Le mot de la fin : attractivité

Le Mot de la Fin / 21.03.2022

Le mot de la fin : attractivité

Mardi, à Longchamp, s’est tenu le premier forum pour l’emploi organisé par l’Afasec. Plusieurs "patrons" ont témoigné dans la matinée. Voici quelques extraits choisis. (Épisode 3 sur 5)

Préférez-vous vous lever tôt, bosser dans un McDonald, cuire des burgers et rentrer chez vous en sentant la frite (mais sans l’avoir) ou vous lever à l’aube, aller dans une écurie, monter des chevaux et rentrer chez vous en sentant le poney (parfois mouillé) ? Il n’y a, a priori, pas d’hésitation à avoir. Pourtant, les métiers du cheval peinent à recruter et souffrent d’un turnover important. Pierre Pilarski n’a pas mâché ses mots sur le sujet : « Vous avez un turnover de 22 % : oui, c’est affreux. La restauration et l’hôtellerie sont plutôt à 100 % ! Ceux qui viennent deux ou trois ans chez nous restent à vie. Pourquoi restent-ils ? Certainement car on a pris un peu plus soin d’eux. Vous n’avez pas de problème d’attractivité par rapport à moi : tous les enfants rêvent cheval. Mais si vous demandez aux jeunes pourquoi ils partent, ils vous diront certainement qu’il y a une promesse qui a été faite et n’a pas été tenue. Vous n’arrivez pas à les garder ? Je pense que vous gagnerez à changer votre approche. Osez la formation continue par exemple : les jeunes qui travaillent chez moi en sont demandeurs et c’est hyper sympa pour eux. Notre monde a changé : certains diront que c’était mieux avant. Je ne suis pas certain que nous soyons des exemples. Inversons les choses : nous sommes des adultes et les décisionnaires. Ce sera plus facile de changer notre vision des choses que de changer les jeunes. Le problème est dans nos têtes... »

Concernant la formation, Thibaut Vautier, directeur général d’Adecco Training & Outsourcing et aussi d’Adecco Medical, a indiqué plus tard dans la journée : « Dans le secteur de la santé, les gens ont des diplômes. Mais les jeunes ont des attentes et ils ne veulent pas rester immobiles : il y a un vrai enjeu autour de la formation. C’est un enjeu de ressources humaines, pour garder nos collaborateurs. » Antoine Namand, PDG de Selecta, ajoutera : « Un collaborateur épanoui dans sa vie privée l’est aussi dans sa vie professionnelle. » Et suivre une formation, apprendre, peut grandement contribuer au développement personnel et à la confiance…