Sheail bin Khalifa Al Kuwari : « Le système français est vraiment bien fait »

Courses / 20.02.2022

Sheail bin Khalifa Al Kuwari : « Le système français est vraiment bien fait »

Khalifa bin Sheail Al Kuwari restera comme le premier propriétaire "autre qu’Al Thani" à voir sa casaque s’imposer dans H.H. The Amir Sword. Ce succès lui permet de caracoler en tête du classement des propriétaires au Qatar. Son père, Sheail bin Khalifa Al Kuwari, nous a accordé une interview la veille de ce succès historique.

Jour de Galop. – Comment vos investissements dans les courses ont-ils débuté ?

Sheail bin Khalifa Al Kuwari. – J’ai commencé par acheter des chevaux aux États-Unis, aux Pays-Bas et en Russie. C’était il y a longtemps maintenant. Principalement des pur-sang arabes, pour la course et pour le show. Quelques pur-sang anglais également. Progressivement, j’ai changé ma manière de procéder, pour rester compétitif alors que le sport hippique se professionnalisait au Qatar. La qualité a beaucoup baissé aux États-Unis. Les courses de pur-sang arabes n’y sont pas assez soutenues par les autorités hippiques locales. J’ai donc redirigé mes achats vers la France.

Et c’est donc là que votre collaboration avec Gérard Larrieu a débuté ?

Au départ, j’ai acheté un peu en direct avec les éleveurs français. Mais rapidement, j’ai commencé à travailler avec Gérard Larrieu de Chantilly Bloodstock. Et je pense que cela fait plus de 33 années que nous travaillons ensemble sur le marché français ! Par son intermédiaire, j’ai fait venir à Doha plus de 1.500 chevaux de tout type : yearlings, sujets à l’entraînement, poulinières, pur-sang anglais, pur-sang arabes… Aujourd’hui, je suis actif aussi bien chez Arqana que chez Tattersalls. J’aime bien le format des ventes françaises de chevaux à l’entraînement. C’est une sélection resserrée. Un tri a déjà été fait. En Angleterre, l’offre est moins triée et c’est plus un pari lorsque vous achetez.

Quels sont les chevaux qui ont marqué votre casaque ou celle de votre fils ?

Nous avons eu le bonheur de gagner toutes les grandes courses que le programme du Qatar propose. De même, nous avons gagné des grandes courses aux Émirats, en France, en Angleterre… Chez les pur-sang arabes, nous avons de très bons chevaux comme Easter de Faust (Mahabb), Lady Princess (General), Fakhir (No Risk Al Maury), Hafid du Bac (Djourman), Spaghetti (Snoopi), Kerra (Kesberoy), Ouragan du Cayrou (Dormane), Danzinon (Nuits St Georges), Moshrif (Dahess), Hadi de Carrère (Nieshan)… Chez les pur-sang anglais, on peut penser à The Blue Eyes (Dubawi), Dubday (Dubawi), Saqr (Dutch Art)… Honnêtement, la liste est trop longue, je dois probablement en oublier beaucoup. Comme vous le voyez, beaucoup sont d’origine française.

D’où vient votre passion pour les courses ?

Chez nous, les courses, c’est une histoire de famille. Mon père avait été tête de liste à Doha. Puis ce fut mon tour. Et mon fils a aussi été champion des propriétaires ici. Lui aussi a la passion. Il connaît vraiment très bien les pedigrees des pur-sang arabes. Il est né avec un stud-book dans les mains ! Aujourd’hui, avec Lady Princess, nous avons la chance d’avoir la meilleure pouliche au monde. Parfois, elle n’a pas eu de chance. Mais tout de même, elle a réalisé de très grandes choses. J’en ai eu des bonnes, mais comme elle, jamais. Elle est d’une classe supérieure. J’aimerais vraiment gagner la Qatar Arabian World Cup (Gr1 PA) avec elle. Thomas Fourcy est un entraîneur très professionnel. Il y a beaucoup de bons entraîneurs en France. Des gens sérieux. Grâce à eux nous avons eu de bons résultats.

J’aime beaucoup les grandes origines et Lady Princess vient de la plus belle famille française. Son frère, Mister Ginoux (Amer), est un super étalon. Il a donné le lauréat de la dernière Qatar Arabian World Cup (Gr1 PA). Par ailleurs, par son père, elle apporte le sang d’Al Hanoof (Manganate).

Pourquoi privilégiez-vous la France ?

J’apprécie vraiment les courses françaises et leur prestige. Le système français est vraiment bien fait, avec par exemple les primes qui favorisent les chevaux nés dans le pays. Cela étant dit, je pense que la France devrait encore plus soutenir ses éleveurs, en particulier les plus petits. Ils sont passionnés et compétents. On leur doit beaucoup de très bons chevaux ces dernières décennies. Mais ils ont besoin de plus d’opportunités, en termes d’allocations et de diversité de distance. La filière du pur-sang arabe a besoin d’eux. Par ailleurs, je pense que les pays du Golfe doivent mieux se coordonner pour que leur programme de course soit plus complémentaire. Enfin, je pense que pour l’avenir du sport hippique ici au Qatar, il faut continuer à augmenter le nombre de courses. Si l’on veut attirer des propriétaires et conserver les existants, il faut qu’ils puissent gagner régulièrement des courses. C’est la joie des victoires qui poussent les gens à continuer à faire courir et à importer des bons chevaux.

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