Le mot de la fin : Turnover

Le Mot de la Fin / 19.03.2022

Le mot de la fin : Turnover

Le mot de la fin : Turnover

Mardi, à Longchamp, s’est tenu le premier forum pour l’emploi organisé par l’Afasec. Plusieurs témoignages de patrons ont eu lieu dans la matinée. Voici quelques extraits choisis. (Épisode 2 sur 5.)

L’étude de l’Ifce sur l’attractivité des métiers des courses est sans appel : un turnover de 22 % par an (soit 22 % des salariés qui disparaissent de la filière)… Pierre Pilarski, avec ses franchises McDonald’s, connaît les problématiques liées au turnover, inhérentes à ce milieu. Il donne quelques pistes pour tenter de garder les employés :

« J’ai peur que demain, des entreprises ferment non pas en raison d’impayés, mais par manque de personnel. C’est terrible. Et c’est à nous de nous adapter. Voici donc quelques pistes :

- Le jour où l’on recrute, il faut laisser l’employé poser des questions. Vous pouvez lui désigner un parrain. Et quand il s’en va, demandez-lui pourquoi : vous apprendrez des choses aussi bien sur votre entreprise que sur vous-même.

- Les faire aller du plus sympa au moins sympa. Si vous embauchez quelqu’un et qu’il se retrouve à balayer la cour pendant trois semaines avant de passer à quelque chose, selon vous, de plus compliqué… il y a des chances qu’il n’y ait pas de quatrième semaine ! Aujourd’hui, cela ne me dérange pas d’essuyer des tables, mais serais-je franchisé si j’avais fait cela pendant trois mois à l’époque ? Pas sûr.

- Les générations X [nées entre 1960 et 1980, ndlr] et Y [les Millennials, entre 1980 et 1995, ndlr] étaient tournées vers la polyvalence. Cela ne sert à rien d’embrouiller les Z [nées après 1995, ndlr] avec les règles : il faut leur donner envie de rester chez nous. La perfection n’est pas de ce monde et c’est à vous de leur plaire, pas l’inverse. Il faut leur raconter une histoire – vous en avez tellement ! – mais pas des histoires. »

Un peu plus tard, c’est Thibaut Vautier, directeur général d’Adecco Training & Outsourcing, qui abondera dans le même sens : « Les jeunes ont des attentes différentes : il faut les comprendre et il faut s’adapter. Nous devons avoir une approche marketing et de communication basée sur le B to C [producteur au consommateur, ndlr], le consommateur étant ici le salarié. Les jeunes attendent par ailleurs un retour : le rôle d’un maître d’apprentissage est pivot dans l’intégration… et surtout dans la durée. Il faut s’adresser aux jeunes avec leurs codes : cash, power et fun ! Avec eux, on ne peut pas être dans le process : il faut être dans le partage. »