi boxeur, marathonien… et parfois un peu cow-boy ! Felix de Giles a fait sensation à Pau quand, en selle sur Saint Godefroy dans le Prix John Henry Wright, il a tranquillement poussé Otchoa Rouge de son chemin, juste avant de sauter le bull-finch. Cavalier né, Felix de Gilles nous raconte ce geste et nous parle du cross, cette spécialité qu’il aime tant – et qui le lui rend bien. Quelques jours après l’exploit de Paulin Blot, deuxième du Prix Jean Granel sans selle, le cross palois n’a pas fini de transformer nos jockeys en centaures et de nous faire vibrer !

Par Christopher Galmiche

Le cross, c’est une question de qualité de saut du cheval et de bonnes trajectoires choisies par le jockey. Il faut aussi un peu de chance et compter sur le talent du pilote. La fibre cavalière du jockey est d’ailleurs mise en avant dans cette spécialité. Si tous ces éléments sont réunis, la victoire n’est pas loin. C’était le cas pour Saint Godefroy dimanche 16 janvier à Pau. Felix de Giles nous a raconté : « On ne voit pas très bien sur Equidia, mais après le passage de route, il faut rester à droite sur le cross palois car on tourne à droite juste après le bull-finch [troisième obstacle avant le poteau, ndlr]. J’étais donc à droite et Otchoa Rouge arrivait sur moi. Il m’a percuté et à ce moment-là, je voulais le pousser juste avant de tourner pour chercher le bull-finch. Ce n’était pas un mouvement très important et je ne suis pas trop sorti de ma trajectoire. Mais j’avais juste peur qu’Otchoa Rouge nous fasse dérober. Je voulais éviter cela. En fait, j’avais juste besoin de me décaler un peu. Mais c’est vrai que Saint Godefroy est un bon cheval et il avait du gaz à ce moment du parcours. Il n’était pas fatigué»

Qui va à la chasse… gagne des places ! Felix de Giles a enlevé les trois principaux cross français : le Grand Cross de Craon et l’Anjou-Loire Challenge (L) avec Vinga (Voix du Nord) en 2016 et le Grand Cross de Pau 2021 avec Uniketat (Vision d’État). Il s’est forgé un beau palmarès dans cette discipline qui est sa préférée. Pourtant, avant de venir en France passer un été chez Yannick Fouin en 2014 puis de faire équipe avec Emmanuel Clayeux, il était novice en cross. D’autant plus que Nicky Henderson, son patron en Angleterre lorsqu’il s’est lancé en tant que professionnel, n’est pas un habitué des quelques cross que propose Cheltenham chaque saison. « J’ai découvert le cross lorsque je suis arrivé en France. En Angleterre, il y a très peu de cross dans l’année et quelques-uns seulement en Irlande. Mais j’ai une bonne base de concours hippiques et de chasse. C’est vraiment dans cette discipline de la chasse que j’ai appris les qualités de cavalier. C’était avant que je commence à monter en courses et cela m’a permis ensuite de mieux comprendre comment il fallait procéder sur les cross français. En montant à la chasse et en concours, on trouve un bon équilibre à cheval. »

Des cours accélérés en cross à Vaumas. Chez Emmanuel Clayeux, à Vaumas, Felix de Giles a pu se familiariser avec le cross qu’il a pratiqué sur de nombreux hippodromes. Il s’est rapidement fait une réputation dans cette discipline et il est rare de voir l’un de ses partenaires partir en gros outsider dans un cross, à Pau ou ailleurs. Le jockey anglais nous a confirmé : « C’est chez Emmanuel Clayeux que j’ai pu apprendre comment monter les cross. C’est un entraîneur qui est un spécialiste de cette discipline. Nous avons formé une bonne association tous les deux et nous avons gagné de nombreux cross, sur des petits hippodromes, mais aussi des grands. Depuis, c’est toujours resté ma discipline préférée. »

Son cross préféré est… Maintenant qu’il connaît les parcours de cross de l’Hexagone, Felix de Giles peut désigner plus facilement son tracé préféré : « Pau ! Je connais le cross palois comme ma poche maintenant. Pour moi, à Pau, j’ai la chance de monter de bons chevaux, bien dressés. Quand je peux travailler dans ce sens-là, c’est une discipline où il n’y a pas plus de risques qu’en steeple ou sur les haies. »

En selle sur Deo Gratias dans le Grand Prix. Délaissons le cross pour le steeple avec, dimanche, l’un des temps forts du meeting palois, le Grand Prix de Pau - Biraben Foie Gras (Gr3). Jeudi 20 janvier au matin, Felix de Giles avait déjà une monte définie : « Dans le Grand Prix, je vais monter Deo Gratias (Saddler Maker). Je lui vois une chance pour une place. Elle a déjà bien couru l’année dernière dans la course en finissant troisième. C’est une jument qui aime bien l’hippodrome. Il ne va pas beaucoup pleuvoir et la lice est à zéro, donc le terrain risque d’être roulant dimanche. Normalement, elle aime le terrain lourd, donc la piste ne sera pas forcément à son avantage. »

Les objectifs 2022. En ce début d’année, le pilote britannique nous a parlé de ses objectifs 2022. Pas de pression pour une place sur le podium, même si ce serait une belle récompense après avoir fini quatrième l’an passé, à une victoire seulement d’Angelo Zuliani pour la Cravache de Bronze.

« Si je prends une Cravache en fin de saison, ce sera un bon bonus. Mais ce sera en fonction de comment l’année va se passer pour moi. Elle est longue. Il faut surtout ne pas avoir de blessures. À la fin de l’année, si je suis compétitif pour une Cravache, tant mieux ! Mais le principal a toujours été, pour moi, de travailler avec de bons professionnels pour monter de bons chevaux. » Côté courses, Felix aimerait conserver son titre en Belgique : « En 2021, j’ai vraiment apprécié de gagner le Grand Steeple de Waregem avec Gino des Dunes (Konig Turf). Nous devrions retourner avec ce cheval en Belgique. Cela me ferait vraiment plaisir si nous pouvions gagner cette épreuve encore une fois ! »