Élie Hennau : « Avec la Covid, l’amateurisme a été plus que chamboulé »

Courses / 12.08.2022

Élie Hennau : « Avec la Covid, l’amateurisme a été plus que chamboulé »

Élie Hennau est à la tête de la Fegentri (Fédération internationale des gentlemen-riders et des cavalières) depuis mars 2017. Il évoque l’avenir des courses réservées aux amateurs et plus particulièrement de la Fegentri.

La Covid a changé la donne

« Nous avons tenu notre Assemblée générale à Stockholm, en mai, et nous nous sommes posé de nombreuses questions autour de l’évolution de la Fegentri. Nous venons de passer un moment difficile en traversant la période de la Covid. Beaucoup de courses ont été supprimées partout dans le monde. L’amateurisme a été plus que chamboulé ! Nous n’avons pas pu voyager durant cette période. Ensuite, il y a eu une diminution des courses d’amateurs un peu partout. Et lorsque tout est revenu à la normale, nous n’avons parfois pas réussi à toutes les récupérer. Lorsque nous sommes dans une situation difficile, c’est le moment de se poser des questions. Et deux sont apparues : à quoi servons-nous ? Que doit-on faire ensemble ? Ce championnat a beaucoup évolué et l’amateurisme n’est plus du tout le même. Nous devons évoluer avec le temps et nous adapter. Ma conviction est que l’amateurisme doit apporter quelque chose aux courses. Les courses de poneys, l’amateurisme et les courses des Grandes écoles sont trois voies d’accès au monde hippique. Toutes ces personnes peuvent potentiellement devenir de futurs entraîneurs, commissaires, propriétaires… »

Un constat et de nouveaux projets

« Le constat aujourd’hui est que le nombre d’amateurs diminue. Il y a eu beaucoup de changements, par exemple il y a plus de filles que de garçons. Nous avons démarré un chantier de réflexions avec tous les clubs d’amateurs pour faire évoluer notre système de fonctionnement, aujourd’hui basé sur un championnat réservé aux garçons et l’autre aux filles. Il y a quelques années, deux nouveaux championnats ont été créés, l’un réservé aux meilleurs amateurs qui ont déjà été sacrés champions et un championnat sur les obstacles. Pour l’année prochaine, l’une des pistes est de créer un championnat mixte, comme dans les courses professionnelles. L’objectif est d’avoir un équilibre entre les courses mixtes et les autres. Nous ne sommes pas un vase clos, toutes les idées sont les bienvenues, je lance un appel à toutes les bonnes idées. »

Un championnat du monde de poneys

« C’est une idée qui m’est venue lorsque j’étais à Stockholm le jour de notre Assemblée générale. Le lendemain, il y avait une réunion de courses là-bas, et après les deux épreuves pour cavalières, il y avait une course de poneys. Je me suis dit que très souvent, les cavaliers qui montent en courses de poneys deviennent soit des jockeys soit des amateurs. Donc pourquoi ne pas créer un championnat du monde des courses de poneys ? Cela devrait commencer avec cinq ou six courses à partir de l’année prochaine. Je tiens à remercier très fortement Cécile Madamet qui va être la pierre angulaire de ces événements. Tout n’est pas encore délimité mais ce sera probablement en Europe pour commencer, avec tirage au sort. »

La notoriété par la communication

« Voulant aider les courses et leur apporter quelque chose, nous allons essayer de travailler notre communication. Depuis que Charlotte Rinckenbach est arrivée, elle a apporté beaucoup de sang neuf et de nouvelles idées. Notre communication sur les réseaux sociaux est entièrement revue. Il faut que la Fegentri soit plus connue et que tous les amateurs du monde y restent connectés. Il faut aussi se faire connaître auprès du grand public et réfléchir à de nouveaux partenariats. »

Le retour des Irlandais et des Anglais

« Nous avions perdu le contact avec un ou deux pays majeurs des courses, mais les Irlandais et les Anglais sont de retour. C’est une bonne nouvelle ! Nous allons continuer à essayer de promouvoir et d’installer l’amateurisme dans les pays où il n’est pas présent. Nous avons eu un contact avant la Covid avec le Maroc qui aimerait trouver un moyen de créer un club amateur. La prochaine Assemblée générale aura certainement lieu à Marrakech… »

Charlotte Rinckenbach, nouvelle secrétaire générale de la Fédération

Charlotte Rinckenbach est secrétaire générale de la Fegentri depuis le mois de mai.

« J’ai grandi à Maisons-Laffitte. Je suis passionnée par le monde hippique depuis très jeune, même si ma famille n’est pas du tout du milieu. J’ai d’abord monté les chevaux de selle, puis j’ai eu mon galop 7 en parallèle de mon cursus scolaire. Ensuite, j’ai passé ma licence de cavalière en 2011 et j’ai pu monter en course, tout en passant une licence, puis un master en affaires internationales, à Paris Dauphine. Mes études reflétaient aussi mes goûts pour le voyage. J’ai fait un semestre au Canada et j’ai réalisé des stages à l’international, au Costa Rica et en Irlande. Une fois mon master achevé, je suis restée proche des chevaux et de l’amateurisme car c’est un milieu qui m’a toujours intéressé et me tient à cœur. J’ai souhaité continuer mes études dans le domaine des chevaux de course à l’international. J’ai donc postulé au Godolphin Flying Start, ce qui m’a permis de voyager à travers le monde pendant deux ans. Ce programme m’a permis de tisser un réseau dans le monde entier. J’ai pu assister à de très belles courses, étudier et pratiquer dans tous les domaines que les courses hippiques ont à offrir. J’ai ensuite travaillé pendant deux ans pour Francis-Henri Graffard en tant que racing et communication manager. À la fin de la crise sanitaire, mon goût pour le voyage s’est encore fait ressentir. J’ai alors décidé de partir à Dubaï l’hiver dernier, pour la saison de courses. Là-bas, j’ai travaillé au département international du Dubai Racing Club. Puis, ce printemps, j’ai été contacté par Élie Hennau et Paul von Schubert, le vice-président, pour le poste de secrétaire général de la Fegentri. J’ai vraiment accepté avec enthousiasme et motivation ! »