Le propriétaire de la semaine : José-Luis da Silva : « Infra Rouge sortait de l’ordinaire dès le pré-entraînement »

Courses / 30.03.2022

Le propriétaire de la semaine : José-Luis da Silva : « Infra Rouge sortait de l’ordinaire dès le pré-entraînement »

Dimanche, Infra Rouge a remporté le Prix Mitsouko III dans un style très prometteur, pour José-Luis da Silva, Ida Melloux et Patrick Joubert. Un premier succès à Auteuil pour José-Luis da Silva qui nous a livré les secrets de son parcours comme propriétaire.

Par Lou-Salomé Lellouche

Jour de Galop.– Vous attendiez-vous à ce que Infra Rouge soit aussi bon ?

José-Luis da Silva. – Dès le pré-entraînement, Béatrice Nicco m’a dit qu’Infra Rouge (Coastal Path) sortait de l’ordinaire. Lorsqu’il est arrivé à l’entraînement, Emmanuel Clayeux a confirmé ces dires, en affirmant qu’il s’agissait un cheval taillé pour Auteuil et qu’il irait "loin". D’ailleurs, Infra Rouge devrait s’aligner au départ d’une Listed, le 14 avril, à Auteuil [le Prix Philippe Ménager (L), ndlr].

Dans quel état d’esprit étiez-vous dimanche avant la course ?

Je ne vais pas dire que j’étais sûr de gagner car il y avait de bons chevaux au départ, mais j’étais assez confiant. Voir triompher Infra Rouge de cette manière m’a impressionné. Je peux vous certifier que le parquet de ma maison est solide car, avec ma future femme, nous étions comme des fous devant la télé ! Ce sont des émotions très fortes ! Cela nous fait vibrer… comme tout le monde je pense.

Comment avez-vous acquis Infra Rouge ?

J’ai acheté Infra Rouge avec Jacques Toulouse alors qu’il n’était pas encore né. Je suis attaché à la production de Coastal Path (Halling) car j’ai coélevé Bacardys (Coastal Path), qui est un super cheval chez Willie Mullins. C’est un double gagnant de Gr1 sur les haies anglaises. À l’époque, Éric Vagne m’avait associé sur la mère de Bacardys, Oasice (Robin des Champs). Mais je n’ai été impliqué que sur ce produit de cette jument. Je voulais également avoir une expérience chez les trotteurs : c’était important pour moi de découvrir cette discipline. D’ailleurs, j’ai toujours ma casaque au trot. Concernant Jacques Toulouse, c’est un ami qui est électricien et entrepreneur. Mon but est de continuer cette aventure en m’associant sur d’autres chevaux avec lui.

Avez-vous prévu d’élever à nouveau ?

Ma future femme adore l’élevage et nous avons deux poulinières : Déesse de l’Isle (Honolulu), qui est pleine de Cokoriko (Robin des Champs) et Rolibie de Vindecy (Roli Abi), pleine de Pour Moi (Camelot). Elles sont au haras de Cercy et devraient pouliner ces prochains jours. Ensuite, elles reviendront chez nous. Il y a peu de temps, j’ai acheté une douzaine d’hectares avec des boxes, des paddocks… Le but n’est pas de devenir éleveur mais simplement de "se faire plaisir".

Quelle est votre activité professionnelle ?

Je suis entrepreneur dans le bâtiment dans l’Allier et je fais également de la promotion immobilière. Mes parents sont portugais mais je suis né en France, à Moulins. D’ailleurs, mes couleurs sont un clin d’œil au Portugal. Ma future femme, Ida Melloux, qui est aussi associée sur Infra Rouge, a quant à elle presque les mêmes couleurs que Coco Chanel.

Comment êtes-vous arrivé aux courses ?

Au Portugal, toute ma famille possède des chevaux de course. Quand j’étais petit, j’allais en vacances là-bas et je côtoyais forcément beaucoup de chevaux. J’ai des cousins entraîneurs comme Diogo Teixeira. Il fait courir ses galopeurs à Porto et dans le sud du Portugal. Mais comme les allocations sont très faibles, il se déplace fréquemment en Espagne. Par la suite, je suis devenu propriétaire grâce à Éric Vagne. J’ai eu mon premier cheval avec lui. Il s’appelait Angle Droit (Okawango). Ensuite, j’ai eu des trotteurs pendant environ quatre ans, notamment chez Vincent Brazon, Bruno Marie et Jean-Philippe Ducher.

Comment avez-vous fait évoluer votre stratégie ?

Avant, j’achetais ou je louais "à tout va" et je n’allais pas forcément chez les top-éleveurs. Aujourd’hui, si vous regardez mes chevaux, ils viennent des cinq meilleurs éleveurs d'obstacle. Au fil du temps, ces personnes sont d’ailleurs devenues des amis. Quand vous prenez de bonnes origines, les résultats sont souvent là. Même s’il est vrai qu’on peut également rêver avec des origines modestes. Forcément, acheter de tels chevaux m’incite à investir plus d’argent. Mais cet investissement, je le retrouve dans les résultats…

Quelle est votre discipline préférée ?

Sans hésitation, celle du galop et tout particulièrement l’obstacle. C’est aussi car je réside dans une région où le cheval d’obstacle est roi. Je suis entouré de références, comme les familles Cyprès, de Lageneste… 

Vous êtes d’ailleurs parfois associé avec eux…

On s’amuse entre amis ! Nous partageons, les victoires, les gains mais aussi les risques. Tout a commencé avec Thierry Cyprès. Nous avons eu l’occasion de tous nous rencontrer à plusieurs reprises. Y compris le perchiste Renaud Lavillenie. Cette année, huit de nos chevaux doivent courir. Certains, comme Infra Rouge, seront vus à Auteuil.

Lorsque l’on se penche sur votre effectif, on remarque que vous n’avez qu’un unique cheval chez huit entraîneurs différents. Pourquoi ?

Je préfère répartir mon effectif, contrairement à ce que j’ai réalisé au départ. Je trouve qu’il est passionnant de travailler avec plusieurs entraîneurs et plusieurs éleveurs. J’apprécie tout particulièrement d’aller voir les chevaux à l'entraînement et les poulains dans les prés.

Quels sont vos objectifs ?

J’aimerais vraiment gagner le Grand Steeple-Chase de Paris (Gr1) dans les années à venir. Possible que j’atteigne ce rêve avec Infra Rouge… Remporter cette course et partager la victoire avec des amis serait vraiment un aboutissement extraordinaire.

Légende photo 2 - Infra Rouge CRÉDIT Scoopdyga