L’éclosion précoce de Tim Donworth

Courses / 10.08.2022

L’éclosion précoce de Tim Donworth

Onze mois après son installation, le jeune Tim Donworth a remporté sa première Listed. Et ce n’est pas un hasard si cette victoire a eu pour cadre une course de 2ans, le Prix de la Vallée d’Auge…

Septembre 2021. Avec un bagage sérieux, le jeune Irlandais Tim Donworth s’installe comme entraîneur à Chantilly. Moins d’un mois plus tard, il remporte sa première course grâce à un 2ans, Cotai Hero (Cotai Glory). She’s Evaporust (Galileo Gold) et Allada (Sea the Moon) l’imitent dans la foulée. « Très rapidement, mes 2ans ont gagné. C’était le bon timing, juste avant les ventes d’Arqana, Goffs et Tattersalls. Je pense que ç'a contribué au fait que je reçoive pas mal de yearlings ! L’écurie est donc actuellement composée d’une majorité de 2ans, même si, pour un jeune entraîneur, avoir des chevaux d’âge permet de courir plus régulièrement. Avec les 2ans, il est bon de laisser trois ou quatre semaines entre les courses, si on veut les faire durer… Je n’ai rien inventé : j’ai appris cela au contact des entraîneurs chez qui j’ai travaillé, notamment Jean-Claude Rouget, qui est vraiment un expert avec les jeunes chevaux ! Ma grande satisfaction, c’est notre taux de gagnant par partant, qui doit se situer aux alentours de 20 %. Outre l’aspect entraînement, il faut aussi connaître le programme par cœur pour trouver la bonne course pour chaque cheval. C’est ce que je m’attache à faire pour satisfaire mes clients ! »

L’importance du réseau

Tim Donworth est né dans un haras, Roundhill Stud, celui de ses parents. Il a donc pu se constituer un réseau au fil des ans, réseau qui s’est encore élargi pendant sa formation au Godolphin Flying Start. Il a travaillé en Angleterre, chez Clive Cox et William Haggas, en Australie, chez Peter et Paul Snowden, aux États-Unis, chez Christophe Clément, et enfin en France, chez Nicolas Clément, « qui m’a beaucoup aidé depuis mon premier jour en France », et Jean-Claude Rouget. « Quand je me suis installé, j’avais déjà fait en quelque sorte ce travail de prospection de propriétaires. Kirsten Rausing, qui m’a connu tout petit, a été la première à me confier un cheval. J’ai la chance d’avoir d’autres propriétaires éleveurs qui me soutiennent, mes parents bien sûr, ou encore LNJ Foxwoods. Bien sûr, j’ai la grande chance d’avoir grandi dans un haras, d’être allé aux courses et aux ventes dès mon enfance… J’ai donc reçu des yearlings d’éleveurs, et pour compléter mon effectif, aux ventes, j’ai choisi des chevaux avec un peu plus de vitesse et de précocité. Ce n’est pas forcément ce que les entraîneurs français préfèrent, mais pourtant, le retour sur investissement peut être très intéressant. Avec Marc-Antoine Berghgracht, nous avons acheté un cheval comme Worth a Team, que nous avons payé 19.000 € et qui approche les 50.000 € de gains quelques mois plus tard… » L’entraînement français peut donc être performant avec les juniors ! « À Chantilly, on a tout ce qu’il faut pour préparer des 2ans. J’utilise deux ou trois fois par semaine la piste en copeaux de bois, qui permet d’aller vite sans faire mal aux poulains. Il faut garder l’esprit ouvert et essayer de nouvelles choses ! »

Entraîner… et communiquer !

Tim Donworth, qui compte actuellement une trentaine de chevaux à l’entraînement, a bien compris l’importance de la communication dans son métier. « Il faut savoir entraîner les chevaux, mais les relations humaines sont fondamentales ! Il faut communiquer, aussi bien avec ses propriétaires que sur les réseaux sociaux. Et l’entraîneur est aussi un chef d’entreprise. J’ai la chance d’être remarquablement entouré pour ce qui concerne la gestion de l’écurie. Aussi bien par Valérie Boussin, qui gère l’administratif, que par ma compagne Lavinia Brogi sans qui rien de tout cela ne serait possible. Je peux aussi compter sur une équipe jeune, motivée par le projet, et qui m’est fidèle depuis le début. Cela n’a pas de prix ! » Au moment de choisir son lieu d’installation, Tim Donworth n’a pas hésité. La France, et Chantilly ! « C’est incroyable le nombre de propriétaires étrangers qui veulent avoir des chevaux en France. Chantilly est un endroit extraordinaire qui les émerveille toujours, comme les hippodromes parisiens, et Deauville, si important l’été, avec cette concentration des courses et des ventes. » Des projets ? « Actuellement, mon effectif est partagé entre deux cours et nous souhaitons le regrouper en un seul lieu. Cela devrait aboutir à la rentrée. Le rêve, ça serait de pouvoir acheter mon écurie à Chantilly ! J’espère pouvoir monter l’effectif à 40 ou 45 chevaux. Pas beaucoup plus dans un premier temps, car je sais qu’il ne faut pas grandir trop vite ! »