Cinq garçons dans le vent

International / 17.06.2022

Cinq garçons dans le vent

C’est LA course américaine… Peut-être même LA course, tout simplement ! Le nom et la renommée du Kentucky Derby dépassent les frontières. Même ceux qui ne connaissent rien à notre sport ont probablement entendu parler du Kentucky Derby et de Secretariat, son plus grand gagnant. Peut-être dès l’enfance, en lisant la série de livres de L’Étalon Noir. La légende des courses s’est écrite et s’écrit toujours entre les célèbres Twin Spires de Churchill Downs.

Samedi, 20 poulains seront au départ du Run for the Roses, s’élanceront pour The Most Exciting Two Minutes in Sports. La France sera bien représentée : un quart des jockeys au départ sont français ! Trois sont installés aux États-Unis et cartonnent : Flavien Prat, Florent Géroux et Julien Leparoux – qui est aussi américain désormais ! Un autre, Christophe Lemaire, fait le déplacement de son Japon d’adoption. Et le grand voyageur Mickaël Barzalona sera aussi de la partie. Nous n’avons pas résisté à l’envie de leur demander une discussion, tous ensemble, en visioconférence. Adversaires en piste, mais bons camarades avant tout ! Et ils nous parlent, entre sérieux et blagues, de cette course mythique.

Samedi soir – ou dimanche matin –, à 00 h 57, nous serons devant le Kentucky Derby en criant "Allez France" !

Par Anne-Louise Échevin

Jour de Galop. – Vous êtes cinq jockeys français au départ du Kentucky Derby. Deux d’entre vous – Florent et Flavien – l’ont déjà gagné et, Julien, vous êtes le plus expérimenté avec treize participations à la course. Quels conseils pouvez-vous donner à un jockey français qui monte le Kentucky Derby pour la première fois ?

Florent Géroux. – Déjà, prévoir beaucoup de lunettes au cas où il se retrouve à l’arrière-garde à prendre toutes les projections (rires) ! Il n’y a pas vraiment de préparation. Même nous, qui participons tous les jours à des courses américaines, ne sommes pas en mesure d’anticiper un Kentucky Derby : c’est une course trop unique. Il y a 20 partants : la plupart des autres courses américaines ont plutôt dix partants. Il faut ajouter à cela le nombre de fans qui participent à la course : plus de 160.000 personnes sur un hippodrome plein à craquer… Les chevaux doivent s’adapter à la pression, les jockeys aussi : parfois, ils peuvent craquer, avancer trop tôt ou trop tard. Mais je pense qu’on a un bon groupe de jockeys cette année, avec de l’expérience dans les plus grandes courses du monde. Si j’ai quelque chose à leur dire, c’est bonne chance ! J’espère qu’ils auront un bon parcours et arrivera ce qui arrivera !

Flavien Prat. – La première fois que j’ai monté le Kentucky Derby, c’était quelque chose d’atypique : je n’avais jamais monté une course devant autant de monde. C’est plein à craquer, qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige… Même s’il ne neige pas normalement !

Julien Leparoux. – Si, il peut neiger, ce n’est pas impossible (rires) !

Flavien Prat. – Il y a un monde fou, une ferveur incroyable que je n’avais jamais connue auparavant. Je n’avais jamais monté en Angleterre, au Japon ou en Australie et jamais participé à un événement comme cela. J’ai vraiment "pris mon pied", même si je n’avais pas gagné. C’est quelque chose d’inoubliable.

Flavien Prat

Nombre de participations au Kentucky Derby : 4

Meilleur classement : 1er, avec Country House en 2019 (sur tapis vert)

Cheval 2022 - Meilleure performance : Zandon (Upstart) - 1er Blue Grass Stakes (Gr1)

Entraîneur : Chad Brown

Corde : 10

Cote : environ 3/1

Que ressent-on, avec ce départ devant des tribunes prêtes à exploser et l’enthousiasme bien connu des Américains ?

