QdJ : une opportunité pour attirer les jeunes néophytes ?

Autres informations / 20.01.2022

QdJ : une opportunité pour attirer les jeunes néophytes ?

QdJ : une opportunité pour attirer les jeunes néophytes ?

Par Dominique Léger* et David Jamet

Nous ressentons que dans sa forme actuelle, l’expérience digitale de la QdJ [Question du Jour, le nouveau jeu du PMU, ndlr] ne permettra pas d’attirer une jeune génération néophyte vers le monde de passion du cheval et du jeu tel que le subliment les courses hippiques, elle est "en arrière de la main" !

Nous suggérerions, en première approche, ceci :

Ranger chaque question posée dans un nombre limité d’univers constitutifs de la filière : élevage, entraînement, monte, compétition, paris, amélioration des races équines… Chacun de ces univers sera l’objet de nombreuses innovation et évolutions – technologiques et/ou du métier – que nous proposons de décrypter et éclairer. La volonté de couvrir la totalité de la gamme d’univers qui préside à la finalité courses – tous plus riches les uns que les autres – orientera par ailleurs le choix des questions.

Associer à chaque univers plusieurs courtes vidéos narratives à diffuser sur le site (et autres réseaux, dont le réseau intérieur du PMU).

Inciter les joueurs initiés, qui seront les premiers spectateurs de ces vidéos, à les partager avec des "amis" néophytes de leur réseau personnel (mise en branle d’un effet de réseau puissant inhérent au numérique). Les joueurs initiés "efficaces" – ouverture d’un nouveau compte – seraient récompensés.

À la QdJ serait ainsi associée (lien) la diffusion d’une rotation de quelques-unes de ces vidéos. Par exemple, aujourd’hui 20 janvier = défi entre deux chevaux : diffusion de l’une des vidéos conçues pour initier à la connaissance de la compétition (pourquoi, où, quand, comment...). Plus tard, une autre question de compétition : diffusion d’une autre vidéo de la même catégorie. La somme de toutes ces vidéos, tous univers confondus, reconstituerait le narratif des courses dans son exceptionnelle diversité et richesse qu’aucun autre sport ne peut lui disputer. Ainsi, l’opération étant conçue comme un outil de conquête "au large", chaque prospect hameçonné commencerait son initiation au "monde passionnant" des courses.

Un grand besoin de narratif !

En tant que spécialistes de la génération née à partir de 1985 – passionnée de jeux connectés pratiqués depuis ses foyers fibrés –, nous avons fait réagir quelques-uns d’entre eux sur la QdJ… Deux remontées essentielles :

• Promotion Griezmann. Le PMU utilise un vieux procédé en appuyant cette promotion sur une star ; le choix de celle-ci est plutôt judicieux mais, outre que l’on reconnaît à peine le personnage, le spot est glacial, dénué de toute passion/émotion inhérente au jeu et à l’univers du cheval. Cette démarche est jugée comme manquant de conviction.

Frictions. Dans le langage de ladite génération qui attend (et conçoit) des expériences digitales exceptionnelles, le mot friction signifie tout empêchement opposé à la fluidité de consultation du site ou de l’appli concernés. Ici, les frictions sont de deux ordres principaux. D’une part, l’accès au site pmu.fr avec fourniture de sa carte d’identité (OK) et d’un certificat de domicile (???) ; d’autre part, la rédaction de la question et de la rubrique Pour en savoir plus : « C’est du chinois pour le néophyte que je suis ! » nous dit l’un d’eux.

La crainte est donc que la QdJ dans sa version actuelle n’atteigne pas sa cible de conquête et que, si elle l’atteint, elle ne lui donne pas envie d’aller plus loin dans la découverte.

* Dominique Léger n’est pas inconnu des lecteurs de JDG : il a notamment animé un épisode de JDG Radio (accessible ici) où il nous a aidés à comprendre des notions comme les NFT et les cryptomonnaies. Retraité des métiers de la communication, il participe à titre amical à la rédaction de la lettre Et si... et sa thèse d’investissement sur l’ensemble des marchés notamment celui du Jeu et de ses filières. Cette lettre est publiée par l’agence d’innovation

4hab.fr (Future of work I tech) fondée par David Jamet, qui analyse chaque semaine les ruptures millénaires convergentes liées au télétravail accéléré par le chaos Covid et aux technologies digitales en mutation exponentielle. Vous pouvez trouver ces lettres en accès gratuit sur le site 4hab.fr.