Big in Japan #7 : d’un Derby l’autre…

Courses / 03.06.2022

Big in Japan #7 : d’un Derby l’autre…

C’est la période des Derby. Ceux du Kentucky et du Japon sont passés, le Derby d’Epsom et le Jockey Club arrivent. Christophe Lemaire les a tous montés et, dans l’épisode 7 de Big in Japan, il partage avec nous ses souvenirs et impressions de Derby. Tous uniques. C’est à écouter ici : https://www.jourdegalop.com/podcasts )

Derby japonais : le rendez-vous des passionnés

« La course fait toujours le plein, avec 18 partants… Il y a même des éliminés avec les poulains n’ayant pas assez de gains. Tous les entourages veulent le courir donc nous sommes toujours 18 ! Au Japon, pour le public, les deux courses les plus populaires sont l’Arima Kinen, fin décembre, et le Derby. Petite chose : dans les Grs1 au Japon, les tapis de selle sont normalement violets. Pour le Derby, il est blanc… Je ne sais pas pourquoi ! Normalement, les tapis blancs sont pour les maidens… Dimanche, Yutaka Take gagne pour un propriétaire, monsieur Matsushima, qui est son admirateur et son ami : je pense que, pour Yutaka, c’était sympa. Le public est revenu [60.000 personnes admises… Le record étant de 196.000 spectateurs] : Yutaka n’avait pas gagné le Derby depuis Kizuna et il est tellement une légende au Japon que, quand il peut faire face et faire plaisir à son public, ce dernier le lui rend en faisant le Yutaka Call et c’est juste magnifique. Après la course, j’ai trainé sur la piste justement pour profiter du moment où le public a fait le Yutaka Call : c’est génial, 60.000 personnes qui scandent le nom de Yutaka, c’est juste magnifique. Pourtant, je suis deuxième, battu et un peu déçu… (…) Mais de vivre ces moments-là de communion entre le public et un jockey de légende, c’est un grand plaisir. »

Pour vivre le Yutaka Call du Derby 2022, c’est ici : https://twitter.com/pinachiru/status/1530832005524787200?s=20&t=uJPKM4vunthTYLPqlDpPxA )

Jockey Club : des 2.100m tactiques…

« Les 2.100m sont tout de même moins sélectifs que les anciens 2.400m, les numéros dans les cordes ont une plus grande importance – à mon avis – et les chevaux craquent moins rapidement. Il y a donc souvent des embouteillages, des bousculades, si la course ne va pas très vite. Cela ne va peut-être pas au galop de chasse mais, s’il y a un faux train, avec 18 partants sur 2.100m, je vous garantis que c’est collés-serrés les uns sur les autres et pour trouver le jour quand tout le monde a du gaz… Ce n’est pas toujours évident. (…) Quand il y a deux ou trois Anglais, on entend dire qu’ils vont faire le rythme. Mais attention ! Ils ne sont pas fous, ils vont peut-être un peu plus vite mais ils vont au rythme qui convient à leur cheval. Ils vont à leur rythme devant, ils redémarrent et ils vont au bout. L’an dernier, Ioritz a pu être tout de suite en bonne position avec St Mark’s Basilica, ils sont allés réguliers sans plus et, quand Ioritz a mis la flèche, le match était plié. Il est fini le temps où les jockeys anglais et irlandais partaient à 4.000 à l’heure. Donc, sans leader, il peut y avoir de la bousculade. »

Derby d’Epsom : mythique et populaire

« Quelle course mythique ! Pour ceux qui aiment les courses, le Derby, cela dit tout. L’Angleterre, le berceau des courses… C’est un endroit incroyable : je ne pouvais pas y croire quand je suis arrivé sur le site. En pleine campagne, comme si on avait planté des piquets dans une prairie vallonée… Il y a la fête foraine au milieu, l’odeur de barbecue. Et toutes les légendes autour de la course. Il s’est passé tellement de choses à Epsom : les suffragettes au milieu de la piste pour arrêter les chevaux par exemple… Je souhaite à tous les jockeys de la monter une fois dans leur vie et à tous d’aller la voir au moins une fois dans leur vie ! La renommée d’une course, c’est aussi par le public et on peut dire que le Derby d’Epsom est une fête populaire. L’atmosphère est incroyable. Cela vaut le détour, même si ce n’est pas mon meilleur souvenir en course à proprement parler… » Explications dans le podcast.

Kentucky Derby : le show à l’américaine

« Le public peut être désinhibé car la course a lieu à 19 h et la première est vers 10 h 30/11 h ! Tout l’après-midi, vous avez le temps de vous hydrater plus que de raison et la pression monte toute la journée. Il y a 120.000 personnes, c’est haut en couleur car tout le monde est habillé extravagant… Les chapeaux, les costumes. Deux choses m’ont impressionné. La première est la sortie des vestiaires : on marche sur 200m, on passe dans les coursives de l’hippodrome et on descend un escalier pour rejoindre le paddock. Et là, on passe dans la foule : et elle vous crie dessus, vous encourage, prend des photos, vous tape dans la main, dans le dos. Mais les gens hurlent ! Cela a été très émouvant. Vous vous dites : "Là, j’y suis, je vais monter le Kentucky Derby !" Et vous avez l’impression d’entrer sur un ring de boxe avec un public chauffé à blanc, électrisé, alcoolisé, customisé et vous êtes prêt à en découdre… Et la deuxième, c’est quand vous entrez sur la piste… »