Flavien Prat. – Devant les tribunes, on est concentré sur notre course. On se rend compte de l’ampleur de l’événement lors du show qu’il y a avant la course, en se rendant au paddock, le défilé. Une des particularités de Churchill Downs est que les tribunes sont vraiment près de la piste et hautes : on a l’impression d’être dans une arène. Je pense que la façon dont les tribunes sont construites participe à l’atmosphère.

Julien Leparoux. – Le Kentucky Derby est différent de tout. Je pense que si je dois trouver quelque chose qui s’en rapproche, c’est peut-être le Japon, mais je n’ai pas couru d’autres épreuves avec autant de monde. Le Kentucky Derby reste à part : les Américains ne font pas comme les Japonais au niveau ambiance. Il y a de la musique partout, du monde partout, des tribunes pleines à craquer. Je n’ai pas vraiment de conseil à donner sur comment monter la course. Mais je conseille à ceux qui vont la monter pour la première fois, comme Christophe et Mickaël, de profiter à fond. Une fois derrière les boîtes, on se concentre. Il faut vivre l’avant-course, qui est si impressionnante : le défilé avec la musique My Old Kentucky Home… Pour mon premier Kentucky Derby, j’avais le numéro 1 et je suis rentré en premier sur la piste pour le défilé. Cela donne vraiment des frissons.

Christophe Lemaire. – Je crois que ces courses-là sont incomparables : elles ont une identité propre à chaque pays. Une Breeders’ Cup va peut-être rappeler une journée d’Arc de Triomphe. Mais un Kentucky Derby ou une Melbourne Cup portent vraiment l’identité d’un pays. Elles sont particulières, il y a un cérémonial propre à chaque pays, voire même des boissons propres à chaque pays. Je ne sais plus exactement le nom de celle du Kentucky Derby…

Julien Leparoux. – Le Mint Julep !

Christophe Lemaire. – Voilà ! À Ascot, c’est le Pimm’s par exemple. Il y a vraiment une identité sur de telles courses, je trouve cela vraiment intéressant. Personnellement, participer au Kentucky Derby est une chance incroyable et je suis comme un gamin qu’on emmène à Disneyland. J’ai monté beaucoup de grandes courses dans le monde entier, mais le Kentucky Derby est vraiment une course particulière. Pour un jockey européen ou asiatique, c’est une grande chance de pouvoir participer à une telle course ! Je suis ravi !

Florent Géroux

Nombre de participations au Kentucky Derby : 5

Meilleur classement : 1er, avec Mandaloun en 2021 (après disqualification de Medina Spirit… en février 2022)

Cheval 2022 - Meilleure performance : Cyberknife (Gun Runner) - 1er Arkansas Derby (Gr1)

Entraîneur : Brad Cox

Corde : 16

Cote : environ 20/1

Pour vous, Mickaël, c’est une première dans le Kentucky Derby mais aussi sur le dirt américain en compétition. Pour vous, Christophe, c’est presque une découverte du dirt américain : vous avez monté une seule fois sur le dirt… à Santa Anita, en 2001, dans une course à conditions !

Mickaël Barzalona. – Oui, c'est une découverte. Cela va être différent du dirt de Dubaï mais on va essayer de s’adapter. Pour nous, Européens, le Kentucky Derby est une course que l’on regarde à la télévision en se disant que l’on aura peu d’occasions de pouvoir y participer. Quand on voit l’engouement là-bas, d’autant plus que l’on suit les jockeys français expatriés, on est content de pouvoir participer à l’événement.

Christophe Lemaire. – J'ai monté plusieurs fois aux États-Unis, notamment des Breeders’ Cups, mais une seule fois sur le dirt, c’est vrai. Je m’en souviens très bien, il y avait aussi Fred Sanchez dans la course. C’est Corey Nakatani qui s’imposait, son cheval avait attendu et, quand il est venu, il m’a un peu envoyé dans le décor ! Résultat : on avait fini parmi les derniers…

Le Kentucky Derby 2022 s’annonce très ouvert. Mickaël va monter un poulain qui sort vite des stalles et va devant, comme Julien. Florent, vous avez un poulain qui se monte plutôt en embuscade, pareil pour Christophe. Et Flavien, le vôtre vient de gagner les Blue Grass Stakes (Gr1) après avoir attendu en dernière position. Avez-vous déjà un plan en tête ?

