"Hasard", le joyau de Charles et Odile Gauquelin

Élevage / 10.01.2022

"Hasard", le joyau de Charles et Odile Gauquelin

Par Christopher Galmiche

Dimanche à Cagnes-sur-Mer, Charles et Odile Gauquelin (Earl de Brion) ont enlevé leur premier Groupe en tant qu’éleveurs grâce à Hasard de Brion (Axxos) dans le Grand Prix de la Ville de Nice - Bernard Secly (Gr3). Une récompense méritée après une trentaine d’années dans l’élevage.

Dragey, c’est un centre d’entraînement mais aussi une terre d’élevage. De nombreux éleveurs de sauteurs et de chevaux de sport sont installés dans la campagne du Mont-Saint-Michel. Charles et Odile Gauquelin font partie de ceux-là. Mais ils n’élèvent pas uniquement des chevaux de course. Ils sont aussi les naisseurs de chevaux de saut d’obstacle, dont un champion de France des 5ans à Fontainebleau par exemple, et gèrent une exploitation de vaches laitières. Tous les élèves du couple portent le label Brion, du nom du lieu d’élevage. Mais attention, rien à voir avec les Ciel de Brion (Shafoun) ou Vol de Brion (Day Flight) élevés par Gilles Chaignon, si ce n’est un petit détail. En effet, d’un côté du manoir de Brion, sont installés Charles et Odile Gauquelin, et de l’autre, Gilles Chaignon. Logique dans ce cas de voir des Brion chez deux éleveurs différents !

De l’élevage au débourrage. Cette grande première, le couple l’a vécue à distance : « Nous sommes agriculteurs et nous n’avons pas beaucoup de temps libre, sans compter les conditions sanitaires… Nous n’avons pas pensé à nous rendre à Cagnes. Nous avons regardé la course à la télévision. Nous étions très émus et motivés à la fin, mais aussi anxieux au départ évidemment. Hasard de Brion a encore couru en progression. Il faut savoir que le cheval est comme nous, il est anxieux et difficile à manager avant la course ! S’il arrive à être dans l’état d’esprit dans lequel il était dimanche et maniable dans le parcours, il a les moyens de faire un bon cheval. À l’élevage, il se laissait faire dans le box un jour, et le lendemain, il était impossible de l’attraper ! Il n’était pas méchant. Nous l’avons fait débourrer par mon cavalier, qui s’occupe aussi de mes selle français, puisque j’élève des chevaux pour le CSO. Il était moins tendu ensuite, mais nous l’avons beaucoup travaillé. Nous avons pris notre temps. Puis il est allé chez Marin Belloir, au haras de la Baie. Ce dernier a fini le débourrage et il a vu qu’il avait des aptitudes. Je lui ai dit que je voulais louer Hasard de Brion, voire le vendre sur le marché anglais, s’il avait des performances. Marin étant proche de Pierre Fertillet, Hasard est arrivé ainsi chez ce dernier. J’ai dit à Pierre que le cheval était un peu farceur mais il m’a dit : "Ce n’est pas grave, je les adore ceux-là !" Pierre avait engagé le cheval dans le Finot au départ. Il s’est blessé sur la haie d’essai et a gardé un mauvais souvenir d’Auteuil. Mais peut-être va-t-il s’aguerrir. »

Soutenir les étalons locaux. Charles et Odile Gauquelin ont fait le choix de soutenir les étalons locaux pour leurs croisements. À l’époque, Axxos (Monsun) était installé au haras de la Haye Plesnel, dans la Manche. Le couple l’a choisi pour être le premier partenaire de Belladona de Brion (Voix du Nord), future mère d’Hasard. « Axxos était au Pin et il est arrivé à la Haye Plesnel. Comme j’ai coutume de travailler avec les étalons locaux, je suis allé à Axxos. Il me convenait bien car c’est un fils de Monsun et il était beau cheval. » Pour la suite, la famille Gauquelin a suivi sa ligne de conduite en faisant confiance aux étalons du cru, comme Tin Horse ** (Sakhee). « Belladona de Brion est pleine de Tin Horse. Là encore, c’est un étalon de la région puisqu’il officie au haras de la Baie. J’ai aussi une femelle yearling par Tiger Groom (Arazi) et j’ai la propre sœur de Hasard de Brion, Java de Brion, qui est débourrée et va aller au travail dans peu de temps. Nous allons continuer avec Pierre [Fertillet, ndlr]. Nous verrons comment cela va se passer car nous n’aimerions pas prendre de risques. Je voudrais la garder à l’élevage. »

La genèse. C’est grâce à un voisin, Philippe Lamotte d’Argy, et à son épouse Odile, que Charles Gauquelin a attrapé le "virus" des courses. Odile travaillait chez Philippe Lamotte d’Argy en tant que lad. La suite, Charles nous la raconte : « Un jour, Philippe Lamotte d’Argy nous a donné une jument réformée des courses qui n’arrivait pas à remplir. C’était une Rose Laurel qui a fait deux bons poulains ensuite. Mais mon vrai départ dans les courses, ç'a été avec La Moule (Moulin). En 1992, j’avais eu le béguin pour La Musardière. C’était une fille de Cadoudal, dont le père de mère est Rose Laurel. Elle finissait sa carrière et courait un réclamer à Auteuil. Je voulais me rendre sur l’hippodrome pour l’acheter, mais elle était à un tarif élevé. Je ne suis donc pas allé à Auteuil. Ensuite, La Musardière a bien produit. En 1992, j’ai été aux ventes d’élevage à Deauville et j’ai acheté la seule jument qui était pleine de Cadoudal, La Moule, la troisième mère de Hasard de Brion. Elle m’a fait Milka de Brion (Cadoudal). Elle s’avérait très bonne, mais elle s’est fait marcher dessus en course et sa carrière était finie. Je n’avais pas de chance car c’était mon premier partant. Je me suis dit que ça commençait mal… Nous l’avons gardée à l’élevage et elle a donné, notamment, Plume de Brion (Le Balafré), Radja de Brion (Le Balafré), puis Tropic de Brion (Network), qui a notamment fini sixième du Grand National de Pardubice. Je dois remercier Patrice Quinton car c’est lui qui a sorti Plume, Radja et TropicBelladona a été la dernière pouliche que Milka de Brion nous ait donnée. Nous nous sommes demandé si nous la faisions courir. Mais finalement, nous l’avons gardée à l’élevage sans la courir. Et son premier produit a donc été Hasard de Brion. »

 

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