Horse Connection : trois mises en examen... pour le moment

Courses / 17.06.2022

Horse Connection : trois mises en examen... pour le moment

Jeudi, la Justice – par la voix du procureur de la République de Bordeaux – a communiqué. C’est la première fois qu’elle s’exprime depuis le début de l’affaire de la "Horse Connection". Nous vous proposons de découvrir sa déclaration intégrale en page 2 de Jour de Galop.

On y apprend que vingt-quatre personnes sont passées par la case garde à vue, que trois acteurs du dossier ont pour l’instant été mis en examen, que cinq autres font l’objet de mandats d’amener en raison de l’éloignement du lieu de leur garde à vue (ils seront présentés dans les jours à venir devant le juge d’instruction en vue de leur mise en examen)... et que d’autres mises en examen pourraient avoir lieu, en complément, dans les jours qui viennent. Information confirmée par le chef du Service central des courses et jeux, Stéphane Piallat, qui nous a confié que « les personnes sorties de garde à vue pourraient être mises en examen ultérieurement ».

Frédérique Porterie, procureure de la République :

« L'enquête a permis l'identification de plusieurs filières organisées »

Jeudi, la Justice n’y est pas allée par quatre chemins pour qualifier l’affaire en cours. Elle parle de « filières organisées qui importaient, diffusaient et faisaient usage de produits pharmaceutiques réglementés ou interdits afin d'améliorer les performances des équidés lors des courses »... Voici la déclaration complète de Frédérique Porterie, procureure de la République.

« Le 22 mars 2022 au matin, sous la direction des magistrats de la JIRS de Bordeaux (juridiction inter-régionale spécialisée), une importante opération de police judiciaire menée par le service central des courses et jeux de la D.C.P.J. (direction centrale de la police judiciaire) et la D.Z.P.J. Sud-Ouest (direction zonale de la police judiciaire) était déclenchée dans plusieurs régions de France (Nouvelle-Aquitaine, Île-de-France, Provence-Alpes-Côte d'Azur, Pays de la Loire, Auvergne-Rhône-Alpes, Basse Normandie, Bretagne), ainsi qu'en Espagne et en Italie.

Plus de 80 fonctionnaires de police, une équipe cynophile de la gendarmerie, des effectifs de la police basque et des carabiniers de Bologne étaient engagés, aux côtés de vétérinaires de la F.N.C.H. (Fédération nationale des courses hippiques), et d'inspecteurs pharmaciens des ARS (Agences régionales de santé).

En France, plusieurs perquisitions se sont révélées positives et ont permis la découverte de produits pharmaceutiques interdits. Vingt-quatre personnes ont été interpellées puis placées en garde à vue, et 9 personnes ont été entendues dans le cadre de l'audition libre. Il s'agit principalement d'entraîneurs de chevaux de course (galop et trot), vétérinaires et pharmaciens.

À l'issue de gardes à vue de 48 heures, trois individus ont été mis en examen ce jour par le juge d'instruction de la JIRS de Bordeaux, des chefs de dopage équin (délits sanctionnés d'une peine maximale de 5 ans d'emprisonnement), escroquerie en bande organisée (délit sanctionné d'une peine maximale de 10 ans d'emprisonnement), participation à une association de malfaiteurs et exercice illégal de la profession de vétérinaire. Ils ont été placés sous contrôle judiciaire comportant notamment l'obligation de verser un cautionnement, et l'interdiction de fréquenter les hippodromes et d'exercer toute activité en lien avec les chevaux de course.

Cinq autres personnes ont fait l'objet de mandats d'amener en raison de l'éloignement du lieu de leur garde à vue et seront présentés dans les jours à venir devant le juge d'instruction en vue de leur mise en examen.

L'affaire a débuté au mois de juin 2020 suite au signalement de colis livrés à une écurie de l'hippodrome de La Teste (33), et susceptibles de contenir des produits pharmaceutiques dopants.

L'enquête ouverte en suivant à la JIRS de Bordeaux et confiée au service central des courses et jeux et à la D.Z.P.J. Sud-Ouest afin de démanteler les filières nationales et internationales de produits dopants destinés aux chevaux de course, a permis l'identification de plusieurs filières organisées, qui importaient, diffusaient et faisaient usage de produits pharmaceutiques réglementés ou interdits afin d'améliorer les performances des équidés lors des courses.

Coordonnée à l'échelle européenne par Eurojust, l'enquête a donné lieu à l'émission de plusieurs décisions d'enquête européennes en Espagne, en Italie et à Malte, ainsi qu'à la diffusion de deux mandats d'arrêt européens qui ont conduit à l'interpellation des individus visés, le 22 mars 2022 en Espagne et en Italie. »

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Stéphane Piallat, patron de la Police des jeux :

« Des mises en examen pourraient avoir lieu ultérieurement »

Contacté par nos soins jeudi après-midi, Stéphane Piallat, chef du Service central des courses et jeux, n’a pas souhaité révéler les noms des personnes mises en examen, mais il nous a dit : « Les personnes sorties de garde à vue pourraient être mises en examen ultérieurement. Pour des motifs administratifs ou organisationnels, elles n’ont pas été présentées au magistrat, lequel doit respecter alors un délai minimal de dix jours pour les convoquer. La mise en examen peut avoir lieu au moment de cette convocation. »

« Le travail d’enquête des policiers se poursuit »

Stéphane Piallat nous a aussi confié : « Pendant ce temps, le travail d’enquête des policiers va se poursuivre. Jeudi, une garde à vue avec perquisition était d’ailleurs en cours. Quant à la suspension ou au retrait des agréments par les sociétés-mères, ils ne peuvent avoir lieu qu’à la lumière de motifs administratifs, c’est-à-dire de mises en examen. Certains peuvent s’émouvoir de voir courir demain ou dans les jours à venir des chevaux dépendant d’entraînement mis en cause dans cette affaire, mais il faut d’abord consolider juridiquement la procédure. »