Mickael Barzalona. – Summer Is Tomorrow a beaucoup de vitesse. On essaiera de faire comme d’habitude, en allant près de la tête. Après, ce n’est pas comme à Dubaï là-bas : il y a de la guerre au départ ! Mais avec le numéro 4, je vais tenter de profiter de la vitesse de mon poulain.

Flavien Prat. – Zandon manque un peu de vitesse en partant. Mais c’est sa façon de courir et il est bien ainsi. Il faudra voir comment tout cela se déroule. Quand on vient de l’arrière comme lui, il faut gérer les projections, il y a les aléas de trafic, on se retrouve un peu victime de tout cela. Avant le coup, il a quand même une bonne chance.

Julien Leparoux. – Classic Causeway a beaucoup de vitesse mais j’ai un numéro à l’extérieur [le 17, ndlr], ce n’est pas super pour lui. Sa défaite dans le Florida Derby (Gr1) a été un choc mais il s’était déplacé le voile du palais. On va voir ce qu’il peut faire dans le Derby. Il faudra se sortir du numéro de corde mais normalement, je vais aller aux avant-postes.

Florent Géroux. – Cyberknife se monte plutôt en troisième ou quatrième position. Ceci étant dit, il y a plus de partants dans le Kentucky Derby, donc il sera peut-être un peu plus loin, mais je vais essayer de l’envoyer de l’avant, pour que nous ne nous retrouvions pas trop loin. Il est sympathique à monter, facile, se détend bien. Le numéro de corde à l’extérieur n’est pas un problème. Julien est à mon extérieur avec un cheval plus rapide, donc je vais essayer de le suivre !

Julien Leparoux. – Je vais partir à gauche (rires) !

Florent Géroux. – Non, c’est moi qui pars à gauche ! Quoique le mien part parfois à droite… Non, je rigole !

Christophe Lemaire. – On va essayer de ne pas se faire des croche-pattes !

Julien Leparoux

Nombre de participations au Kentucky Derby : 13

Meilleur classement : 4e (avec Classic Empire, en 2017)

Cheval 2022 - Meilleure performance : Classic Causeway (Giant Causeway) - 1er Tampa Bay Derby (Gr1)

Entraîneur : Brian Lynch

Corde : 17

Cote : environ 30/1

Christophe, vous serez associé à un cheval japonais qui va devoir s’adapter au dirt américain et au rythme de course… Vous risquez d’avoir besoin de pas mal de lunettes !

Christophe Lemaire. – Visiblement, il va y avoir du train ! Donc je vais attendre derrière, tranquille. Crown Pride ne va probablement pas être le plus rapide de la course en partant. Et le danger avec les chevaux étrangers qui vont courir sur le dirt aux États-Unis, c’est de vouloir suivre dès le départ, de les mettre en surrégime et de les faire s’asphyxier rapidement. Les chevaux japonais ont quand même l’habitude de partir assez vite. À Dubaï, il s’est retrouvé tout de suite dans le groupe de tête et a bien suivi le rythme. Je ne pense pas qu’il devrait être trop débordé, même en début de parcours. Mais je ne pense pas qu’il puisse aller tout de suite devant. Il faudra les bonnes roues, tenter de prendre le moins de projections possible. Après, j’ai regardé les vingt dernières éditions du Kentucky Derby et tout dépend des fractions. Je vais espérer que ça aille vraiment très vite ! Il y a beaucoup d’inconnues, comme le dirt de Churchill Downs et le tracé. C’est difficile d’anticiper.

Florent Géroux. – Christophe, déjà, il va attendre la sonnette en sortant des boîtes (rires) ! [Crown Pride a fait tomber son cavalier le 22 avril, étant surpris par la sonnerie qui accompagne l’ouverture des boîtes et qui n’existe pas au Japon, ndlr]

Christophe Lemaire. – Oui, je vais déjà attendre le départ (rires) ! Le mien, l’autre jour, il a trébuché en sortant des boîtes… Je vais essayer de prendre un départ normal (rires) ! Puis éviter les coups : ceux qui sont à la corde veulent aller à l’extérieur, ceux qui sont à l’extérieur à la corde. Donc avec le sept, je suis au milieu de tout ça !

