LE TOUR DES HARAS – AOÛT 2022 : Le haras de Montaigu dans la bonne foulée

Élevage / 03.08.2022

LE TOUR DES HARAS – AOÛT 2022 : Le haras de Montaigu dans la bonne foulée

LE TOUR DES HARAS – AOÛT 2022

Le haras de Montaigu dans la bonne foulée

Comme chaque année, les journalistes de JDG visitent les haras qui présenteront des yearlings d’août chez Arqana. Aliette Forien nous a ouvert les portes du haras de Montaigu…

Par Adrien Cugnasse

Sans avoir un effectif colossal, le haras de Montaigu sort tous les ans de bons chevaux. En 2022, on peut penser à Ville de Grâce (deuxième des Dahlia Stakes, Gr2), Dawn Intello (Premio Ambrosiano, Gr3), Djo Français (Prix Bertrand du Breuil, Gr3)… Lors de la vacation d’août, ce haras présente deux lots de sa souche phare. Le lot 191 est un fils de Churchill (Galileo), déjà père de douze black types, dont le classique Vadeni (Eclipse Stakes & Prix du Jockey Club, Grs1) et la pouliche Ladies Church (Sapphire Stakes, Gr2). On ne présente plus sa mère Ysoldina (Kendor), la génitrice du lauréat classique Wings of Eagles (Pour Moi). La page est magnifique avec sept black types sous la première mère et treize sous les deux premières générations. Aliette Forien explique : « C’est le bon moment pour vendre des produits de Churchill ! Depuis la naissance, c’est un poulain avec un modèle assez exceptionnel. Il est grand mais très équilibré. Les photos sont parlantes ! » Sur les quinze dernières années, dans le monde entier, seulement sept frères ou sœurs de lauréats du Derby d’Epsom (Gr1) sont passés en vente en tant que yearling. La 2ans d’Ysoldina par Galileo (Sadler’s Wells) est à l’entraînement chez Donnacha O’Brien. Ce lot 191 est le seul issu d’une mère par Kendor (Kenmare) dans cette édition de la vente d’août. Et cela rend son attrait d’autant plus fort. L’ancien étalon du haras de Montaigu a donné les mères de huit gagnants de Gr1.

Toujours dans la même famille, le lot 60 est une femelle et Aliette Forien poursuit : « C’est une magnifique pouliche, comme beaucoup de descendants d’Ysoldina (Kendor). Elle est baie sans un seul poil blanc ! La mère Mythic (Camelot) avait une certaine qualité et elle a gagné une Classe 2. Nous en avions vendu la moitié à l’écurie des Charmes et c’est Alain de Royer Dupré qui l’entraînait. Mythic est une sœur de Baby Rider (Gleneagles). » Lauréat du Prix Greffulhe (Gr2), Baby Rider a été exporté en Australie. Son entourage a annoncé viser la Rosehill Gold Cup (1,4 million de dollars australiens d’allocation) ou les Villiers Stakes (Gr2), en décembre… Camelot (Montjeu) a récemment donné son premier lauréat de Groupe en tant que père de mère avec Never Ending Story (Dubawi), gagnante des Silver Flash Stakes (Gr3). Never Ending Story fait partie des engagés des Phoenix Stakes (Gr1) samedi en Irlande…

Parfois, il faut savoir lire entre les lignes…

Sur le papier Mojo Risin (Lope de Vega), mère du lot 55, est une lauréate du Prix Caravelle (L). Mais dans les faits, si on creuse un peu, c’est bien plus que cela. Elle avait été si impressionnante à Toulouse qu’elle s’était élancée (quasiment) favorite dans le Prix de Diane, ce qui est tout de même rarissime pour une lauréate de Listed provinciale. À Chantilly, tout s’est mal passé. Après avoir beaucoup tiré en partant, elle avait dû composer avec un parcours assez horrible. La pouliche n’a recouru qu’une seule fois ensuite. Son premier produit Longlai (Shalaa), vendu 130.000 €, a montré de la qualité en Angleterre, montant jusqu’en 90 de rating (soit 40 de valeur en France). Lope de Vega (Shamardal), le père de Mojo Risin, s’affirme via ses filles qui ont déjà donné deux gagnants de Groupe cette année outre-Manche : Persian Force (July Stakes, Gr2) et The Ridler (Norfolk Stakes, Gr2).

