Adrien Fouchet prend son envol

Courses / 19.03.2022

Adrien Fouchet prend son envol

Adrien Fouchet prend son envol

Dimanche dernier, Adrien Fouchet a enlevé sa deuxième Listed, mais la première de sa carrière à Auteuil dans le Prix Hubert d’Aillières avec El Gringo (Kamsin). À tout juste 26 ans, le pilote, qui a été formé chez Guillaume Macaire, a décidé de devenir free-lance et compte bien faire partie de l’élite de demain.

Depuis cet hiver, Adrien Fouchet est associé aux chevaux de l’écurie Sagara pour Luc Gabeur. Lors de l’avant-dernière réunion de l’année à Auteuil, il a monté Saint Patis (Balko) dans le Prix Morgex (Gr3) et El Gringo dans le Prix Olry Roederer (Gr2) en concluant quatrième de ces deux courses. Remporter le Prix Hubert d’Aillières est donc le premier grand succès de cette collaboration, mais aussi le moyen pour Adrien Fouchet de débloquer son compteur de victoires pour 2022 : « Gagner une Listed à Auteuil est incroyable. Cela me fait vraiment plaisir de l’avoir fait avec El Gringo pour l’écurie Sagara et Luc Gabeur qui me font confiance depuis la fin de l’année 2021 et je les en remercie. Je ne suis pas associé à El Gringo le matin car il a son cavalier d’entraînement, Antoine, qui s’entend super bien avec lui. El Gringo est un vieux cheval qui a besoin de dominer et qui marche beaucoup au moral. Me concernant, je l’ai assez vite cerné, grâce à mon expérience à Royan chez Guillaume Macaire où j’ai pu monter des chevaux de catégories, de gabarits et de caractères différents. »

Dans deux écuries pour mieux se perfectionner. Désormais free-lance, Adrien Fouchet s’est rapproché de l’agent Alexis Teisseire avec qui il travaille depuis quelques semaines. Et depuis la fin de sa collaboration avec Hector de Lageneste et Guillaume Macaire, le jockey partage sa semaine chez Luc Gabeur et chez Augustin Adeline de Boisbrunet : « J’ai arrêté mi-septembre de travailler chez Hector de Lageneste et Guillaume Macaire. Après cela, j’ai fait le meeting de Pau pour Patrick Quinton. Malheureusement, cela n’a pas très bien fonctionné pour moi là-bas. Avant ce meeting, j’avais déjà travaillé quelques mois avec Luc Gabeur. Donc en rentrant de Pau, je l’ai contacté pour travailler de nouveau avec lui. Maintenant, je suis chez lui deux jours par semaine à La Teste et le reste du temps chez Augustin Adeline de Boisbrunet à Royan. Les deux écuries sont totalement différentes mais cela me permet de voir autre chose. Il est certain que l’organisation n’est pas évidente mais le fait de travailler sur des pistes différentes, comme celle de La Teste qui est très légère et assez rapide, me permet d’améliorer ma façon de monter. Ainsi en me perfectionnant, j’espère réussir, gagner des courses avec de bons chevaux, et m’ouvrir vers l’extérieur. Malheureusement quand j’étais à Royan chez M. Macaire, j’étais dans l’ombre des grands jockeys. En étant free-lance et avec l’aide de mon agent, Alexis Teisseire, j’espère me faire connaître. »

Né dans les courses. Adrien Fouchet est issu d’une famille d’éleveurs entraîneurs et jockeys. Son père, Armand-Yves Fouchet, était entraîneur dans l’Ouest tandis que son frère, Baptiste, est également jockey d’obstacle et qu’Alexis, son autre frère, travaille comme premier garçon et garçon de voyage chez Thierry de Laurière. Faire carrière dans les chevaux était donc une évidence pour lui qui monte à cheval depuis son plus jeune âge, mais qui a privilégié ses études avant de se lancer : « J’ai suivi le cursus amateur pour faire mes études. Quand j’ai eu mon bac, j’ai passé ma licence de jockey d’obstacle, car je fais 1,83m, ce qui est bien trop grand pour un jockey de plat. J’ai la chance d’avoir un très bon métabolisme : je fais 58 kg depuis mes 17 ans, et pour l’instant, en presque dix ans, cela n’a pas bougé. C’est un avantage certes, mais cela a des inconvénients car mon ossature est plus légère et je me blesse plus facilement. » Adrien Fouchet a ensuite intégré l’équipe de Guillaume Macaire : « Pour moi, Guillaume Macaire est l’un des meilleurs formateurs de jockeys. J’ai appris énormément chez lui et je tiens à le remercier. Ce que j’ai appris le matin, je l’ai mis en application l’après-midi sur les hippodromes. J’estime que s’il me faisait confiance malgré mon jeune âge, c’est qu’il voyait un minimum de potentiel en moi. Il m’avait notamment associé à So French (Poliglote) et j’avais gagné et perdu ma décharge par la même occasion. »

Vainqueur dans toutes les disciplines. Avec ses trois récents succès, Adrien Fouchet totalise 83 victoires en obstacle (haies, steeple, cross), mais il compte aussi des victoires en plat, au trot, sans compter ses succès en concours : « J’ai commencé à monter en gentleman à 16 ans en plat. Je montais les chevaux de mon père contre les jockeys car je voulais prendre de l’expérience et aussi parce que je pouvais me permettre de monter entre 55 et 56 kg. J’ai dû monter une centaine de courses plates. J’ai eu la chance d’être associé à de bons chevaux, donc j’ai gagné en plat, haies, steeple-chase, cross-country, au trot et en concours. L’année dernière pour Patrice Quinton, j’avais remporté ma première Listed dans le Grand Cross de Fontainebleau avec Otchoa Rouge (Diamond Boy). Le fait d’avoir pu monter et gagner dans de nombreuses disciplines, je le dois vraiment à Guillaume Macaire qui m’a appris à être un cavalier avant d’être un jockey. Concernant ma victoire au trot, je l’ai acquise par l’intermédiaire de Barbara Guenet. Cette course est réservée aux cavaliers licenciés au galop. La première fois, j’ai fini deuxième, et la deuxième fois, j’ai gagné. Avant cette expérience, je n’étais jamais monté sur un sulky ! »