Génération Z

Le Mot de la Fin / 18.03.2022

Génération Z

Mardi à Longchamp s’est tenu le 1er forum pour l’emploi de l’Afasec. Plusieurs patrons ont pris la parole. Voici quelques extraits. (Épisode 1 sur 5)

Pierre Pilarski est franchisé McDonald depuis 31 ans : « Quand on m’a demandé de venir parler emploi, je me suis senti légitime ! » Diriger des McDonald revient à être confronté à des difficultés de recrutement, notamment en Haute-Savoie, où il y a des jobs plus sympa pour des jeunes – souvent premier emploi – que de cuire des burgers… ainsi qu’un voisin nommé la Suisse, avec ses salaires élevés.

Pierre Pilarski est venu et a prévenu : son discours n’allait pas plaire ! On parle de conflits de génération et du célèbre « Les jeunes de nos jours » ou autres « De mon temps,… ». Il analyse : « Je considère que ce sont les gens de ma génération qui ont construit ce monde. Les jeunes sont à la fois mes enfants et mes employés. Ils sont la génération Z, celle née après 1995 : eux veulent réussir leur vie alors qu’on nous avait appris qu’il fallait réussir dans la vie. À un Z, vous ne posez pas la question de ce qu’il veut faire plus tard dans la vie : ils sont dans l’immédiateté, le plaisir. Et dans un monde digitalisé ! Un jour, j’ai fait un sondage auprès de mes équipes pour savoir ce qu’ils feraient à ma place. En majorité, leur réponse a été d’autoriser la consultation du téléphone pendant les heures de travail : cela peut paraître étonnant, mais pensez au premier réflexe d’un fumeur qui finit le travail, par exemple. Je n’ai pas autorisé les appels mais ils ont le droit d’avoir leur téléphone avec eux. (…) Quel est l’entreprise idéale pour un Z : une entreprise éthique, fun et innovante. Pour eux, l’entreprise est un lieu de vie et le rôle principal de l’employeur est d’assurer le bien-être de son salarié. Nous les avons éduqués ainsi. Il faut comprendre qui ils sont : ce sont des sprinters. Un projet à douze mois est le bout du monde : je ne donne pas de 13e mois mais un douzième de mois en plus chaque mois. Nous ne changerons pas ces jeunes ! Ce sera en réalité plus simple pour nous de changer et de voir les choses différemment. Avec eux, il faut repenser nos organisations : des contrats courts, des alternants… et une bonne ambiance de travail, qui est de votre responsabilité en tant que chef d’entreprise. »