R. Schmidlin : Un Questarabad, on n’en croise pas 10 dans sa carrière !

Autres informations / 11.03.2022

R. Schmidlin : Un Questarabad, on n’en croise pas 10 dans sa carrière !

Régis Schmidlin : « Un cheval comme Questarabad, on n’en croise pas dix dans une carrière ! »

Il a annoncé dimanche, à Auteuil qu’il mettait un terme à sa carrière de jockey… deux mois après avoir décroché sa licence d’entraîneur. Régis Schmidlin va maintenant se concentrer sur l’entraînement à Pringy (77). Nous sommes revenus avec lui sur ses vingt années de compétition à cheval et sur la nouvelle carrière qui se présente à lui…

Par Christopher Galmiche

Jour de Galop. - Pourquoi arrêter votre carrière de jockey ?

Régis Schmidlin. - J’ai connu tellement de bons chevaux ! J’ai longtemps été attaché à une écurie en étant le premier jockey. Mais je n’avais plus cela. J’ai mis du temps à prendre cette décision. En revenant de Cagnes, je me suis dit qu’il fallait réfléchir. C’est vrai qu’il est compliqué d’être à la fois jockey et entraîneur tout en exerçant convenablement ces deux métiers. Désormais, je préfère me concentrer sur l’entraînement. Ma carrière de jockey est derrière moi, mais elle a duré vingt ans, ce qui n’est pas trop mal !

Au cours de votre carrière justement, deux entraîneurs ont compté particulièrement : Marcel Rolland et François-Marie Cottin. Quels sont les meilleurs souvenirs que vous partagez avec ces deux grands professionnels ?

Avec Marcel, c’est lorsque je suis arrivé chez lui à l’âge de 13 ans, en débarquant de mon Alsace natale. On m’a attribué l’écurie de Marcel Rolland à l’école et j’y ai fait mon apprentissage pendant quatre ans. Ensuite, tout s’est enchaîné. J’ai eu l’opportunité qu’il me donne ma chance en course. Car, à cette époque, il n’y avait pas beaucoup de jeunes qui montaient. Je n’avais que 16 ans et demi quand j’ai débuté en obstacle. C’était vraiment inespéré. Avec Marcel, nous sommes toujours restés en bons termes. Je le considère un peu comme mon père spirituel. Lorsque vous arrivez à l’écurie à 13 ans, vous êtes encore un enfant et vous choisissez vos modèles. Je pense sincèrement avoir bien choisi. Nous avons obtenu de belles victoires ensemble, avec la casaque Bryant et le regretté David Powell, qui m’ont donné ma chance très jeune. Mais le meilleur élément que j’ai monté c’est certainement Questarabad (Astarabad). Un cheval comme lui, on n’en croise pas dix dans une carrière. Lorsque vous arrivez dans le dernier tournant et que vous vous demandez comment vous allez faire pour ne pas gagner, c’est une sensation exceptionnelle ! Je suis resté longtemps chez Marcel Rolland, mais, à un moment, j’ai voulu voir autre chose. Cela a été difficile de le quitter car il m’a tout appris. Pourtant, j’ai pris mon courage à deux mains et je me suis rendu chez François-Marie Cottin. Nous avons collaboré sept années et cela s’est très bien passé. Il s’agit d’un entraîneur qui a toujours été très performant avec des chevaux qui n’étaient pas forcément de premier plan au départ. Un de mes meilleurs souvenirs avec lui concerne Roxinela (Muhtathir). C’est une jument que j’ai adorée, qui avait un caractère de mâle. C’était une combattante. Nous avons gagné aussi au niveau Gr1 avec Royale Flag (Nickname), une jument achetée à réclamer, Capivari (Yeats)… Nous avons remporté aussi de nombreux handicaps. C’était une très belle expérience. Au-delà de l’entraîneur, je le considère comme un ami et c’est un génie. J’ai eu beaucoup de chance de travailler pour ces deux entraîneurs. J’espère avoir appris beaucoup d’eux. Enfin, je tiens aussi à remercier tous les propriétaires qui m’ont fait confiance durant toute ma carrière !

On a l’impression qu’il y a eu une réelle alchimie entre vous, Marcel Rolland et François-Marie Cottin…

C’est comme cela que j’ai été éduqué, lors de mon apprentissage : rester attitré à une écurie et en être son fer de lance. Certes, il y a eu des hauts et des bas. Mais la fidélité ne s’est jamais érodée…

Comment êtes-vous arrivé dans le milieu hippique ?

À l’époque, je faisais du concours en Alsace et j’étais un peu chaud (rires) ! Quelqu’un a dit à ma mère : « Pourquoi tu ne l’envoies pas à l’école des courses ? » Et voilà comment j’ai atterri à Gouvieux. Évidemment, ce n’était pas facile, aussi loin de ma famille. D’ailleurs s’il y a une personne qui a toujours été derrière moi et qui a pleinement participé à ma réussite, c’est bien ma mère. C’est grâce à ma famille que j’ai tutoyé les sommets…

Avez-vous des regrets ?

Mon plus gros regret est de ne pas avoir gagné en Angleterre. J’y ai travaillé trois hivers, un chez Martin Pipe, à 17 ans, et deux chez Nicky Henderson. J’ai monté un peu pour ces deux entraîneurs. Ce sont de grands professionnels et cela m’aurait fait énormément plaisir de m’imposer là-bas d’autant que j’aime beaucoup l’ambiance des courses anglaises. Mais pourquoi pas aujourd’hui en tant qu’entraîneur ?

Quand allez-vous commencer votre carrière d’entraîneur ?

Nous sommes actuellement dans la phase administrative, mais j’espère que dans le courant du mois de mars, nous pourrons commencer. Je souhaite dans un premier temps avoir trois ou quatre chevaux pour débuter puis nous verrons la suite…