BEREND VAN DALFSEN SUR TOUS LES FRONTS

13.04.2022

BEREND VAN DALFSEN SUR TOUS LES FRONTS

Avec les pur-sang anglais comme avec les pur-sang arabes, l'éleveur sans sol Berend van Dalfsen mène sa barque avec réussite et constance. 

Les Pays-Bas ne sont pas un grand pays de courses. Mais les Néerlandais ont le sens du commerce et de l'élevage. Et ils n'ont ni peur de voyager, ni de s'installer à l'étranger. Si vous voulez en avoir le cœur net, regardez le documentaire Golden Genes sur Netflix (sous-titré en français et en anglais). Il illustre bien la réussite des bataves dans l'élevage des chevaux de selle, des bovins, ovins, pigeons... Les rares qui se sont aventurés au galop y connaissent une belle réussite, à l'image de Cornelis Drost en obstacle, Gerardus Beemsterboer (écurie Melanie) ou de Paul Vandeberg, l'éleveur de Torquator Tasso (Adlerflug), qui a gagné l’Arc. Mais en France, on connaît surtout l'éleveur sans sol Berend van Dalfsen, un personnage discret mais dont la réussite sportive force le respect. Il a lui-même élevé avec succès des ovins pour la laine ou des bovins. Et il a d'ailleurs lancé un élevage d'Angus en France, à partir de souches Shadwell, lesquelles font partie des meilleures du monde…

 

Au sujet de sa découverte des courses hippiques, il explique : « Je travaillais à Paris, dans la filière céréales, et j'ai rencontré Xavier de Moussac. Par l'intermédiaire de ce contact professionnel, on m'a proposé de prendre une patte d'un cheval. Voici le point de départ. Mes premiers bons chevaux furent mes élèves Turtle Bowl (Dyhim Diamond), Lady Vettori (Vettori) et Irish Source (Irish River)… cela remonte aux années 1990. » Irish Source, gagnante du Prix de Lieurey (L), a fait souche pour Berend van Dalfsen. Elle est l'aïeule d'une dizaine de black types, dont Irish Wells (Sadler's Wells), double gagnant du Grand Prix de Deauville (Gr2). Lady Vettori, gagnante du Prix de Calvados (Gr3) et troisième du Prix Marcel Boussac (Gr1), a été vendue, donnant notamment le champion et grand étalon Lope de Vega (Shamardal) à son nouveau propriétaire. Mais Berend van Dalfsen a conservé sa fille Bal de la Rose (Cadeaux Généreux), gagnante du Prix André Baboin (Gr3), puis mère de Danceteria (Redoute's Choice), lauréat du Grosser Dallmayr Bayerisches Zuchtrennen (Gr1).

 

La réussite de Clara Bow. Le mois dernier, chez Tattersalls, Berend van Dalfsen a vendu Nooramunga (Siyouni) pour 270.000 Gns à Graham Smith-Bernal, alors qu'elle était pleine de Zarak (Dubawi). Berend van Dalfsen a été très inspiré en faisant saillir cette troisième du Prix Amandine (L) à l'étoile montante du parc français, tout comme il l'avait été en faisant confiance de très bonne heure à son père, Siyouni (Pivotal). Voir sa souche "maison" intégrer une institution aussi prestigieuse que Newsells Park Stud est une véritable consécration pour Berend van Dalfsen. Lorsqu'il a acheté la grand-mère Clara Bow (Top Ville), issue d'une belle souche Aga Khan et sœur d'un black type, il était difficile d'imaginer que sa descendance allait prendre une telle ampleur. Et c'est pourtant bel et bien ce qu'il s'est passé. Clara Bow est l'aïeule de 11 black types sur deux générations grâce au travail de l'éleveur. On lui doit notamment Turtle Bowl, gagnant du Prix Jean Prat (Gr1) – puis père deux lauréats de Poule d'Essai des Poulains (Gr1) –, mais également Age of Aquarius (Galileo), qui avait fait sensation à Deauville lorsqu'il était yearling et qui s'est notamment classé deuxième de l'Ascot Gold Cup (Gr1). Mercredi, Berend van Dalfsen nous a confié : « Je suis heureux de voir que Nooramunga rejoint un élevage qui connaît une telle réussite. Sous l'impulsion de Julian Dollar, Newsells a vraiment brillé aux courses comme aux ventes. Je voudrais les remercier d'avoir acheté Nooramunga. J'avais acheté la deuxième mère Clara Bow lorsqu'elle était yearling, par l'intermédiaire de Marc-Antoine Berghgracht, sur les conseils de Bernard Salvat qui m'a beaucoup aidé et conseillé. En particulier sur les croisements. Turtle Bowl a été très bien mis en valeur par François Rohaut. Il connaissait son cheval. Bernard Salvat n'avait pas assez de terres pour tout garder et il m'a donc mis en contact avec Jean-Marc et Cécile Lucas pour Clara Bow. C'est un éleveur qui a une belle réussite dans toutes les disciplines, pour son compte et pour celui de ses clients. »


Aussi chez les pur-sang arabes. Berend van Dalfsen est par ailleurs propriétaire ou copropriétaire de plusieurs juments pur-sang arabes qui sont elles aussi stationnées au haras du Berlais. C'est le cas d'Anastasya (Dormane), une gagnante de Gr1 PA qui avait déjà donné un lauréat de Gr1 PA au moment de son achat. Trouver ce type de juments arabes en vente publique est très rare et l'éleveur, bien conseillé, a eu le nez fin. Car elle lui a donné pas moins six black types, dont trois gagnants de Gr1 PA en Russie. Dimanche à Toulouse, la 3ans Ariadna (Dahess) s'est classée deuxième du Prix Ourour (L PA) sous les couleurs de Berend van Dalfsen. Aksinya (General), deuxième du Critérium des Pouliches (Gr2 PA), a été vendue à Son Altesse le cheikh Mohammed bin Khalifa Al Thani. Berend van Dalfsen nous a expliqué : « Anastasya produit des chevaux durs et qui durent… Quand les Qataris sont arrivés en France, les allocations des épreuves pour pur-sang arabes ont augmenté et des courses dédiées ont vu le jour lors des grandes réunions françaises. Cela m'a incité à me lancer dans cette race. »

× Votre téléchargement est bien en cours. S’il ne se complète pas, cliquez ici.