L’Angleterre et la cravache, une révolution est en cours

Autres informations / 23.07.2022

L’Angleterre et la cravache, une révolution est en cours

L’Angleterre et la cravache, une révolution est en cours

La British Horseracing a dévoilé, il y a quelques jours, les conclusions d’une étude menée autour de la cravache en course. Le rapport du groupe de pilotage fait 96 pages (!), mais la BHA a résumé les 20 recommandations du groupe de pilotage. Ce sont même plus que des recommandations puisque tout a été validé par le comité de la BHA, qui espère mettre les règles en vigueur à la fin de l’automne, avec une période de transition. Plusieurs changements de taille sont à noter, et notamment la disqualification en cas d’abus de la cravache. L’idée est la suivante : celui qui dépasse le nombre de coups autorisés s’en sortait avec une amende et dans les grandes courses – celles avec de grosses allocations et du prestige – le calcul était vite fait. Demain, l’Angleterre disqualifiera les jockeys qui ont dépassé la limite de coups. Cela change tout et le dossier a eu un retentissement peu commun outre-Manche. Hier soir et ce soir, retrouvez notre grande étude sur ce sujet si important !

Par Anne-Louise Echevin

La cravache ? C’est non en Scandinavie !

La Norvège a totalement interdit la cravache depuis 1986, exception faite des courses de 2ans et d’obstacle où elle peut être utilisée comme "outil de sécurité". Depuis quelques mois, la Suède l’interdit pour sollicitation et le Danemark lui a emboîté le pas. Harald Dørum, président-directeur général de Svensk Galopp et ayant auparavant exercé dans l’institution hippique norvégienne, nous a donné son point de vue.

Jour de Galop. - Pourquoi avoir banni la cravache en Suède ? Quel bilan tirez-vous de ces mois sans cravache de sollicitation ?

Harald Dørum. - Il faut rappeler qu’elle a été bannie en Norvège depuis de longues années. Les jockeys en Suède et même au Danemark montent tous les jours et font des rotations dans les trois pays scandinaves. Ils étaient déjà familiers de ces courses sans cravache. En Norvège, à part pour des raisons de sécurité pour les 2ans et les courses de haies, la cravache est interdite. En Suède, nous avons décidé d’autoriser le port de la cravache uniquement pour des raisons de sécurité dans toutes les courses. Le Danemark a suivi : nous essayons d’harmoniser nos règles en Scandinavie. De mon point de vue, nos nouvelles règles ont demandé un léger temps d’adaptation au début de la saison. Notamment afin de les rendre bien claires vis-à-vis des jockeys. Je crois qu’ils se sont bien adaptés. Et les règles s’appliquent comme nous le souhaitons. Nous sommes satisfaits.

Justement, il y a eu des menaces de grève de la part des jockeys en avril. Pourquoi ?

Les nouvelles règles n’avaient pas été bien comprises et il y a eu un mouvement de panique. Il y a eu un malentendu mais depuis, tout a été réglé et tout se passe bien. Les jockeys ont bien compris et se sont parfaitement adaptés. Je trouve qu’ils ont fait un travail formidable et qu’ils montent encore mieux qu’avant. Si l’on regarde les enjeux, il n’y a pas eu d’effet négatif.

La perception du grand public a-t-elle joué ?

Oui, c’est en grande partie à cause du public. Nous avons eu beaucoup de commentaires au fur et à mesure des années sur le fait que la cravache dérangeait. J’ai aussi travaillé pour la European Pari Mutuel Association et une étude avait été faite pour comprendre pourquoi les gens ne pariaient pas sur les courses. L’une des réponses arrivant dans le top 3 ou le top 5 était que ces personnes pensaient que nous ne traitions pas bien les chevaux à cause de la cravache. Je crois donc que cela est assez clair. Il nous faut défendre nos valeurs. Et si ne plus utiliser la cravache nous permet d’attirer plus de gens aux courses, c’est bénéfique. Comme dans le reste de l’Europe, la Suède a du mal à attirer du public aux courses et c’est ce que nous voulons tous : du monde sur nos hippodromes.

Avez-vous été en contact avec le groupe de pilotage de la BHA sur la cravache ? Que pensez-vous de ceux qui disent que c’est un premier pas vers la fin des courses ?

Je n’ai pas été contacté personnellement mais notre directeur des courses l’a été. Je crois que nous allons suivre cela avec attention. J’ai beaucoup de respect pour Mark Johnston mais j’ai lu son commentaire disant que c’était un premier pas pour l’arrêt des courses dans le Racing Post. Je suis totalement en désaccord avec lui mais la Grande-Bretagne doit faire ce qui est juste pour elle. Nous avons eu quelques protestations lorsque nous avons mis nos règles en place, mais il nous a suffi d’expliquer pourquoi nous avons fait cela. Nous l’avons fait car, non seulement nous voulons que nos courses survivent, mais nous souhaitons également attirer une nouvelle audience. Il faut aller voir les gens qui ne veulent pas se rendre aux courses et leur demander pourquoi ! Je crois que nous pouvons faire mieux. Le bien-être équin est une question primordiale.