François Monfort livre ses secrets

Courses / 12.01.2022

François Monfort livre ses secrets

En début d’année 2021, l’association Patrick et François Monfort avait laissé sa place à l’entraînement de François Monfort. Après un an en solo, le discret entraîneur installé à Senonnes tire un premier bilan et évoque ses ambitions pour cette nouvelle année avec un passage incontournable sur la Côte d’Azur...

Jour de Galop. – Avec quarante-cinq victoires au compteur en 2021, comment jugez-vous cette première année en solitaire ?

François Monfort. – Sur le papier, c’était une année en solitaire... À mon sens, je dirais que c’était une année moyenne. Elle était tout de même loin d’être mauvaise. Tous les bons chevaux que j’ai entraînés ont été vendus. Avec quarante-cinq victoires et plus de 1.200.000 € de gains, c’est déjà bien.

Édouard, votre frère, a fait le choix de s’installer entraîneur dans la Sarthe. Comment cela s’est-il déroulé ?

Avant de s’installer entraîneur, Édouard a fait de longues études et il est ensuite devenu ingénieur. Ensuite, la passion a pris le dessus. Cela fait désormais quelques années qu’il est entraîneur... Me concernant, j’étais déjà associé à mon père. Il n’était donc pas simple d’avoir de la place pour trois.

À une semaine de l’ouverture du meeting de plat de Cagnes-sur-Mer, dans quel état d’esprit êtes-vous ?

Nous allons à Cagnes-sur-Mer car c’est le programme qui veut ça. Il y a quinze ans, j’étais en Australie lorsque mon père m’avait demandé de rentrer pour faire le meeting sur la côte d’Azur. Cela fait donc quelques années que nous sommes présents (rires). Il est vrai que nous faisons un bon score chaque année, mais cela n’est pas un objectif. La force de la France est d’avoir un programme en continu pour les chevaux qui ne sont pas destinés à emprunter une carrière dite « classique ». Pour les chevaux qui courent dans de plus petites catégories, nous pouvons les arrêter à un moment de l’année. À leur retour, ils auront toujours un programme qui leur correspondra. Sinon, à Cagnes, j’aime beaucoup descendre les chevaux qui ont tendance à être tardifs pour y courir les maidens.

Ateem, la révélation de l’hiver 2021 chez les chevaux d’âge, sera-t-il de la partie ?

Cela fait deux ans qu’Ateem (Dark Angel) réalise un très bon meeting sur la Riviera. Il se plaît vraiment sur ce champ de courses. L’an passé, il a gagné le Grand Prix du Département 06 - Défi du Galop 2021 (L). Cette année, le cheval aura pour objectif de garder son titre dans cette épreuve. Mardi 18 janvier, il fera sa rentrée dans le Prix Robert Villeneuve-Bargemon (Classe 2). Si tout se passe bien, il aura ensuite une autre course, au mois de février, avant la belle.

Chaque année, vous effectuez de nombreux aller-retour en Angleterre à la recherche de chevaux prêts à courir. Comment votre sélection s’opère-t-elle ?

Justement, Ateem avait été acheté en Angleterre. Mais il n’est pas le seul. En 2018, avec Paint Island (Zoffany), nous avons remporté le Critérium de l’Ouest (L) à Craon. Ce sont des chevaux qui ont été achetés entre 8.000 € et 10.000 € ! Je me rends là-bas car je n’ai pas un gros budget, tout simplement. En France, dès qu’un cheval court proprement dans un réclamer, il faut parfois presque mettre le double du prix de réclamation... Depuis quelques années, j’ai la chance d’être tombé sur de bons chevaux en Angleterre. Certes, ils n’ont pas de primes, mais ils ont de la qualité et peuvent rapidement remporter leur course. C’est bien plus simple de les rentabiliser. Ensuite, vous les mettez sur le marché des réclamers et la plupart auront la chance d’être revendus.

Le niveau des courses françaises est-il donc moins relevé ?

Le niveau des courses anglaises est bien plus fort. Par exemple, un de mes propriétaires, Nicholas Willis, m’a confié un cheval qui se nomme Act of Magic (Magician). En Angleterre, il avait un rating équivalent à une valeur 27 en France. Sur notre sol, il a juste gagné un simple réclamer et les handicapeurs ont passé le cheval en valeur 33,5 ! Son propriétaire anglais a toujours été étonné par cette différence entre les deux pays. Je pense que c’est une question de mentalité. Pour avoir travaillé chez Mark Johnston, la mentalité est différente. Outre-Manche, un propriétaire va vous confier dix chevaux pour espérer avoir un élément qui sortira du lot. La sélection se fait par le haut. En France, le programme est excellent pour les chevaux qui courent les handicaps. Les chevaux moyens gagnent beaucoup d’argent. En Angleterre, avec les bookmakers, cela n’existe pas... Ils n’ont aucun intérêt à garder des chevaux moyens. Cependant, il ne faut pas oublier que ce sont les chevaux moyens qui font tourner l’Institution dans notre pays.

Comment recrutez-vous vos propriétaires ? Sont-ils exclusivement de l’Ouest ?

Étant donné que j’achète des chevaux de l’autre côté de la Manche, j’ai de plus en plus de propriétaires anglais. J’ai réussi à donner une carrière honorable à des chevaux qui avaient été achetés là-bas. De ce fait, on m’a rapidement contacté et j’ai de plus en plus de propriétaires étrangers. Sinon, mes clients français ne viennent pas spécialement que de l’Ouest.

Vous faites partie des jeunes entraîneurs. Dans cette situation, est-ce une volonté de dénicher de jeunes propriétaires ?

C’est l’objectif... ! Mais posséder un cheval de course, c’est un loisir de « luxe ». Il faut bien gagner sa vie pour espérer en posséder un. Avoir un cheval en pleine propriété à 35 ans, ce n’est pas simple. Se mettre à plusieurs sur un cheval, est, à mon sens, la meilleure solution. Cela se fait d’ailleurs de plus en plus. Je ne parle pas exclusivement des écuries de groupe.

Avez-vous des connexions avec les éleveurs locaux ?

Pas spécialement. En général, mes chevaux sont achetés aux ventes. Sinon, ce sont des propriétaires/éleveurs qui me confient des chevaux à entraîner.

L’obstacle vous intéresse-t-il ?

Pas plus que ça. Cette année, je n’ai eu qu’un partant en obstacle, Plijadur (Dream Ahead). Cela devrait d’ailleurs faire un très bon cheval d’âge dans cette discipline. Mais, il n’est pas simple d’avoir le personnel formé pour cette spécialité. De plus, le programme d’obstacle est moins bien fait que celui du plat. Avec un cheval moyen, vous êtes rapidement barré par les grosses maisons. Les options sont moindres.

Quelles sont vos ambitions pour 2022 ? Et vos espoirs ?

Cette année, nous aurons pour ambition de faire mieux qu’en 2021. Cela devrait bien se passer car je pense avoir quelques chevaux sympathiques. Je suis entouré d’une belle équipe et j’ai mes propriétaires qui me font confiance. Puis, avec l’augmentation des allocations, les gains devraient augmenter automatiquement. Ce que je souhaite par-dessus tout, c’est que le PMU puisse fonctionner normalement. En plus de faire des partants, les professionnels doivent impérativement parler avec la presse...

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