James Reveley : « Giovanni Laplace a changé ma façon de travailler, ma mentalité et mon image ! »

Courses / 03.01.2022

James Reveley : « Giovanni Laplace a changé ma façon de travailler, ma mentalité et mon image ! »

Par Christopher Galmiche

James Reveley a décroché sa deuxième Cravache d’or en 2021 en signant 102 succès. Pour Jour de Galop, il est revenu sur cette grande année, sa collaboration décisive avec Giovanni Laplace et son futur, toujours proche des chevaux.

Jour de Galop. – Que représente pour vous cette deuxième Cravache d’or ?

James Reveley. – Cela me fait très plaisir d’avoir dépassé les cent victoires. Je m’étais mis un petit objectif personnel pour arriver à ce chiffre. Cent victoires, cela représente beaucoup de courses en une année en obstacle. Nous avons fait le calcul avec Giovanni [Laplace, son agent, ndlr] : c’est comme si nous avions gagné trois cents courses en plat car il y en a trois fois plus dans cette spécialité. C’est vraiment satisfaisant. La Cravache d’or, c’était un autre objectif que je voulais atteindre. Je l’avais déjà obtenue en 2016 avec l’aide de Guillaume Macaire. Mais cette année, c’était différent car je suis free-lance. J’ai travaillé avec beaucoup d’entraîneurs différents. C’est encore un peu plus satisfaisant de l’avoir gagnée de cette manière.

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La Cravache d’or est-elle devenue un objectif au fil du temps, en alignant les gagnants, ou l’aviez-vous déjà en tête au début de la saison ?

Un peu les deux. En 2020, j’avais réussi une belle année sans agent. Mais je m’étais dit que si je voulais redevenir Cravache d’or, il fallait que je me fasse aider. Je n’ai pas l’appui d’un grand entraîneur derrière moi. Évidemment, je travaille encore avec Guillaume Macaire et Hector de Lageneste, mais ils ont beaucoup de jockeys. Selon moi, Giovanni avait l’air d’être très bon, il avait fini sa collaboration avec Bertrand [Lestrade, ndlr] ; je l’ai donc appelé – avec Clément [Lefebvre, ndlr] – et il nous a pris tous les deux. En début d’année, je pensais que la Cravache d’or pouvait être compliquée, même avec Giovanni, mais avec le travail que nous avons mis en place, nous avons pu collaborer avec beaucoup de bons entraîneurs. C’était une bonne façon de travailler.

On a l’impression que les jockeys qui travaillent avec Giovanni Laplace marchent sur l’eau…

Il est clair que ce que j’ai accompli en 2021, je n’aurais pas pu le faire sans lui. Il a vraiment changé ma façon de travailler, ma mentalité. Il m’a dit tout de suite qu’il fallait que l’on change mon image en me disant : « Les entraîneurs pensent que tu es un jockey qui ne sait que monter les courses en tête ; ils pensent que tu ne sais pas monter autrement… alors que ce n’est pas vrai ! » Il a toujours cru en moi, en ma capacité à m’adapter. Il m’a apporté beaucoup de confiance, même s’il fallait changer des choses. Il croit en moi et, évidemment, je crois en lui. C’est un bon mariage. Selon moi, c’est le meilleur agent, il est à un autre niveau, sans manquer de respect aux autres. C’est un crack ! Giovanni est un vrai passionné qui travaille énormément. Il le faut pour faire aussi bien son métier. Il a sa méthode et elle marche ! Il regarde toutes les courses et il voit des choses intéressantes, même si parfois, les chevaux finissent cinquième ou septième. Il a aussi élargi ma clientèle. La preuve : en 2021, j’ai monté pour 78 entraîneurs différents dans l’année !

Le fait qu’il soit aussi l’agent de Christophe Soumillon depuis le milieu de l’année 2021 ne vous a pas inquiété ?