Aliette Forien explique : « Longlai a aussi acquis une certaine célébrité car Equidia l’avait suivi depuis la naissance, et son parcours, jusqu’aux ventes, avait été relayé abondamment sur les réseaux sociaux… La pouliche d’Almanzor (Wootton Bassett) que nous présentons est le deuxième produit de Mojo Risin. Elle a été saillie par Victor Ludorum (Shamardal) cette année. La yearling est vraiment très bien faite, avec une bonne locomotion. On sent vraiment en elle l’influence de son origine paternelle qui a apporté de la masse. »

Le lot 208 est un fils de Sea the Moon (Sea the Stars), étalon aux solides statistiques. Il fait partie des trois leaders de sa génération selon le taux de black types par partants (15,3 %) étant seulement devancé par Kingman (18,3 %) et No Nay Never (16,7 %), lesquels font la monte à six fois le prix de saillie de Sea the Moon ! La mère de ce lot 208, April Eighteen (Azamour), a une 2ans à l’entraînement chez la famille Lerner : Miss Manzor (Almanzor). Elle est engagée dans le Prix des Marettes. L’an dernier, les Lerner avaient déjà présenté une fille d’Almanzor dans cette épreuve. C’était Queen Trezy (Almanzor) qui s’est ensuite classée troisième du Prix Saint Alary (Gr1) ! La deuxième mère de ce lot 208 est aussi celle de l’étalon du haras d’Étreham Hello Youmzain (Kodiac)… Aliette Forien nous a dit : « C’est un grand et beau poulain, bien né et bien fait. Il est assez marqué par son origine paternelle. Sa sœur est très estimée. Ses propriétaires [Azienda Agricola La Rovere, ndlr] ont envoyé la mère à Victor Ludorum… »

Galileo et ses fils

Mark Johnston est l’entraîneur ayant le record de victoires outre-Manche. Le 20 juillet, interrogé par Brian Sheerin (TDN) sur sa propension à acheter des produits de fils de Galileo (Sadler’s Wells) et en particulier ceux de Gleneagles (Galileo), il a expliqué : « Ce genre de chevaux correspond à ce que je recherche, je suis un grand fan des fils de Galileo. Il y a ce mythe qui dit que Galileo n’est pas un père de pères. Or les mêmes propos ont été tenus il y a quelques années sur Sadler’s Wells (Northern Dancer). Et qu’est-il arrivé par la suite ? Il a été remplacé par son propre fils. C’est déjà arrivé pour Galileo avec Frankel (Galileo). Mais je regarde toujours les produits des autres fils de Galileo, en particulier ceux ayant une certaine tenue. Ils sont très bon marché pour ce qu’ils sont vraiment sur le plan sportif… » Père du lot 303, Gleneagles a certainement été trop durement jugé par le marché ces dernières années et actuellement sa cote remonte. Il a quinze chevaux black types en 2022 – dont le 2ans Royal Scotsman (Richmond Stakes, Gr2) et Highland Chief (Man O’War Stakes, Gr1) – et trente-cinq depuis ses débuts au haras (d’où un solide 13,3 % de ses partants).

La mère Hunza Dancer (Danehill Dancer) a déjà produit Hexis (Henrythenavigator), gagnant de huit courses et pris en valeur 36,5 Samothrace (Iffraaj), troisième du Prix Charles Laffitte (L). Son 2ans est à l’entraînement chez Philippe Decouz.

La deuxième mère a donné cinq black types, dont Flag of Honour (Galileo), lauréat du St Leger Irlandais (Gr1), Air Chief Marshal (Danehill Dancer), deuxième des Phoenix Stakes (Gr1), et Foxtrot Romeo (Danehill Dancer), deuxième des 2.000 Guinées d’Irlande (Gr1).

Aliette Forien détaille : « Les acheteurs commencent à regarder à nouveau la production de Gleneagles. C’est une famille très vivante et son frère est estimé. Ce yearling est vraiment fait au moule. Il est vraiment très bien. » Elle conclut : « Ce nouveau format complique un peu la tâche des vendeurs sur le plan logistique. Cela fait deux ventes en peu de temps. Mais je ne suis pas du tout négative et il faut reconnaître qu’Arqana a un très beau catalogue pour sa vacation d’août. Il y a vraiment trois cents lots de qualité. C’est du haut de gamme. Je pense qu’il est important de conserver l’émulation avec les courses du meeting. C’est un vrai plus pour tout le monde. Et cette édition 2022 sera festive. Pour août, on ne garde que les yearlings les plus précoces. Les autres peuvent sans problème passer plus tard en vente… »

LES YEARLINGS DE LA VENTE D’AOÛT

Lot Sexe Père Mère

55 F. Almanzor Mojo Risin

60 F. Shalaa Mythic

191 M. Churchill Ysoldina

208 M. Sea the Moon April Eighteen

303 M. Gleneagles Hunza Dancer