Champs libres - Courses à réclamer : résolvons en priorité la question des associés

Institution / Ventes / 16.07.2022

Champs libres - Courses à réclamer : résolvons en priorité la question des associés

Par le Dr Gilles Lorenzi

Président de l’Association des propriétaires de chevaux de courses au galop du Sud-Ouest

« Depuis le mois de mars 2020, les propriétaires dont les chevaux courent les courses à réclamer ne bénéficient d’aucune plus-value sur la vente de leurs chevaux, si la réclamation est supérieure au taux de réclamation initial. Et cela depuis une décision du conseil d’administration de France Galop. A ce jour, les surplus cumulés s’élèvent à plus de 6 millions d’euros dont 3 millions auraient dû revenir aux propriétaires avec la répartition antérieure à cette décision du conseil d’administration : une perte considérable et un réel préjudice. Depuis plus de deux ans, chaque mois, c’est en moyenne 100.000 € qui ne sont plus reversés aux propriétaires, et donc probablement autant de réinvestissements en moins dans les effectifs !

Nous ne pouvons pas attendre encore six mois (donc 600.000 € de manque à gagner supplémentaire) et la fin de la période de test initiée par France Galop pour prendre une décision. Ce manque à gagner pour les propriétaires est un signal négatif et démotivant, et le sujet est bien présent lorsque nous rencontrons les propriétaires sur les hippodromes de province. Ils doivent être écoutés ! C’est mathématique : les propriétaires gagnent moins, réinjectent moins dans le circuit et, quand nos cheptels s’amenuisent, c’est toute la filière qui en souffre.

Cette situation est d’autant plus frustrante que nous connaissons l’une des origines du problème qui a provoqué cette réforme. Dans l’ancien système, les fraudes, avérées mais marginales, venaient souvent du fait que les associés ne sont pas considérés comme propriétaires, et un simple jeu d’écritures et de transfert de propriété biaisait l’esprit des réclamers. Alors la question est claire, pourquoi ne pas retravailler le statut d’associé plutôt que de supprimer, de manière radicale, le pourcentage sur la plus-value pour tous les propriétaires ?

En l’espace de deux ans, ce chantier des courses à réclamer a créé un sentiment d’injustice chez les propriétaires. Les propriétaires au galop, qui avaient immédiatement alerté sur les conséquences d’une telle réforme, n’ont cessé de travailler sur le sujet. Six mois de pertes cumulées en plus n’aident pas l’idée de reconquête et de conquête du propriétariat voulue par France Galop ; il est urgent de redonner aux propriétaires la confiance et l’envie d’investir. »