Nazlia, la poulinière en or de Bénédicte Ferry

Élevage / 27.04.2022

Nazlia, la poulinière en or de Bénédicte Ferry

Tomber sur une mère de quatre black types dès sa troisième poulinière, ce n’est pas courant. C’est pourtant ce qui est arrivé à Bénédicte Ferry Abitbol, coéleveur du bon Djo Français. Cette ancienne vétérinaire, passée par l'Ifce, nous a dévoilé cette remarquable histoire...

Par Adrien Cugnasse

Issue des sports équestres, Bénédicte Ferry Abitbol est une spécialiste des questions sanitaires. Elle fut responsable nationale des étalons nationaux mais aussi "conseil scientifique" dans plusieurs instances de la filière. Avec Camille Vercken, elle a notamment fondé la société Equiways : « C’est véritablement lors de mes années au sein de l'Ifce que j’ai découvert les courses au trot et au galop. Le professionnalisme et le sérieux de cet univers m’ont séduite, en comparaison avec celui du CSO et du CCE… Les courses, c’est un milieu moins opaque et aussi plus "carré", sur le plan sanitaire par exemple !

Après avoir pratiqué les sports équestres, j’ai élevé quelques chevaux de sport. Mais, face au manque de transparence et à la longueur du cycle de production, j’ai décidé de passer aux courses, et plus précisément au pur-sang anglais. Dans un premier temps avec des juments assez modestes. Mais, sans surprise, cela ne fut pas concluant. Cela m’aura toutefois permis de comprendre qu’il fallait investir dans une certaine qualité pour que le jeu en vaille la chandelle. Pour un éleveur amateur comme moi, le fait de travailler avec des professionnels est d’un grand confort. Et cela se passe bien car j’ai trouvé des personnes avec lesquelles il est possible de travailler en confiance. »

Deux amies pour une jument. Après avoir essayé – au début des années 2010 –, deux juments différentes sans succès, Bénédicte Ferry Abitbol décide d’investir dans une poulinière de meilleure qualité : « J’ai acheté Nazlia (Polish Precedent) sur les conseils de Tangi Saliou et je ne le remercierai jamais assez ! Je l’ai acquise en association avec une amie âgée de 89 ans, Lylia Cadet, qui a monté en dressage et découvre ainsi le monde de l’élevage. À ce stade, la production de Nazlia n’avait pas encore "percé" et elle avait déjà donné trois produits. C’était une belle jument, issue d’une bonne souche Aga Khan, qui avait gagné deux courses à 3ans avant de courir au niveau Listed et de vraisemblablement s’accidenter à cette occasion. »

Quand les choses tournent dans le bon sens, l’élevage peut devenir une activité merveilleuse. Et les premiers produits de Nazlia, nés pour le compte de son propriétaire précédent (Antoine Fontaine), sont "sortis" : Keira (Turtle Bowl) a gagné quatre courses, Shutterburg (Soldier of Fortune), bien connu dans le Défi du Galop, a remporté le Grand Prix de Bordeaux (L) alors qu’Anahita ** (Turtle Bowl) s'est classée deuxième des Balanchine Stakes et troisième des Cape Verdi (Grs2).

Les croisements d’Aliette Forien. Bénédicte Ferry Abitbol poursuit : « Lors de son achat, Nazlia était pleine de Turtle Bowl (Dyhim Diamond) et le produit à naître, le premier pour notre association, était Lakalas (Turtle Bowl), deuxième du Prix de Psyché (Gr3) et troisième du Prix de la Nonette (Gr2)… » Après Lakalas, Nazlia a donné plusieurs produits qui ont été malheureux avant de donner naissance à Djo Français** (Intello), lauréat du Prix de Montaigu. Il n’a jamais terminé plus loin que troisième en neuf sorties, remportant notamment le Prix de Saint-Patrick et le Prix Jacques Laffitte (Ls) dans le style d’un cheval de Groupe. « La jument est chez moi et je m’en occupe au quotidien. Mais je suis restée fidèle au haras de Montaigu qui a présenté tous ses foals et yearlings en vente. Il faut aussi souligner le fait que c’est Aliette Forien qui a fait les croisements des meilleurs produits de Nazlia ! » La poulinière a une 2ans : La Diva d'Alben (Wings of Eagles) : « Nous l’avons conservée pour être certaines d’avoir une femelle de notre poulinière qui a déjà 19ans. Elle est à l’entraînement chez Markus Nigge et tout se passe très bien. Comme un certain nombre de chevaux de cette famille, elle n’est pas particulièrement précoce. »

La famille prend de l’ampleur. Depuis son achat, la page de catalogue de Nazlia s’est considérablement noircie. Outre le fait qu’elle a elle-même donné quatre black types en première génération, sa fille, Keira, a produit Aubevoye (Le Havre), gagnant du Prix Pelleas (L), et surtout Port Guillaume (Le Havre), vainqueur du Prix Guillaume d'Ornano - Haras du Logis Saint-Germain (Gr2) suite à sa cinquième place dans le Prix du Jockey Club (Gr1). Par ailleurs, la proche famille a également récemment donné No Limit Credit (Night of Thunder), gagnante du Schwarzgold- Rennen (Gr3) et sept fois sur le podium au niveau Groupe, dont les 1.000 Guinées allemandes (Gr2) et le Grosser Dallmayr - Preis-Bayerisches Zuchtrennen (Gr1).

 

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