Gil Richard : « Avoir des chevaux à plusieurs permet de limiter les frais, mais surtout de se retrouver entre amis ! »

Courses / 26.01.2022

Gil Richard : « Avoir des chevaux à plusieurs permet de limiter les frais, mais surtout de se retrouver entre amis ! »

Installé en Mayenne, Gil Richard possède des galopeurs en association depuis une quinzaine d’années. Et ce avec une belle réussite, malgré un effectif réduit ! Sa casaque a notamment brillé avec Rockadenn (High Rock), lauréat en 2020 du Prix Christian de L’Hermite (L).

Jour de Galop. – Qu’est-ce qui vous a poussé à investir au galop ?

Gil Richard. – Avant cela, il y a 25 ou 30 ans, j’ai commencé à avoir quelques trotteurs avec mon frère comme Diana du Gage (Quipo de Couronne), que nous avons élevée. Elle a gagné huit courses, dont une à Vincennes. Nous n’avons jamais eu de crack, mais beaucoup de chevaux utiles ! Il y a une quinzaine d’années, j’ai fait la connaissance de Julien Merienne via mon ami Thierry Lambrouin, qui a des chevaux chez lui. C’est ainsi que j’ai également rencontré Pierre-Yves Merienne, le frère de Julien, et nous nous sommes associés sur plusieurs chevaux d’obstacle. Notamment Sistadenn (Apsis), qui a signé sa plus belle victoire dans un Quinté à Pau, et Vic Royal (Malinas), qui a gagné le Prix Violon II (L) à Auteuil sous les couleurs de Pierre-Yves et la monte de son fils, Adrien Merienne. Ensemble, ils ont aussi pris la troisième place du Prix Montgomery (Gr3). Pour en revenir à Sistadenn, qui courait sous ma casaque, elle fut ma première jument de cœur. Elle m’a permis de réaliser un rêve en m’offrant une première victoire à Auteuil dans le Prix Spirou (Steeple-chase), en 2014, et elle a décroché son black type en terminant troisième du Prix Prédicateur (L).

Vous avez également eu beaucoup de réussite avec Rockadenn, un frère de Sistadenn…

Je dois dire que je suis assez chanceux avec cette origine-là ! Comme Sistadenn nous a apporté de nombreuses satisfactions, nous avons acheté plusieurs produits de la mère, dont Rockadenn (High Rock). Et il nous a largement récompensés en gagnant quatre courses de suite à Cagnes-sur-Mer avec Adrien, surtout le Prix Christian de L’Hermite - Grand Steeple-Chase des 4ans (L). C’était une première victoire de Listed pour ma casaque, mais aussi pour le fils aîné de Pierre-Yves, Hugo Merienne, qui entraînait le cheval à Cagnes-sur-Mer. Par la suite, nous avons envoyé Rockadenn courir en Angleterre, à Haydock, où il a conclu bon deuxième. Je n’ai malheureusement pas pu effectuer le déplacement, mais Pierre-Yves y était. Un mois plus tard, nous avons vendu Rockadenn en Angleterre. Nous avons également bien réussi avec Sinnetic (Sinndar), un autre frère de Sistadenn, qui a gagné deux courses à Cagnes ; selon Julien, c’est le meilleur cheval qu’il ait eu à l’entraînement jusque-là. Il aurait pu courir la Grande Course de Haies de Cagnes (L) cette année, mais Julien préfère le ménager. Sinnetic a très peu couru et il n’a que 5ans : mieux vaut attendre avant d’avoir des combats difficiles contre les vieux. Il est au pré en ce moment, et il devrait faire son retour sur les hippodromes en mai ou en juin.

Pourquoi êtes-vous systématiquement associé sur tous vos chevaux ?

Je n’ai jamais eu un seul cheval en pleine propriété, car je n’y vois pas d’intérêt. Avoir des chevaux à plusieurs permet de limiter les frais, mais surtout de se retrouver entre amis ! On se téléphone, on mange ensemble, on fait une belote… C’est tellement plus sympa que d’avoir un cheval tout seul ! J’habite en Mayenne, à Gorron, à dix kilomètres de l’écurie de Julien, et je me rends régulièrement là-bas ; non seulement pour assister à l’entraînement, mais aussi pour partager de bons moments avec mes associés. En ce moment, j’ai six chevaux chez Julien dont Happy Roque (Crillon), une 5ans qui avait montré de belles choses en s’imposant d’emblée à Cagnes dans le Prix des Citronniers (Haies), puis en terminant deuxième d’un bon lot à Auteuil. Elle aurait dû recourir à Cagnes cet hiver, mais elle a eu un petit souci. Elle aussi est au pré et devrait reprendre l’entraînement dans un mois. Nous espérons qu’elle rattrapera le temps perdu !

Vous avez gardé Sistadenn à l’élevage avec vos associés. Qui décide des croisements, et qu’a-t-elle produit jusqu’ici ?

Sistadenn est ma seule poulinière. Je l’ai gardée car c’est une jument de cœur, mais à mon âge, je ne veux plus faire d’élevage. C’est surtout Julien qui choisit les croisements : Pierre-Yves et moi, nous écoutons le chef ! Julien connaît bien mieux les étalons et leurs caractéristiques que nous. Le premier produit de Sistadenn, Primitic (Creachadoir), a été vendu foal en Irlande. Il a 4ans désormais et n’a pas encore débuté. Le deuxième produit est une très belle yearling par Kap Rock (Vidéo Rock). Sistadenn est pleine de Chœur du Nord (Voix du Nord) et sera présentée en 2022 à Clovis du Berlais (King’s Theatre), dont j’ai gagné une saillie à l’Asselco au mois de novembre.