Pris de diane Longines J-4 - Éric Feurtet : « J’ai une confiance totale en Carlos et Yann Lerner »

Courses / 14.06.2022

Pris de diane Longines J-4 - Éric Feurtet : « J’ai une confiance totale en Carlos et Yann Lerner »

À la tête du domaine de Rymska, un établissement affilié Relais & Châteaux situé en Saône-et-Loire, Éric Feurtet est parti de presque rien dans l’univers des courses. Mais sa passion pour les chevaux lui permet aujourd’hui de voir sa casaque au départ des plus belles épreuves. Dimanche, il aura son premier partant dans le Prix de Diane Longines (Gr1) avec Queen Trezy.

Par Salomé Lellouche

Jour de Galop. - Courir le Prix de Diane Longines, cela représente quoi pour vous ?

Éric Feurtet. - C’est le stress total (rires) ! Je crois que je n’ai pas encore réalisé… Je suis sur un petit nuage. Yann et Carlos Lerner ont amené la pouliche au top. Je sais que dimanche elle sera parfaite. Toute ma famille sera là, à mes côtés, pour voir courir Queen Trezy (Almanzor). En plus, elle court sous mes couleurs… Nous partons confiants.

Pensiez-vous arriver si haut lorsqu’elle a débuté ?

Carlos a tout de suite vu que c’était une bonne pouliche. Elle vient des ventes Arqana. Quand il m’en a proposé une part, j’ai regardé son pedigree et j’ai dit oui tout de suite. Je l’ai nommée Queen et j’ai ajouté Trezy, qui est l’affixe de tous mes chevaux.

Quelle est votre relation avec vos associés ? Les connaissiez-vous avant de vous associer avec eux ?

Elles sont très bonnes ! C’est assez incroyable d’avoir un associé de 98 ans. Les époux Le Menestrel sont passionnés de chevaux, tout comme Nicolas de Chambure, qui est le troisième associé. Je les ai rencontrés lors du Saint-Alary.

Préférez-vous vous associer sur un cheval ou en être le seul propriétaire ?

Je trouve qu’avec des associés l’aventure prend une autre dimension. Le partage me semble important dans les courses. Je n’ai pas encore de chevaux avec mes amis mais c’est en projet. Nous allons faire nos emplettes au mois d’août !

Quelle relation avez-vous avec Carlos et Yann Lerner ?

J’ai une confiance totale en eux. Il y a quelques jours, ils sont venus dîner et dormir à l’hôtel. Nous avons essayé de vaincre notre stress ensemble (rires) ! Ils sont à l’écoute des propriétaires : lors de sa deuxième sortie, Queen Trezy, qui devait initialement courir à Saint-Cloud, a couru à Lyon pour que je puisse y aller avec ma famille. C’était vraiment super de leur part.

Voyez-vous des ressemblances entre le milieu de l’hôtellerie de luxe et celui des chevaux de course ?

Oui, car dans les deux cas nous rencontrons des gens avec des parcours de vie extraordinaires. Et puis, avoir un haras, c’est de l’hôtellerie pour les chevaux ! Quand nos entraîneurs s’occupent parfaitement de nos chevaux et que les résultats sont au rendez-vous, c’est une expérience de rêve.

Que pensez vous de l’accueil des propriétaires par France Galop ?

J’ai trouvé cela assez génial d’être aussi bien pris en charge. Surtout quand on arrive sur l’hippodrome. L’expérience commence dès le parking lors de la prise en charge de notre véhicule. Rien que pour le Prix de Diane, j’ai dû avoir une dizaine d’appels de la part de France Galop pour organiser mon arrivée. Les gens sont à l’écoute et la prestation est de qualité.

Quelle est l’histoire du domaine de Rymska ?

Le domaine porte le nom de Rymska (Le Havre), qui a été ma toute première pouliche. J’ai commencé l’élevage en 2013 avec sa mère, Foreign Raider (Lend a Hand), que j’avais achetée à Deauville alors qu’elle était pleine de Le Havre (Noverre). Il faut savoir qu’avant je dirigeais un établissement avec près de 70 salariés à Beaune. Mais je cherchais une ferme pour m’évader un peu. Et j’ai trouvé le domaine où je suis actuellement. Sur place, il y avait un château en ruine. Nous l’avons rénové. Les travaux ont commencé en 2012 et l’ouverture de l’hôtel a eu lieu en 2018. Une fois que tout a été fait, j’ai cédé mon établissement de Beaune pour monter le projet tel qu’il est aujourd’hui, c’est-à-dire avec l’élevage, la ferme, le restaurant et l’affiliation Relais & Châteaux.

Quels sont vos projets pour le domaine ?

Nous sommes en train d’ouvrir trois suites et un espace bien-être. C’est important pour moi d’apporter des prestations de qualité. Au domaine de Rymska, nous sommes en autarcie au niveau du restaurant. Quatre-vingt pour cent de ce que je sers est produit sur ma ferme. J’élève des bovins de la race Wagyu, des porcs Mangalitza. Tous les animaux sont élevés dans la tradition et le respect. Cela marche très bien car le concept est dans l’air du temps. Les gens aiment partager la vie de la ferme.

Recevez-vous des gens des courses ?

Oui et je commence à avoir une belle clientèle dans ce milieu. À table, ça parle beaucoup de courses ! J’ai aussi des clients qui me soutiennent lorsque j’ai un partant. Nous recevons même des mails de soutien de nos clients fidèles. C’est sympathique.

Combien de poulinières avez-vous ?

J’ai actuellement douze poulinières. Après Rymska, j’ai pu réinvestir dans de bonnes souches comme celle d’Hermeska (Siyouni), la sœur de Bobbymurphy (Intello) et de Galaxie Gold (Dariyan). J’ai pour projet d’acheter quelques beaux papiers et de limiter le nombre de juments pur-sang anglaises à 4 où 5. Pour les croisements, je passe mes nuits à regarder ce qui a déjà été fait et ce qui marche pour tenter de le reproduire. La mère de Rymska m’a donné cette année son propre frère. Elle est allée à la saillie d’Almanzor (Wootton Bassett). Enfin, je souhaite diriger celles avec un pedigree plus modeste vers des étalons d’obstacle. Je suis dans la bonne région pour. Cette année, nous sommes allés à Prince Gibraltar (Rock of Gibraltar), et Ivanhowe (Soldier Hollow), entre autres.

Ce qui est assez drôle, c’est que, lorsqu’elle était foal, Rymska a été présentée au Chaser Day…

Les organisateurs du Chaser Day, Jean-Charles Pallot et Nathalie Callier, sont des amis très proches. Pour passer la journée ensemble, ils m’avaient dit de venir avec ma petite foal. Je suis donc allé là-bas pour m’amuser et pour partager avec tous les éleveurs… Forcément, Rymska n’a pas brillé en obstacle… Elle a eu la carrière qu’on lui connaît aux États-Unis. Je n’y connaissais pas grand-chose à l’époque. Et c’est de suivre la carrière de Rymska et développer mon élevage qui m’a vraiment fait découvrir les courses.