Nicolas Bertran de Balanda à la recherche de nouveaux talents

Courses / 20.02.2022

Nicolas Bertran de Balanda à la recherche de nouveaux talents

Samedi, l’élevage français a une nouvelle fois été mis à l’honneur à l’étranger. Grâce, entre autres, à Goshen, lauréat du Kingwell Hurdle (Gr2) à Wincanton, Teahupoo, vainqueur du Red Mills Trial Hurdle (Gr3) à Gowran Park, et Porticello **, gagnant d’un juvenile hurdle à Haydock. Trois chevaux exportés par le biais de Nicolas Bertran de Balanda, qui nous a parlé de son métier de courtier.

Samedi, Goshen (Authorized) a remporté le Kingwell Hurdle (Gr2) pour la deuxième année consécutive. Cet élève de Christophe Toulorge aurait déjà remporté son Gr1 s’il n’avait pas éjecté son jockey à la réception de la dernière claie du Triumph Hurdle (Gr1) à Cheltenham, en mars 2020… Goshen avait été repéré à 2ans par Nicolas Bertran de Balanda, qui nous a expliqué : « Le poulain était au pré-entraînement chez Philip Prévost-Baratte, avec lequel je travaille beaucoup. Je le suivais car sa sœur, Elimay (Montmartre), avait montré de belles choses à 3ans à Auteuil. Goshen était fait dans le style d’Authorized (Montjeu) : un peu long et plat, mais avec une très bonne locomotion. Il se déplaçait très bien et ressemblait à un bon cheval de course. » Teahupoo (Masked Marvel), qui a signé samedi sa quatrième victoire de Groupe en Irlande, a été exporté en fin d’année de 3ans après ses débuts victorieux à Auteuil, dans le Prix Emilius (Haies) : « Je suivais Teahupoo avec intérêt depuis un moment car j’ai entraîné sa mère, Droit d’Aimer (Sassanian), et il a été élevé par des amis. Je l’avais déjà vu au pré-entraînement avant son départ chez Gabriel Leenders. C’était un très beau poulain, qui a bien gagné pour ses débuts. Nous pensions qu’il avait beaucoup de marge, et nous ne nous sommes pas trompés. De plus, il a un très bon tempérament. À mon avis, il devrait bien vieillir. »

Porticello, un excellent gagnant du Grandak. Anciennement entraîné par David Cottin, Porticello ** (Sholokhov) a rejoint l’Angleterre après ses débuts victorieux à Auteuil dans le Prix Grandak (Haies), au printemps de ses 3ans. Depuis, il s’est imposé trois fois en quatre sorties outre-Manche, notamment dans le Coral Finale Juvenile Hurdle (Gr1) à Chepstow. Nicolas Bertran de Balanda nous a raconté : « Porticello était un grand poulain, qui avait besoin de se faire physiquement. Lorsqu’il a gagné en débutant, il l’a fait sur sa qualité. Il avait montré un super tempérament, ce qui est toujours un critère important dans la vente d’un cheval. Mon père a entraîné la mère de Porticello, Chinawood (Chichicastenango), qui était assez moyenne. Avant Porticello, elle n’avait d’ailleurs pas très bien produit, mais elle descend d’une très bonne souche de Pierre Goral. Le jour où Porticello a gagné le Grandak, le chrono était très bon : l’un des meilleurs temps de la course, qui a vu passer plusieurs gagnants de Gr1. Et le lot tenait la route, puisqu’il battait ce jour-là des chevaux comme Imprenable ** (Prix des Platanes, L, 2e Prix Georges de Talhouët-Roy, Gr2 & 4e Prix Cambacérès, Gr1), ou encore Coup de Cœur (2e Prix Noiro, L). »

L’importance du modèle. Lorsque Nicolas Bertran de Balanda sélectionne des sauteurs pour l’Angleterre, il accorde beaucoup d’importance au modèle : « Étant donné que les chevaux portent davantage de poids là-bas, il vaut mieux se concentrer sur ceux qui ont du modèle. D’autant que les courses anglaises sont assez sélectives, avec plus de dénivelés qu’ici… Je ne dis pas qu’il faut acheter seulement des grands chevaux, mais je pense que si on veut atteindre le haut niveau en Angleterre et en Irlande, il est préférable de sélectionner des sauteurs qui ont un peu de physique et une bonne locomotion. » Selon les clients qui se présentent, le profil des chevaux recherchés par Nicolas Bertran de Balanda varie souvent : « Les gens n’ont pas tous le même budget, et il y a plusieurs catégories de chevaux. Les chevaux qui gagnent d’emblée à Auteuil à 3ans, comme Porticello et Teahupoo, sont plutôt chers. Il faut donc essayer de bien analyser les courses, ce qui n’est pas forcément simple dans des lots de débutants : parfois, on s’aperçoit six mois plus tard que la ligne était mauvaise ! Mais c’est aussi ça qui rend mon métier très intéressant. Il n’y a pas que la performance, mais aussi la façon de le faire. Je pense qu’Auteuil et Compiègne sont des hippodromes sélectifs qui facilitent mes choix ! En dehors des courses, j’essaye de me rendre régulièrement à 

Surfer sur la vague Magic Attitude. Bien connu dans le milieu de l’obstacle, Nicolas Bertran de Balanda commence également à se faire un nom dans la discipline du plat, après plusieurs achats qui se sont avérés judicieux. Notamment celui de Magic Attitude ** (Galileo), qui est devenue gagnante de Gr1 outre-Atlantique : « Mon activité se développe de plus en plus dans le plat. Il y a deux ans, j’ai acheté Magic Attitude après sa victoire dans le Prix Vanteaux (Gr3), à l’époque où elle était entraînée par Fabrice Chappet. Elle est partie chez Arnaud Delacour aux États-Unis, où elle a remporté les Belmont Oaks Invitational Stakes (Gr1) et les Sheepshead Bay Stakes (Gr2). Magic Attitude appartient à Roy et Gretchen Jackson, pour lesquels j’ai aussi acquis Purplepay (Zarak) à la dernière vente d’élevage Arqana, après sa troisième place dans le Critérium International (Gr1). Nous avons de bons espoirs avec elle, ainsi qu’avec Chez Pierre ** (Mehmas), qui est invaincu en trois sorties à Chantilly et qui a été exporté aux États-Unis. En plat, je travaille principalement avec Francis-Henri Graffard et Stéphane Cérulis. »

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