Le magazine : les 6 secrets de la réussite Papot

Courses / 24.05.2022

Le magazine : les 6 secrets de la réussite Papot

Douze fois tête de liste des propriétaires français, lauréate des neuf Grs1 du calendrier tricolore, premier auteur du doublé Grande Course de Haies - Grand Steeple depuis la marquise de Moratalla en 1993… La famille Papot domine outrageusement l’obstacle national. Mais quel est son secret ? Nous en avons identifié six.

Par Christopher Galmiche

Écouter les meilleurs

« J’ai eu la chance de croiser Guillaume Macaire et Benoît Gabeur, nous confiait Xavier Papot l’an dernier. Ils m’ont appris, j’ai écouté. Je pense que les propriétaires, pour qu’ils se sentent dans le match, doivent apprendre. Il faut les former. » Après avoir eu comme premier cheval Princesse Étoilée (Djarvis), qui a gagné à Auteuil en 1987 sous l’entraînement de Yannick Fertillet, l’écurie Papot s’est orientée un peu plus tard vers les jeunes chevaux, sur les conseils de Benoît Gabeur. C’était la première marche pour construire une grande écurie.

Penser en équipe

Tout le monde connaît "L’union fait la force". Mais on peut aussi le dire autrement : l’intelligence est collective. « Pour moi, les courses sont un travail d'équipe. Il y a l'entraîneur, le jockey et le propriétaire. Et personne n'est au-dessus de l'autre. Il faut que chacun apporte ses réflexions. Le propriétaire a le temps d'étudier les courses, peut-être plus que l'entraîneur qui a plus de chevaux et plus de personnes à gérer. Je crois beaucoup au travail. Le plaisir du propriétaire, c'est aussi toutes ces discussions d'avant course. N'a-t-on pas parfois autant de plaisir dans la préparation que dans la victoire ? »

Élever pour gagner

Le marché des foals a explosé ces dernières années. Dans ce contexte haussier et de plus en plus concurrentiel, les Papot ont joué la carte de l’élevage en achetant d’excellentes poulinières comme la gagnante de Groupe Victoire des Borde (Antarctique), Rodika (Kapgarde), la mère d’Highway to Hell  (No Risk at All), lauréat de la Grande Course de Haies de Compiègne (Gr3), Nile Altesse (Turgeon), descendante de la fameuse Néoménie (Rheffic), et La Sulfureuse (Saint des Saints), troisième du Prix Sytaj (Gr3). Ils ont aussi conservé Dalia Grandchamp (Kapgarde), gagnante du Prix The Fellow (Gr3) et sur le podium de trois Grs1 sous leurs couleurs. En très peu de temps, les "vert et bleu", suffixe de la famille Papot en élevage, ont réussi, ce que l’on a encore constaté dimanche avec la victoire de Losange Bleu (Martaline) dans Prix Aguado (Gr3). Son frère Losange Vert (Montmartre) avait été le premier lauréat de Groupe pour la famille Papot dans la colonne "éleveur".

Saisir les opportunités

En plus d’avoir lancé un élevage performant en quelques années seulement, la famille Papot continue d’acheter des chevaux clés en main lorsqu’une belle opportunité se présente. C’était notamment le cas d’Impressive (Kapgarde), l’un des meilleurs 3ans de sa promotion en 2021 et deuxième du Prix Ferdinand Dufaure (Gr1) ce dimanche. Il avait été acquis suite à sa promenade de santé dans le Prix d’Essai des Poulains 2021 pour la casaque Gabeur.

Choisir (le steeple), sans craindre de "renoncer"

La famille "vert et bleu" privilégie le steeple, comme nous l’avait confié Xavier Papot. C’est celle qui représente l’essence même de l’obstacle, comme le pense aussi la majorité des professionnels britanniques. D’ailleurs, en Angleterre et en Irlande, les claies ne sont qu’une étape avant d’aller sur le steeple, sauf si un cheval n’aime pas les fences.

L’idée est de se concentrer sur un domaine en particulier, et de devenir le meilleur dans son domaine, grâce à la focalisation. Bien sûr, cela passe par certains sacrifices ou renoncements. En l’espèce : de moins bons résultats en haies ; les Papot ont attendu 2022 pour enlever leur première Grande Course de Haies d’Auteuil (Gr1).

Et se faire plaisir (le cross)

Que l’on investisse dans les courses à titre de loisir ou à titre professionnel, il ne faut jamais négliger le plaisir… car il reste un formidable moteur. Autre spécialité qui tient à cœur à la famille Papot : le cross. À l’honneur à Craon ou au Lion-d’Angers, elle n’hésite pas à reconvertir des chevaux de classe dans ce sport populaire. C’est ainsi qu’Otchoa Rouge (Diamond Boy), lauréat sur les haies de Compiègne pour François Nicolle à l’âge de 4ans, est parti chez Patrice Quinton pour lequel il est devenu l’un des meilleurs chevaux de cross. Il sera d’ailleurs en lice dans l’Anjou-Loire Challenge (L) jeudi.

 

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