SUR LA ROUTE

International / 18.01.2022

SUR LA ROUTE

SUR LA ROUTE

Sur la route… Certains penseront au chef-d’œuvre de Jack Kerouac et d’autres à la chanson de Gérald de Palmas – deux salles, deux ambiances. Pour le monde des courses de galop, la "Route" est bien entendu la Route des Étalons, aussi appelée "RDE".

Après une année 2021 sous le signe du Covid et du virtuel, la Route des Étalons est de retour en 2022. Pas tout à fait la même, car la situation sanitaire demande des précautions, ni tout à fait une autre, car les fondamentaux de la RDE sont toujours là : des étalons, les routes normandes, les haras et la convivialité… Avec ou sans buffet. Vous hésitez encore à faire le déplacement ? Julian Ince vous dit pourquoi il faut réserver votre week-end !

Julian Ince : « Un événement international »

Responsable de la commission étalonniers de la Fédération des éleveurs du Galop, organisateur de l’événement, Julian Ince nous parle de la Route des Étalons 2022 : et c’est un événement, après une édition 2021 virtuelle.

Jour de Galop. - Après une Route des Étalons virtuelle l’an passé, dans quel état d’esprit sont les étalonniers et les éleveurs pour cette édition 2022 ?

Julian Ince. - Il y avait une grande demande, aussi bien de la part des étalonniers que de la part des éleveurs, pour retrouver la route en 2022. Mais cette demande portait aussi sur la mise en place d’un système permettant de suivre les réglementations sanitaires. Il fallait trouver le moyen de protéger tout le monde dans le cadre de la pandémie : aussi bien les éleveurs que les équipes des haras. Nous avons donc trouvé un protocole qui a fait l’unanimité et qui nous permet de retrouver un événement plus traditionnel, même s’il n’y a pas la restauration. Mais cela n’empêche pas de se rencontrer et de retrouver la convivialité. Beaucoup d’éleveurs appellent pour savoir quand et comment ils peuvent se rendre dans les haras : la demande est là !

Attendez-vous aussi des Anglais et des Irlandais ?

La Route des Étalons est un moment important puisque, il y a quelques jours et juste à temps pour nous, le gouvernement britannique a allégé les réglementations sanitaires pour rentrer au Royaume-Uni depuis la France (rires) ! Nous verrons bien, mais nous croisons les doigts et nous espérons que des Anglais prendront leur voiture pour se rendre à la Route des Étalons. Depuis sa création, l’événement a pris de l’ampleur et, aujourd’hui, la Route est à mon sens un événement international ! Les éleveurs européens l’attendent.

Rappel des règles sanitaires

– Port du masque obligatoire en toutes circonstances

– Contrôle des passes sanitaires

– Respect des gestes barrières

La première édition remonte à dix ans et le paysage de l’étalonnage et de l’élevage français a depuis évolué de façon assez spectaculaire : Le Havre (Cauvinière à l’époque) et Kendargent (Colleville) effectuaient leur première saison au haras, dans de jeunes structures. Bouquetot n’existait pas… Et l’étalon le plus cher de France était Elusive City, à 20.000 € !

Il y a eu beaucoup de changements. De jeunes structures se sont créées et ont grandi et les haras historiques ont beaucoup investi : la qualité du parc d’étalons français a progressé et nos sires attirent de plus en plus d’investisseurs étrangers aussi. Nous voyons la réussite de nos étalons à l’étranger. La France a un excellent système de courses, avec allocations et primes. Tout est fait pour attirer des investisseurs dans notre sport et cela crée un cercle vertueux. Les étalons basés en France se sont fait une vraie place à l’international ces dernières années, les éleveurs étrangers leur envoient des juments et elles peuvent rester sur place pour la saison suivante. Tout ceci participe à faire de la Route des Étalons un événement désormais reconnu à l’international.

La Route des Étalons était devenue aussi un événement auprès du grand public, curieux de découvrir les haras normands, lesquels sont une belle publicité pour le monde des courses. Avec la situation sanitaire, attendez-vous malgré tout du grand public ?

Le but de la Route des Étalons était d’avoir à la fois des professionnels et des personnes non familières avec le monde des courses et qui, potentiellement, pourraient en devenir des acteurs. Bien entendu, les circonstances font que, cette année, il y aura surtout des professionnels mais je pense que quelques personnes extérieures seront aussi présentes. La Route des Étalons reste toujours un bon moment à passer.

Le retour de la Route est une excellente nouvelle, mais y a-t-il des enseignements à tirer suite à l’édition virtuelle de 2021 ?

Je crois que la Fédération des éleveurs a bien compris l’intérêt du numérique. Elle a lancé le French Stallion Book qui a pour but de mettre en lumière les étalons installés en France. Nous avons fait beaucoup de progrès de ce côté-là. Le numérique est évidemment un vrai atout pour toucher tous ceux qui ne peuvent pas faire le déplacement.