Flavien Prat. – On veut tous prendre un bon départ et bien se placer mais, avec 20 partants, nous savons que nous n'aurons pas tous la position que nous souhaitons. Je vais essayer de prendre un bon départ, de trouver la meilleure position possible et d'avoir mon cheval bien dans son rythme.

Christophe Lemaire

Nombre de participations au Kentucky Derby : 0

Meilleur classement : -

Cheval 2022 - Meilleure performance : Crown Pride (Reach the Crown) - 1er UAE Derby (Gr2)

Entraîneur : Koichi Shintani

Corde : 7

Cote : environ 20/1

Est-on obligé d’aller de l’avant pour gagner un Kentucky Derby ?

Flavien Prat. – Non, je ne pense pas qu’on soit obligé d’aller devant. Mais il est certain que c’est mieux d’être aux avant-postes, comme dans la plupart des grandes courses à mon sens. Il est certain qu’en étant devant dans un Kentucky Derby, on évite les projections et on prend moins de coups. Mais absolument devant pour gagner, non.

La particularité du Kentucky Derby est toute la montée en pression vers l’événement. La course ne commence-t-elle pas en réalité plusieurs jours avant, quand tout le monde arrive à Churchill Downs ?

Julien Leparoux. – Le Kentucky Derby, c’est toute une semaine. Cela a commencé samedi, premier jour du meeting. Il y a beaucoup de monde le matin. Tous les soirs, il y a des choses à faire pour des œuvres de charité par exemple. C’est une semaine qui est très chargée et c’est vraiment sympa.

Florent Géroux. – C’est particulier, vraiment différent de la semaine de la Breeders’ Cup par exemple.

Julien Leparoux. – C'est la course des États-Unis ! Le public suit les courses préparatoires avec attention, prend le nom des chevaux, des jockeys. Les gens viennent le matin, ce qu’ils ne font pas forcément tout le long de l’année. Il y a une forte présence médiatique, c’est assez énorme.

Et comment prépare-t-on un poulain à tout cela ? On voit souvent les chevaux américains posés, calmes. Comment sont-ils préparés à ne pas "exploser mentalement" face à tant de pression ?

Florent Géroux. – Certains ne s’y adaptent pas…

Flavien Prat. – Les chevaux américains ont quand même de l’expérience quand ils arrivent au Kentucky Derby. Ils ont en général beaucoup plus couru qu’un poulain qui va sur le Jockey Club, par exemple, et qui peut n’avoir couru que deux ou trois fois. Dans le Kentucky Derby, ils ont couru quatre, cinq ou six fois. Ils ont été un peu partout aux États-Unis, ils ont couru à 2ans. Ils ont plus de maturité et s’adaptent beaucoup mieux.

Vous vous entendez tous visiblement bien et, samedi, vous serez tous adversaires. Quel est votre état d’esprit en vous retrouvant tous pour le Kentucky Derby ?

Florent Géroux. – Je crois que c’est la première grosse course américaine avec cinq jockeys français et on a tous plus ou moins une chance. Je pense que les autres jockeys vont quand même se regarder et se dire "bon, il y a cinq Français et il y a quand même possibilité qu’un ou deux nous embêtent !" Je ne dis pas qu’ils ont raison, mais si je peux aider un de mes compatriotes dans la course, je le ferai plus volontairement que pour un autre jockey ! (rires de tous)

Christophe Lemaire. – On se retrouve à cinq jockeys français dans LA course américaine… Cela montre au monde entier que les jockeys français ont un certain talent et sont présents dans les grands événements, comme cela a été le cas en Arabie Saoudite ou à Dubaï.

Savez-vous combien de Grs1 cumulés vous avez gagnés ?

Flavien Prat. – Aucune idée !

Christophe Lemaire. – Oula !

Florent Géroux. – On doit savoir à peu près combien on en a gagné individuellement… Il faut juste être bon en maths ! 300 ?

