La baisse des naissances va avoir des effets visibles dès 2022

Courses / 03.03.2022

La baisse des naissances va avoir des effets visibles dès 2022

Le sujet a notamment été abordé dans un article publié par Bill Barber (Racing Post), il y a quelques semaines. Julian Richmond-Watson est le président de la TBA (Fédération des éleveurs en Angleterre) s’exprime avec force pour dire aux autorités britanniques : cela va mal chez nous. Mais en creux, il faut lire : nous devons mieux soutenir les éleveurs (comme en France). Julian Richmond-Watson a déclaré : « Je pense que de peu de gens ont pris la mesure du danger. Depuis 2018/2019, la baisse des naissances se poursuit [en Angleterre et en Irlande, ndlr]. La saison 2020 a montré un début de stabilisation. Mais est-ce une situation viable pour l’ensemble de la filière quand on sait que le nombre de courses a augmenté [sous la pression du secteur économique du jeu outre-Manche, ndlr] ? Nous avons déjà des difficultés à remplir les épreuves. Les 3ans de 2021 correspondent au petit pic de production de 2018. Nous rentrons donc désormais dans les générations creuses. » L’Angleterre, pour compenser la raréfaction de ses éleveurs, importe donc d’Irlande et de France. Or le problème, c’est qu’en Irlande, la production ne cesse de baisser… Et la France, elle aussi en mal de partants, à un nombre limite de chevaux qu’elle peut exporter.

Par Adrien Cugnasse

ÉVOLUTION DU NOMBRE DE COURSES (*)

Année France Grande-Bretagne Irlande  Total trois pays
2011 7.184 9.494 2.454 19.132
2021 7.061 10.354 3.081 20.496
-1,70% 9,10% 25,60% 7,10%

(*) Plat et obstacle confondus. Source France Galop, B.H.A., H.R.I.

Pourquoi la France résiste-t-elle ? En France, le nombre de naissance reste à peu près constant (chez les pur-sang anglais). Notamment grâce à ses primes. Mais aussi du fait que les propriétaires-éleveurs peuvent compter sur nos allocations pour ne pas trop perdre d’argent lorsqu’ils font courir. En Angleterre et en Irlande, il n’y pas de primes à l’éleveur, ce qui affecte fortement la base de la pyramide. Et lorsqu’on fait courir, le taux de couverture des frais y est grosso modo deux fois moins élevé qu’en France. Par ailleurs, l’investissement à consentir pour être compétitif en tant que vendeur dans les vacations anglo-irlandaises est beaucoup plus élevé que par le passé. Et Julian Richmond-Watson détaille : « Ici, trop de gens perdent trop d’argent. Ils ont donc arrêté. C’est aussi simple que cela. » La solution serait-elle de réduire la quantité de courses pour s’adapter au nombre de naissances, et donc de chevaux à l’entraînement ? Outre-Manche, les hippodromes et les bookmakers s’y opposent. En 2021, la T.B.A. a publié une étude assez passionnante sur les conséquences d’une éventuelle baisse des naissances. Le scénario est celui d’une baisse de 10 % des naissances en Grande-Bretagne et de 25 % en Irlande. Il ferait passer la moyenne des partants de 9,4 à 9,1 par course, à condition de réduire le nombre d’épreuves de 7,5 % d’ici à 2028 !