Yannick Fouin : l’homme incontournable du meeting d’obstacle de Cagnes-Sur-Mer

Courses / 05.01.2022

Yannick Fouin : l’homme incontournable du meeting d’obstacle de Cagnes-Sur-Mer

Préparant au mieux cette échéance avec ses pensionnaires tout au long de l’année, Yannick Fouin a accepté de nous faire un premier bilan de son meeting, à une semaine de la clôture de l’exercice 2021-2022. De plus, il nous a parlé de son activité d’éleveur qui commence à se révéler au grand jour...

Jour de Galop. – À une réunion de la fin du meeting d’obstacle, quel est votre pré-bilan de ce mois de courses ?

Yannick Fouin. – Globalement, nous avons réalisé un bon meeting d’hiver. Tous les chiffres sont bons. Tout en sachant que pour la belle réunion de dimanche, j’aurai quelques cartouches, mais pas forcément les meilleures chances. Nous ne sommes pas seuls, il faut être réaliste. Cependant, dans les belles courses, aucun cheval ne semble être déclassé.

Comment se présente la grande journée de dimanche pour vos pensionnaires ?

Dans le Prix Christian Fornaroli (Haies), je devrais présenter Maspeed (Montmartre). J’ai beaucoup aimé ses débuts victorieux. Ensuite, dans le Prix André Massena - Grande Course de Haies des 4ans (L), Vae Patron (Manduro) devrait être aligné. Il a bien couru en dernier lieu, mais je l’ai quand même trouvé quelque peu décevant. C’est certainement dû au fait qu’il portait trop de poids. Dans cette même épreuve, Kamus (Masked Marvel) devrait également être de la partie. Pour sa quatrième sortie, il vient d’ouvrir son palmarès et je le pense capable de progresser. Nous saurons s’il a la pointure d’un tel lot après la course... Dans le Prix Christian de l’Hermite - Grand Steeple-Chase des 4ans (L), j’alignerai Rhum Bleu (Montmartre), lequel vient d’être devancé par Mon Doudou (Galiway), qu’il va retrouver avec une meilleure situation au poids. Nous tentons également un pari dans cette course avec Singapore Trip (Goken). Ce cheval vient de gagner un réclamer, mais il a pour lui l’aptitude au parcours et sa belle forme en ce moment. À Cagnes-sur-Mer, on peut tout à fait tenter ce pari. Concernant la Grande Course de Haies de Cagnes (L), Monty Saga (Toni Blue) aura contre lui le fait de porter 72 kg. La course est tout de même à sa portée. Quant à Karuso de Gruchy (Montmartre), il était un peu moins bien récemment. Nous l’avons emmené à Cagnes pour cette course. Enfin, dans le Grand Prix de la Ville de Nice - Bernard Secly (Gr3, Steeple-chase), Great Parade (Great Pretender) et Peggy (Jukebox Jury) sont engagés, mais rien n’est encore décidé.

On sent que votre estime auprès de Tanguy Andrieux monte petit à petit. Est-ce un futur espoir chez les pilotes ?

Pour moi, la confiance et la reconnaissance sont deux mots très importants. Malgré son jeune âge, nous arrivons à faire du bon travail et il est très à l’écoute. Cela fait maintenant quelque temps qu’il s’est perfectionné. Lors de l’avant-dernière réunion du meeting, il a dépassé le cap des quarante victoires. Désormais, sa décharge de 4kg sera réduite de moitié. Néanmoins, ses 2kg restants vont toujours être d’une précieuse aide. Un meeting aussi court comme celui de Cagnes se joue à peu de chose. La forme des jockeys est donc très importante.

Quels sont les chevaux qui se sont mis en évidence à Cagnes et que l'on reverra à Auteuil ?

Célestin Mercury (Muhaymin) fait partie des chevaux qui vont ensuite aller à Paris. Je le pense capable d’être un bon cheval sur le steeple d’Auteuil. Prince Jelois (Martaline) est également capable de performer en région parisienne. En débutant, à Cagnes, il nous a beaucoup déçus. Pour sa deuxième sortie, il a rapidement remis les pendules à l’heure en s’imposant plaisamment, même s’il s’est un peu repris pour finir. C’est un fils de Martaline (Linamix), mais je ne suis pas sûr qu’il apprécie les pistes pénibles. En toute franchise, je pense que cela aurait pu être un super cheval pour l’hippodrome d’Enghien... Mais, dans l’ensemble, je suis assez confiant avec mes 3ans pour cette nouvelle année.

