Hemo 15 et DMSO : on vous explique tout

Autres informations / 26.03.2022

Hemo 15 et DMSO : on vous explique tout

Dans l’affaire de la Horse Connection, les choses se précisent. Vendredi, des sources proches du dossier nous ont appris que trois personnes avaient été mises en examen : Luc Gabeur, Jean-Laurent Dubord et une troisième dont l’identité n’a pas été révélée. D’autre part, quatre personnes ont été présentées au juge d’instruction dans la journée de vendredi en vue de leur mise en examen. Et enfin, un mandat d’amener a été délivré contre une cinquième personne. Ce mandat sera exécuté au cours du week-end. À ce stade, on ne sait pas si ces personnes seront mises en examen ou placées sous le statut de témoin assisté, ni, dans le cas d’une mise en examen, si elles feront l’objet de mesures restrictives ou privatives de liberté. Parmi ces personnes figureraient les noms de Bertrand Franquet, vétérinaire, de Benoît Gabeur, vétérinaire lui aussi, de Michel Crommer, pharmacien, de l’entraîneur de trotteurs Yannick-Alain Briand et de sa femme Sophie Blanchetière. Le vétérinaire espagnol Diego Uson, lui, a été interpellé dans son pays d’origine, alors que le Maltais Nicholas Cachia, propriétaire de trotteurs, a été placé en détention en Italie.

Le cobalt refait parler de lui

L’autre information importante du jour, toujours selon des sources proches du dossier, c’est que parmi les produits retrouvés dans les différentes écuries figurent l’Hemo 15 et le DMSO.

Nous avons interrogé un vétérinaire équin qui nous a parlé de l’Hemo 15 : « L’Hemo 15 ne fait pas l’objet d’une autorisation de mise sur le marché français (AMM). Son usage est donc interdit. L’Hemo 15 est constitué d’un ensemble de vitamines qui agissent sur la numération des globules rouges. En d’autres termes, il sert à augmenter le taux de globules rouge, qui permettent le transport de l’oxygène vers les organes. Une augmentation du taux de globules rouges améliore donc la performance sportive en permettant aux organes (et notamment aux muscles) d’être mieux oxygénés. Par rapport à des produits similaires autorisés en France, l’Hemo 15 est très dosé en cobalt (100 fois plus que le Fercobsang par exemple). L’administration de cobalt à de telles doses est censée stimuler l’érythropoïèse, c’est-à-dire la formation de globules rouges dans la moelle osseuse. »

Le cobalt a déjà fait beaucoup parler de lui. C’était en 2016, principalement dans le monde du trot, au point qu’un certain seuil a été fixé – au-delà duquel il est considéré comme une substance dopante. Le cobalt, comme le fer, est indispensable au bon fonctionnement de l’organisme.

Le cas du DMSO, ou diméthyl sulfoxide, est différent. « Il s’agit d’un principe actif qu’un praticien (vétérinaire, pharmacien ou médecin) peut se procurer légalement. Il est prescrit assez rarement, dans des cas de grosses pharyngites. Mais dans ce cas, la toux est tellement importante que le cheval est inapte à courir. Son intérêt dans l’amélioration de la performance sportive me pose question. On peut imaginer un effet antalgique, même si rien n’est prouvé scientifiquement. »

Il y a encore eu des perquisitions jeudi après-midi et de nombreuses analyses doivent avoir lieu.

Le communiqué des sociétés-mères

« Au regard du communiqué de presse du procureur de la république de Bordeaux établi dans le cadre de l’information judiciaire ouverte pour faits de dopage, révélée par voie de presse le 22 mars 2022 et ayant entraîné la garde à vue de différentes personnes titulaires d’autorisations respectivement délivrées par les Commissaires de France Galop et de la SECF, trois personnes ont été mises en examen.

Ces personnes ont en outre été placées sous contrôle judiciaire comportant notamment une interdiction de fréquenter les hippodromes et d’exercer toute activité en lien avec les chevaux de courses. Dans ce contexte, ces personnes et leurs chevaux ne peuvent plus, en l’état, participer aux courses organisées par les sociétés mères.

Par ailleurs, les autres personnes visées par l’information judiciaire n’ont pas, à ce stade, fait l’objet de mises en examen et leurs chevaux n’ont pas été saisis ou interdits de courir. En l’état actuel, ces entraîneurs et les chevaux inscrits à leurs effectifs restent donc en mesure de participer à des courses.

Cette participation est susceptible d’être remise en cause au regard de l’évolution de l’information judiciaire en cours et des nouvelles informations qui seront communiquées aux Sociétés-Mères.

En tout état de cause, les Sociétés-Mères entendent se conformer strictement à leur mission de service public, incluant notamment la régularité des courses et la lutte contre le dopage.

Réitérant les termes de leur précédent communiqué commun avec la Fédération Nationale des Courses Hippiques, les Sociétés-Mères, France Galop et Le Trot, continuent de suivre avec la plus grande vigilance l’évolution procédurale de cette information judiciaire et entendent se constituer partie civile. »