Erwan de Chambord : « Pour Royal Ascot, Pizza Bianca et Slipstream ont voyagé pendant 48 heures ! »

International / 11.06.2022

Erwan de Chambord : « Pour Royal Ascot, Pizza Bianca et Slipstream ont voyagé pendant 48 heures ! »

Erwan de Chambord : « Pour Royal Ascot, Pizza Bianca et Slipstream ont voyagé pendant 48 heures ! »

Pupil assistant de Christophe Clément, Erwan de Chambord a été désigné pour accompagner Pizza Bianca et Slipstream à Royal Ascot. De Belmont à Newmarket, il nous a livré les détails de ce périple.

Par Salomé Lellouche

Jour de Galop - Comment vous est venue l’idée d’aller à Royal Ascot ?

Erwan de Chambord – Bien qu’entraîneur aux États-Unis, le Français Christophe Clément est très attaché à l’Europe. Il a toujours un œil sur le programme de Royal Ascot. Et ce meeting tombait à pic, notamment pour Slipstream (More than Ready). Lorsqu’il a vu la démonstration réalisée par le poulain à Keeneland, pour sa rentrée, il en a parlé avec ses propriétaires. De plus, avec les déplacements régulièrement effectués par Wesley Ward, on voit que ce meeting correspond bien aux chevaux américains, même si rien n’est jamais joué d’avance. C’est la première fois que Christophe Clément aura un partant à Royal Ascot.

Quel est précisément votre rôle au sein de l’écurie ?

Je suis arrivé en janvier à Payson Park en Floride et je dispose d’un visa d’un an. Au début, j’ai commencé en bas de l’échelle et désormais, j’ai le statut de pupil assistant. L’écurie est scindée en deux et je suis basé à Saratoga avec Miguel Clément. Nous avons à peu près soixante-dix chevaux, dont une cinquantaine de 2ans. J’aide pour les soins, la gestion de l’équipe, les papiers des chevaux, les documents pour les clients... À Belmont, Christophe Clément et son assistant Christophe Lorieul ont la responsabilité de tous les chevaux prêts à courir pour le meeting. Je remercie vraiment Christophe Clément, Christophe Lorieul et Miguel Clément pour leur confiance.

Comment s’organise un tel voyage ?

Il y a un mois et demi, Christophe Clément et Christophe Lorieul se sont posé la question suivante : qui courir ? Nous avons su très tôt que Slipstream serait du voyage pour la Commonwealth Cup (Gr1). Concernant Pizza Bianca (Fasnet Rock), la décision a été prise un peu plus tard. Elle sera au départ de la Coronation Cup (Gr1). Comme tout voyage, il faut penser au côté administratif de la chose. Christophe Lorieul a tout géré de ce côté-là. Il fallait aussi convenir d’un plan avec IRT pour le vol.

Les chevaux sont partis en camion de New York jusqu’à Keeneland. À Indianapolis, ils ont pris un avion pour venir à Londres. En tout, Pizza Bianca et Slipstream ont passé plus de 48 heures dans les transports. Comme c’est très long, nous arrivons plusieurs jours avant le coup d’envoi afin qu’ils puissent décompresser. Avec le stress inhérent à ce long voyage, ils se déshydratent facilement. Tout est pris en compte pour leur permettre de se remettre dans leur "routine américaine" le plus rapidement possible.

À quoi faut-il veiller ?

À tout ! Il faut que les chevaux soient le plus décontractés possible, qu’ils aient du foin tout le temps, de l’eau à volonté. Avec Pizza Bianca, nous n’avions pas peur car, mentalement, elle est très calme et elle a déjà voyagé en avion, notamment pour aller à Del Mar lors de la Breeders’ Cup. Slipstream, lui, est un peu plus compliqué mentalement. Il est un peu "chaud" mais tout s’est bien passé.

Quand les chevaux sont-ils arrivés ?

Mardi à 17 h à Londres, et j’ai pu les récupérer à l’aéroport de Stansted. Une fois arrivés, ils se sont bien acclimatés. Mercredi, nous avons passé une journée plutôt tranquille. Pendant 45 minutes, nous les avons marchés en mains et fait brouter. À partir de jeudi, nous allons reprendre gentiment le travail au trot. Petit à petit, nous allons accentuer les canters. Avant de partir, les chevaux avaient travaillé sur le gazon, donc ils sont au top. L’objectif est de peaufiner leur condition physique jusqu’au jour J.

Où sont-ils stationnés ?

Dans les boxes de Charlie Fellowes à Newmarket. C’est l’ancienne cour de monsieur Cumani chez qui Christophe Clément a été assistant. Je suis aidé par Charly Clover, un des deux cavaliers pour les monter. Son frère est entraîneur à Newmarket. C’est un gros avantage de l’avoir à nos côtés. Monsieur Cumani est là tous les matins et les après-midi pour nous accompagner, en plus du vétérinaire basé à Newmarket.

Est-il prévu que les chevaux restent en Europe ?

Pour le moment, un vol retour est prévu. Mais si Slipstream venait à bien courir dans la Commonwealth Cup, il ferait sûrement un détour pour disputer le Prix Jean Prat (Gr1). Joël Rosario sera en selle. Dans les Coronation Stakes (Gr1), Jose Ortiz et Pizza Bianca feront face à de très bonnes pouliches, comme la gagnante des 1.000 Guinées irlandaises et celle des Guinées françaises. Nous étions un peu déçus qu’elle soit battue pour sa rentrée mais elle courait bien. Son jockey n’a pas été dur. Par la suite, pour sa deuxième course de l’année, elle a gagné très facilement à Pimlico. C’est d’ailleurs sur cette performance rassurante qu’elle effectue le déplacement.

Quel a été votre parcours ?

Fils et petit-fils d’éleveur, j’ai toujours voulu travailler dans les chevaux. Après un BTS ACSE option équine dans la Sarthe, j’ai suivi la formation AGRICADRE à l’ESA d’Angers avec une alternance chez Arqana. J’ai ensuite travaillé avec Nicolas de Watrigant pendant un an. J’ai aussi créé ma société de courtage et pour mes premiers clients, j’ai acheté à Keeneland, Tattersalls et Arqana. Enfin, cette année, je suis parti à la fin du mois de janvier aux États-Unis !