BON(S) TEMPS NE SAURAI(EN)T MENTIR

Courses / 08.08.2022

BON(S) TEMPS NE SAURAI(EN)T MENTIR

Pour paraphraser une célèbre chanson, on peut dire en ce moment de Deauville : « Le ciel est bleu, le temps est bon… » ou plutôt : le ciel est bleu, la piste est parfaite, les temps sont bons ! En effet, sur un billard propice à la vitesse, plusieurs chevaux ont produit des valeurs solides et prometteuses, comme nous l’explique Bruno Barbereau, notre spécialiste des chronos, qui a posé son œil expert sur quatre grandes épreuves normandes de la semaine passée : le Maurice de Gheest, le Tourgeville, les Marettes et le Crèvecœur.

Un Maurice de Gheest sans concession

Un chiffre à retenir de l’édition 2022 du Larc Prix Maurice de Gheest : seulement cinq des quatorze partants ont été capables de rehausser leur vitesse dans les 400 derniers mètres de course ! Sur une piste rapide, mais en très bon état, la course a été particulièrement sélective sous l’impulsion du japonais King Hermès (Lord Kanaloa). Placée à trois quarts de longueur à son extérieur, Highfield Princess (Night of Thunder) est passée à l’attaque à 400m du but, quand son rival a commencé à coincer. Elle s’impose en 75”30, quatrième meilleur temps de l’histoire de la course, mais à une seconde du record de la championne Moonlight Cloud (Invincible Spirit). Il fallait être à la pointe du combat pour espérer jouer un premier rôle. Garrus (Acclamation), pas heureux dans la phase finale, aurait pu espérer la deuxième place, mais le plus gros regret est pour l’australien Artorius (Flying Artie), sixième à l’issue d’un parcours cauchemardesque. Sur 1.300m, cela ne pardonne pas ! C’est lui qui finit le plus vite dans les 400 derniers mètres, rehaussant sa vitesse de 102 %.

God Blessing atomise le chrono

Lauréat de ses deux premières sorties dans le Sud-Ouest, God Blessing (Siyouni) mettait son invincibilité en jeu dans le Prix de Tourgeville, jeudi soir. Une Listed sur le papier, mais un lot de chevaux de Groupe ! Le représentant du haras d’Haspel et de Damien de Watrigant s’est imposé à la manière des forts, malgré un numéro à la corde défavorable. Il a contrôlé la course du départ à l’arrivée et signe un temps canon, 1’38”74. Même s’il a imposé un train sélectif, il a été capable de rehausser sa vitesse de 104,4 % dans les 400 derniers mètres. Il faut féliciter José Delmotte et Damien de Watrigant : ils ont parfaitement géré la carrière de ce poulain, qui doit gagner son Groupe !

Les Prix des Marettes et de Crèvecœur, les deux courses d’inédits les plus attendues de l’année, ont sacré deux éléments qui vont briller au haut niveau, sauf ennuis physiques. Comme souvent dans ce type de courses, le rythme n’a pas été particulièrement sélectif, mais les accélérations des deux gagnants, Kelina (Frankel) et Rajapour (Almanzor) sont très comparables : 22”34 pour la femelle dans les 400 derniers mètres, et 22”47 pour le mâle. Ils ont réalisé la même valeur si l’on se base sur leur accélération, même si la pouliche est descendue sous les 11 secondes des 400 aux 200m. Le point commun ? Les deux avaient encore de la réserve quand ils ont franchi le poteau, et affichent une grosse supériorité sur les rivaux. Pas de doute, les deux meilleurs ont gagné !