Arkle Chase (Gr1) : la saison parfaite d’Edwardstone

International / 15.03.2022

Arkle Chase (Gr1) : la saison parfaite d’Edwardstone

Cheltenham (GB), mardi

Favori de l’Arkle Chase (Gr1), le Grand Steeple pour les novices sur courte distance, Edwardstone (Kayf Tara) a rempli son contrat. Avant la course, on pouvait craindre qu’il ne soit défraîchi, son entraîneur, Alan King, alignant fréquemment des chevaux comptant beaucoup de courses au compteur avant Cheltenham, mais cela n’a nullement été le cas. De fait, Edwardstone est dur, très dur et il a décroché sa cinquième victoire de la saison, en six sorties, et son second Gr1. Après des années de disette dans les Grs1 de Cheltenham, l’élevage anglais a donc signé un doublé dès la première journée avec le succès d’Edwardstone et celui de Constitution Hill (Blue Brésil). Ça valait une cote !

Un cheval très estimé. Edwardstone a galopé au cœur du peloton avant de regagner du terrain dans le long tournant final, venant se porter aux côtés de l’animatrice, Rivière d’Etel (Martaline). Elle a penché sur lui au saut de l’avant-dernier fence, mais ce cheval puissant n’a pas sourcillé. Il a pris l’avantage et s’est détaché sur le plat, finissant avec de l’action. Son entraîneur, Alan King, a eu ces mots après la remise des prix : « Heureusement, nous avons évité les chutes au troisième fence. La chance était de notre côté ! Il l’a fait de très belle manière. Je suis soulagé de son succès. Je suis ravi pour le cheval et ses éleveurs-propriétaires ! Il a beaucoup couru, mais a eu des sorties espacées. Il a effectué un break après Kempton et Warwick. Bravo à son jockey, Tom Cannon, également. Dans ma vie, je n’ai travaillé qu’avec trois jockeys, Robert Thornton, Wayne Hutchinson et lui. Cela signifie beaucoup pour moi. Nous n’avons commencé à courir Edwardstone qu’en fin d’année de 4ans, mais cela faisait deux ou trois ans que nous le formions. J’ai toujours pensé qu’il était très bon, même s’il n’arrivait pas à gagner un bumper. La saison dernière, il s’est endurci en courant les gros handicaps sur les claies de Cheltenham et d’Aintree. Sur le steeple, nous pouvons le monter "off" et ça lui permet de mieux finir. »

Côté français, on devra se contenter d’une nouvelle deuxième place avec Gabynako (Tirwanako). Magnifique d’état au rond de présentation, il l’a également été en piste. Après s’être fait oublier dans le parcours, il a conclu vite pour s’octroyer la deuxième place devant un autre French bred, Blue Lord (Blue Brésil), égal à lui-même.

Une rareté en Angleterre. Élever des sauteurs pour courir sous ses couleurs, en Angleterre, c’est une rareté. Et c’est pourtant le pari réussi de Robert Abrey et Ian Thurtle avec Edwardstone. Il s’agit d’un fils de Kayf Tara (Sadler's Wells), qui a longtemps officié à Overbury Stud où il fut tête de liste des pères de sauteurs outre-Manche.

La mère, Nothingtoloose (Luso), a gagné une de ses six sorties en point-to-point. Elle n’a pas eu d’autres partants en courses officielles. C’est une fille de Luso (Salse), lauréat du Derby italien et de trois Grs1 en Allemagne, avant de connaître une carrière modeste au haras. Il a néanmoins donné trois lauréats de Gr1 en obstacle. Grâce à la réussite de sa production à haut niveau de CCE, Luso a effectué ses dernières saisons de monte en Belgique et en France au milieu des années 2010.

La deuxième mère, Phairy Miracles (Phardante), avait remporté un handicap en steeple en Irlande. Elle est la grand-mère de plusieurs bons chevaux dont Shotgun Paddy (Brian Boru), troisième de l’Albert Bartlett Prestige Novices' Hurdle (Gr2), ou encore Queens Brook (Shirocco), troisième du Weatherbys Champion Bumper NH Flat Race (Gr1) à Cheltenham…