Mickaël Barzalona. – Environ 250 non ?

Mickaël Barzalona

Nombre de participations au Kentucky Derby : 0

Meilleur classement : -

Cheval 2022 - Meilleure performance : Summer Is Tomorrow (Summer Front) - 1er Al Karama Stakes, 2e UAE Derby (Gr2)

Entraîneur : Bhupat Seemar

Corde : 4

Cote : environ 30/1

Oui, environ 250…

Florent Géroux. – C’est Flavien, il traine… (rires de tous)

Flavien Prat. – C’est Christophe qui en a le plus non ?

Florent Géroux. – En même temps, c’est le plus vieux !

Christophe Lemaire. – Je dois en avoir à peu près le même nombre en France et au Japon… Plus quelques-uns à l’étranger… Sept Grs1 à Newmarket quand même !

Vous avez gagné quelques-unes des plus grandes courses du monde : Kentucky Derby… mais nous avons aussi un gagnant de Derby d’Epsom…

Florent Géroux. – Oui, on se souvient de la photo finish ! À ne pas faire ! (rires)

Mickaël Barzalona. – No comment… (sourire)

Christophe Lemaire. – Le Derby d’Epsom, c’est quand même quelque chose d’incroyable ! C’est rare, c’est mythique, légendaire. Pour moi, il y a quatre courses qui se détachent de toutes les autres : le Kentucky Derby, le Derby d’Epsom, l’Arc et la Melbourne Cup. Quand tu as gagné une de ces quatre-là, c’est magnifique…

Mickaël Barzalona. – Et la Breeders’ Cup Classic, quand même, qui n’est pas facile à gagner ?

Flavien Prat. – Elle a un peu moins d’histoire, je la trouve un peu "en-dessous"…

Des quatre courses précitées, il vous manque l’Arc… Peut-on imaginer un cheval américain au départ de l’Arc ?

Florent Géroux. – Je ne pense pas que ça les intéresse… Déjà, c’est juste avant la Breeders’ Cup et l’entourage du cheval, pour le même prix, peut courir un mois après sur place. Pourquoi se déplacer en France ?

Julien Leparoux. – Je ne sais pas si on a les chevaux pour gagner un Arc, de toute façon ?

Florent Géroux. – Je ne vois pas trop comment faire avec un cheval américain : ici, on ne court que corde à gauche, donc les mettre corde à droite, c’est très compliqué. Et, en plus, sur un hippodrome comme Longchamp qui monte et qui descend… Il faut s’adapter.

Julien Leparoux. – Il faut l’emmener à Kentucky Downs avant !

Florent Géroux. – Oui, Kentucky Downs mais à l’envers…

Les chevaux américains peuvent tout de même s’adapter, non ? Par exemple, Julien, vous avez gagné les Queen Anne Stakes avec Tepin : pourtant, on ne trouve pas beaucoup de mile en ligne droite aux États-Unis !

Julien Leparoux. – C'est certain, mais nous étions confiants sur le fait qu’elle allait bien courir. Pas forcément gagner, mais nous savions que nous n'allions pas finir derniers à 500m. C’était le mile : 2.400m, c’est quand même différent. Nous n’avons pas beaucoup de courses pour savoir si on a un cheval pour l’Arc ou non. Je me souviens que Steve Asmussen, à l’époque, avait voulu emmener Curlin. Il l’avait couru à Belmont, il était battu et ils n’y sont pas allés. C’est difficile. Mais ce serait sympa de tenter.

Florent Géroux. – J’adorerais monter un Arc, un Jockey Club ou un Diane ! Mais c’est difficile en étant basé en Amérique. Notre seule chance est d’avoir un propriétaire américain pour qui on a l’habitude de travailler, qui a des chevaux en France et qui nous fasse venir… Je ne pense pas que Jean-Claude Rouget, André Fabre ou Francis-Henri Graffard pensent à nous… Il y a beaucoup de jockeys en France et peut-être qu’on se dit que nous sommes rodés pour les courses américaines désormais. Mais ce serait génial !

 

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