Surproduction ou sous-production ?

Courses / 03.03.2022

Surproduction ou sous-production ?

Va-t-on manquer de chevaux en Europe dans les années à venir ? Le débat a été lancé récemment outre-Manche. Le nombre de foals produits à l’échelle mondiale est en baisse constante : il est passé de 123.467 en 2005 à 84.267 en 2020. Et l’Europe suit la même tendance, comme le montre ce graphique (grâce aux données fournies par la Fédération des éleveurs). Cette évolution peut s’expliquer de plusieurs manières… et elle a de multiples conséquences. La base de propriétaires – à l’échelle globale – se rétrécit, à quelques exceptions près (comme en Irlande). Les coûts augmentant, une partie des éleveurs-propriétaires traditionnels a réduit ou arrêté (en Angleterre le phénomène est très net). Par ailleurs, le marché étant très sélectif, sur le temps long, les éleveurs commerciaux produisent moins. Mais ils essayent de monter en gamme. Or, dans le même temps, le nombre de courses au galop à travers le monde et en Europe n’a pas baissé. Au contraire même… Par ailleurs, le vieux Continent et les îles Britanniques sont un peu devenus le supermarché de l’Asie, de l’Australie et de l’Amérique pour acheter des chevaux à l’entraînement.

Nous avons donc (en Europe) peut-être été en légère surproduction du point de vue du marché. Mais pas en 2021, année où la demande a été très soutenue sur le marché public. Ce qui est certain, c’est que nous (l’Europe) avons un risque évident de sous-production dans les années à venir. Notamment pour avoir suffisamment de partants et donc font vivre l’économie du pari hippique (d’où les allocations). Dans cette tendance globale, la France s’en sort finalement plutôt bien…