Quel sera le programme de Folsom Prison?

Le cheval est actuellement en repos au haras. Il maintient sa forme en faisant du marcheur. Je ne pense pas emmener Folsom Prison (No Risk At All) sur le steeple. Nous allons déjà faire une rentrée sur les haies.

Concernant votre élevage, Combien avez-vous de poulinières ?

Actuellement, j’ai une douzaine de poulinières. Je pourrais en avoir plus, mais je préfère me concentrer sur la sélection. Je suis très satisfait car nous commençons à sortir de bons chevaux qui sont nés au haras. Je pense notamment à Rivière d’Etel (Martaline) qui s’était classée deuxième, l’an passé, d’un Prix Finot (L, Haies), avant de poursuivre sa carrière avec brio Outre-Manche. Son frère, Douar d’Etel (Beaumec de Houelle), est âgé de 2ans, et il me plaît énormément. Cette année, j’ai aussi récupéré quelques juments maidens, à l’image de Fun des Mottes (Martaline) et Buck's Bahkbook (Martaline). Elles ont des papiers intéressants et je trouve cela vraiment motivant.

Justement, comment procédez-vous pour les croisements et choix d'étalons ? 2

Pour être juste, il y a quand même une grande part de chance. Nous avons tous nos différents choix dans l’élevage. Cependant, j’aime particulièrement me fier aux caractères des chevaux. Croiser une jument qui a beaucoup d’influx avec un étalon réputé calme, ça me réussit bien. Ensuite, j’élève de plus en plus de chevaux qui sont faits pour être vendus en raison de leur papier. Cette méthode représente un investissement. Il ne faut donc pas se tromper.

Kendalee, la mère de Sisfahan, est au sein de votre élevage. De qui est-elle pleine ? Et qui va la saillir en 2022 ?

Malheureusement, nous avons joué de malchance à deux reprises avec Kendalee (Kendargent). Cette jument a tout de même donné Sisfahan (Isfahan), le lauréat du Derby allemand (Gr1) en 2021. En 2020, elle est arrivée tard à l’élevage et la saillie de Zarak (Dubawi) n’a pas prise. L’an passé, nous l’avons envoyé à Galiway (Galileo), mais elle est revenue vide. C’est dommage, car ce sont deux étalons qui marchent sur l’eau en ce moment ! J’étais persuadé d’avoir fait un bon choix. Pour 2022, j’ai une petite préférence pour retourner à Galiway. Nous verrons bien, le choix n’est pas encore définitif.

Vous disposez de parts dans un bon nombre de vos pensionnaires. C’est un système qui vous correspond bien ?

J’apprécie d’avoir une clientèle très variée. C’est ce qui fait ma force. Lorsque l’on regarde bien, j’achète beaucoup de chevaux. Je vais toujours de l’avant. Partager notre univers avec des personnes qui souhaitent devenir propriétaires, ça me plaît.

Comment faites-vous pour aller dénicher des propriétaires ?

Il n’y a pas de secret. Pour dénicher des clients, il faut gagner des courses. C’est de loin la meilleure publicité ! Ensuite, il faut partager sa passion avec ses propriétaires. Dans ce milieu, le feeling est primordial.

Enfin, quelle est l'histoire de Zambella, dont vous êtes l’éleveur ?

Zambella (Zambezi Sun) est désormais double gagnante de Listed sur le steeple en Angleterre. Je l’ai élevée en association avec ma cousine, Anne Boisnard. Nous étions aux ventes avec Joël Boisnard, son mari, quand nous avons vu la mère de Zambella, Visby (Irish Wells). En 2010, à la vente de yearlings d’octobre, elle avait été rachetée pour 6.000 €. Nous avons donc fait une proposition aux vendeurs et c’est ainsi qu’elle est arrivée à la maison. Physiquement, elle était toute petite au début, mais elle a ensuite bien évolué. Puis, en donnant Zambella, elle nous a offert un beau cadeau (rires).

 

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