Il m’a toujours dit que s’il devait prendre un jockey en plat, ça serait Christophe. On se soutient, on regarde nos courses et on communique tous les quatre [avec Clément Lefebvre, ndlr]. Giovanni regarde toutes les courses, en plat, en obstacle et au trot. Il a le temps de s’occuper de tous ses jockeys.

De cette grande année 2021, quel est votre meilleur souvenir ?

Le 24 décembre car j’ai fait un coup de trois à Pau, ce qui m’a permis d’atteindre les cent victoires. Et mon meilleur cheval de l’année, c’est Carriacou. Nous sommes battus dans le Grand Steeple et le Prix La Haye Jousselin, mais il a signé de belles performances à chaque fois. Et puis, Gex ** aussi : il m’a offert de très beaux souvenirs en gagnant le Prix Olry-Roederer (Gr2) et la Grande Course de Haies de Printemps (Gr3). Je nourris beaucoup d’espoirs avec lui en steeple.

Quels sont vos objectifs en 2022 ?

Ce serait génial de faire une année aussi bonne qu’en 2021 ! Mais mon but est avant tout de rester solide, sans avoir trop de mises à pied. Nous n’allons rien changer dans notre manière de travailler. Un petit objectif, ça serait la Cravache d’or, et si ce n’est pas pour moi, ça sera pour Clément ! Il faut voir comment l’année se passe. Un autre objectif serait d’essayer de gagner un nouveau Gr1. L’année est longue.

Le drainage a été refait à Auteuil. On a l’impression que les pistes sont plus rapides. Avez-vous le même sentiment à cheval ?

Oui j’ai aussi cette impression. Les courses vont plus vite qu’il y a sept ou huit ans. Est-ce que c’est une bonne chose ? Je ne sais pas car avec la vitesse, il y a plus de chutes et de blessures. Mais la piste est également en meilleur état qu’il y a quelque temps. C’est bien pour certains chevaux car ils ne vont pas tous dans le lourd ; il y en a maintenant pour tous les chevaux. Dans les autres changements, il y a eu aussi le raccourcissement du Prix Morgex (Gr3). Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée car c’est une consolante du Prix Maurice Gillois (Gr1), mais sur une autre distance. D’un autre côté, il faudrait programmer plus de bonnes courses sur courtes distances, comme en Angleterre. J’aimerais voir cela, car certains chevaux peuvent avoir beaucoup de qualité et ne pas tenir la distance. Un Gr1 de vieux chevaux sur 3.500m, ça pourrait être pas mal.

Vous avez acheté une cour à Chantilly. Est-ce que l’entraînement fait partie de vos plans futurs ?

Lorsque j’arrêterai ma carrière de jockey, je deviendrai entraîneur. Il est donc important pour moi de tout mettre en place avant que je ne raccroche les bottes. Je ne sais pas quand j’arrêterai : tant que je suis en forme, que j’arrive à gérer mon poids et que je monte en confiance, je vais continuer à fond. Une fois entraîneur, j’aimerais faire à la fois du plat et de l’obstacle. Mon père et ma grand-mère ont toujours entraîné dans les deux disciplines et je pense qu’à Chantilly, nous sommes très bien placés pour cela.

Le choix de la France semble logique pour devenir entraîneur, au vu de votre carrière de jockey…

Tout à fait. J’en ai discuté avec mon père. Il a ses propres pistes dans le nord de l’Angleterre, mais le choix d’entraîner en France est la suite logique pour moi, plutôt que de retourner là-bas. En France, tout n’est pas parfait, mais c’est le meilleur système du monde.

En Angleterre et en Irlande, le vivier de propriétaires semble plus important qu’en France. Qu’en pensez-vous ?

En Angleterre, les gens aiment aller aux courses et avoir des chevaux pour se faire plaisir, pas forcément pour gagner de l’argent. Mais ils peuvent se faire plaisir aussi en ayant des chevaux à Chantilly ! La ville est idéale pour des propriétaires anglais ou irlandais grâce aux transports. Je connais déjà plusieurs personnes qui aimeraient avoir des chevaux en France.

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