Unique

Courses / 18.05.2022

Unique

Qu’on le veuille ou non, Gérald Mossé est définitivement un homme à part. Si vous voulez vous en convaincre, livrez-vous – comme nous l’avons fait – à cet exercice : cherchez quelqu’un, au sein de notre univers, qui lui ressemble. Vous ne trouverez pas.

Alors comment définir cette originalité ? Pas facile car ce qui rend Gérald Mossé unique est un mélange de choses très variées... Il y a bien sûr sa longévité, son palmarès, son itinérance, son talent. Mais il faut y ajouter une manière à la fois précise, châtiée et fleurie de s’exprimer, parfois à la limite de l’affectation ; l’impression qu’il donne d’être à l’aise partout et avec tous, des plus grands aux plus petits, en évitant le piège de l’impolitesse ; une élégance et un snobisme assumés ; un humour qui voisine avec ce que d’aucuns considèrent comme de la prétention. Sans oublier cette paire de gants blancs devenue aussi célèbre que lui.

Le monde dans lequel nous vivons aime enfermer les gens dans des cases. Celle de jockey semblerait toute trouvée pour Gérald Mossé. Mais observez-le bien, avant et après la course. Ne ressemble-t-il pas plutôt à un propriétaire ou à un entraîneur ? Il fait même penser aux grands acteurs des courses du temps jadis. Gérald Mossé n’est pas un énième personnage de série télévisée à moitié bidon, inspiré par des sportifs de haut niveau parfois (pas toujours, soyons honnêtes) aussi creux sur le fond que sur la forme ; non, Gérald Mossé a de la forme et du fond, et il a su s’élever dans tous les sens du terme, en observant et en imitant ceux qu’il jugeait meilleurs que lui (pas seulement à cheval, mais aussi et peut-être surtout, ceux dont il admirait l’art de vivre) pour devenir ce qu’il est.

On le croirait sorti d’un roman du XIXe siècle. Mais là encore, on hésite. Balzac ou Huysmans ? L’ambitieux Eugène de Rastignac ou le dandy Jean des Esseintes ? Un peu des deux, sans doute.

À lire ce soir dans Jour de Galop, et nulle part ailleurs !