En région - Jean Brouqueyre : « L’obstacle est notre ADN et je suis convaincu que nous pouvons faire de Pau un "mini-Cheltenham" »

Courses / 11.02.2022

En région - Jean Brouqueyre : « L’obstacle est notre ADN et je suis convaincu que nous pouvons faire de Pau un "mini-Cheltenham" »

Mercredi s’est achevé, sur une réunion 100 % obstacle, le meeting 2021-2022 de Pau. Jean Brouqueyre, le directeur de l’hippodrome et du centre d’entraînement, nous en a dressé un premier bilan.

Jour de Galop. - Quel premier bilan tirez-vous du meeting ?

Jean Brouqueyre. - Compte tenu du contexte sanitaire, le bilan est très positif. L’élément central est que le public a fait son retour sur l’hippodrome. Je rappelle qu’au mois de décembre, au regard de la situation, nous pensions même devoir tôt ou tard courir à huis clos, comme ce fut le cas l’an passé… Alors oui, nous sommes très contents de ce meeting. Bien sûr, par rapport à celui de 2019-2020, qui fut très bon, nos chiffres sont en baisse. Sans compter les professionnels, nous avons tout de même enregistré au total 47.209 entrées, soit une baisse de 15 % par rapport au meeting de référence.

Le pic a notamment été atteint dimanche dernier, lors de l’une de vos deux grandes réunions, celle du Grand Cross…

Oui, ce jour-là, 8.246 entrées ont été enregistrées, ce qui est très satisfaisant. En 2019-2020, nous avions franchi un cap en matière de fréquentation. La pandémie est passée par là et a enrayé cette bonne dynamique. Mais je reste persuadé que nous pouvons, si tout revient à la normale, atteindre sur ce type de journée les 10.000 personnes et ainsi faire de Pau un "mini-Cheltenham". L’obstacle est notre ADN et je suis convaincu que nous pouvons atteindre cet objectif. D’ailleurs, nous avons suffisamment de place sur l’hippodrome pour disposer de structures éphémères et ainsi pourvoir accueillir autant de monde.

Aviez-vous adapté votre communication cette année ?

Pour commencer, nous sommes vraiment très heureux de la manière dont France Galop a communiqué sur notre meeting. Nous avons le même budget communication qu’il y a deux ans, à savoir 60.000 €. Cela passe par la presse régionale, où d’ailleurs pour la première fois un onglet "meeting" était présent sur la homepage de La République des Pyrénées, mais aussi par nos réseaux sociaux. Par ailleurs, nos sponsors sont globalement restés fidèles. Le meeting de Pau est un vrai produit marketing, avec des récurrences hebdomadaires très appréciées de nos partenaires. 

Vos réunions débutent quasi systématiquement à 11 h 30. Cela joue-t-il contre vous ?

Disons que débuter de bonne heure est un défi supplémentaire, surtout lorsque vous êtes également un centre d’entraînement. Devoir jongler entre ça et les courses est complexe, et heureusement que nous sommes bien rodés et que les professionnels jouent parfaitement le jeu. Ensuite, en termes d’enjeux, cela aurait également du sens de débuter plus tard. Là, nous enregistrons une baisse de 1,5 % par rapport à 2019-2020, avec une réunion supplémentaire. Lors du meeting 2012, où trois réunions de plus avaient eu lieu, 200 millions d’euros avaient été misés. Aujourd’hui, nous sommes autour de 150.

Êtes-vous satisfait du nombre de partants ?

Pour les courses d’obstacle, nous avons une moyenne de 10,6 partants. C’est légèrement en dessous d’il y a deux ans. Ce chiffre est à prendre avec des pincettes vu le contexte, mais c’est un sujet de vigilance. Comme nous le faisons chaque année, nous allons continuer de nous améliorer. La double barrière et un fence vont être refaits, en attendant sans doute d’autres travaux. On le voit à Pau, les gens aiment vraiment cette discipline. Il faut continuer à se battre pour l’obstacle et continuer un beau spectacle.

Qui dit obstacle dit aussi accidentologie. Avez-vous déjà quelques chiffres à nous donner en la matière ?

Le taux d’accidents graves est de 1 %. On ne peut bien sûr pas s’en satisfaire, mais cela fait partie de notre sport. Depuis une dizaine d’années, nous avons énormément progressé à ce sujet. La qualité de la piste a été saluée par les professionnels, et ce alors même que les conditions étaient particulièrement mauvaises au début du meeting. Cela montre que le décordage a bien fonctionné. Pour en revenir aux chutes, les chiffres doivent encore être affinés car ils tiennent compte de celles des jockeys. Ils sont de 6,3 % par partants en haies, 11,9 % en steeple et de 16,3 % en cross.

Le tout premier point PMU sur un centre d’entraînement s’est ouvert à Pau

Le 3 février dernier, à Sers, s’est ouvert le premier point de vente PMU sur un centre d’entraînement. Jean Brouqueyre nous a expliqué : « Il y a une cafétéria, La Chapelle, au centre d’entraînement. Avant, elle était gérée par l’Afasec et elle a été reprise par un couple il y a six ans. C’est un lieu très convivial où les gens aiment se réunir pour prendre le café le matin. En parlant avec le PMU, qui vient souvent nous voir, l’idée a petit à petit fait son chemin. »

De nouveaux visages chez les têtes de liste paloises

Pour le meeting d’obstacle, c’est Gabriel Leenders qui a conclu tête de liste chez les entraîneurs pour la première fois. Il a notamment enlevé le Prix Camille Duboscq (L) avec Châtaignier (Sri Putra) et a signé douze succès pour 481.345 € de gains. L’entraîneur de Jarzé a précédé Erwan Grall, lui aussi titulaire de douze victoires pour 417.265 € de gains, et Patrice Quinton, lequel a décroché quatorze succès et 415.700 € de gains. En termes de victoires, c’est Patrice Quinton et Daniela Mele qui en ont accumulé le plus (14).

Chez les jockeys, Nathalie Desoutter a été reine en son domaine, puisqu’elle a enlevé treize courses. Elle a devancé Clément Lefebvre, le premier pilote de Gabriel Leenders, et Felix de Giles, qui a beaucoup monté pour Patrice Quinton. Ces deux derniers ont obtenu douze victoires.

Du côté des propriétaires, Patrick Joubert est premier avec cinq succès et 173.955 € de gains. Il est notamment le copropriétaire de Ferronnière (Network), deuxième du Grand Prix de Pau (Gr3). Il a précédé son associé et ami Paul Couderc, titulaire de six victoires et 147.120 € de gains, et l’écurie des Dunes, qui a accumulé cinq succès et 129.930 € de gains. Chez les éleveurs, le haras de Saint-Voir est en pole position avec cinq succès et 20.446 € de primes, précédant Olivier de la Garoullaye (19.760 € de primes) et Hervé d’Armaillé (19.075 € de primes).

En ce qui concerne le meeting de plat, c’est Charles Gourdain qui arrive en tête aussi bien par le nombre de victoires (8) que par les gains (121.875 €) chez les entraîneurs. Pour les propriétaires, c’est l’Espagnol Ion Elarre Alvarez qui est premier avec 63.700 € de gains. À noter qu’il est troisième chez les entraîneurs. Chez les jockeys, Hugo Mouesan est en tête avec huit succès. Enfin, chez les éleveurs, c’est le haras Garmar qui est premier avec 7.281 € de primes.

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