Ils rendent hommage à Yves Plantin

22.09.2022

Ils rendent hommage à Yves Plantin

 

 

Pierre-Yves Juillard : « Sans lui, je n’aurais sans doute jamais eu de pur-sang arabes »

Éleveur, propriétaire

« J’ai bien connu Yves Plantin, personnellement comme professionnellement. J’ai été proche de lui jusqu’à la fin. Yves a démarré sa carrière comme marchand d’art avant de décider de changer de vie et de se mettre au vert. Il a d’abord acheté une propriété dans le Poitou, puis, un jour, en venant expertiser une maison dans le Tarn-et-Garonne pour un ami, il en est tombé amoureux. Il l’a achetée et a déménagé du Poitou pour venir s’installer ici à Saint-Hippolyte. En rencontrant Jean-Luc Jardel, il s’est alors tourné vers le pur-sang arabe. Mais surtout, sans lui, je n’aurais sans doute jamais eu de pur-sang arabes et je n’aurais jamais connu le monde des courses, car il faut notamment de l’argent. J’ai connu Yves il y a 20 ans. Il m’a donné deux juments et tout est parti de là.

Habitant à 40 km, je me suis rendu chez lui car il voulait me confier une jument qui s’était fait mal. Nous avions 30 ans d’écart. J’ai toujours été dans les chevaux, mais pas de course. Cela faisait longtemps que j’étais installé. J’ai accepté de prendre la jument, à condition de la faire saillir. Il m’a dit que c’était à moi de décider. On se vouvoyait à l’époque. Quand je suis revenu voir la jument, il avait décidé, avec sa femme, de me donner également sa sœur, Elipse (Tidjani), pour me remercier de prendre Keniah (Kesberoy), qui était une de ses meilleures souches. Ensuite, il m’a demandé par qui je voulais les faire saillir. J’étais embêté car je n’avais pas les moyens de me payer des saillies à 10.000, 20.000 ou 30.000 francs de l’époque. Il m'a alors parlé de son étalon, Njewman. Il m'a proposé de les faire saillir gratuitement (!) et de venir chercher les juments quand elles seraient pleines. Cela vous pose un homme cette histoire. Et pourtant, Yves était un homme de peu de mots, pas comme ces vendeurs de chevaux qui vous racontent des bêtises… Bref, c’est tout simplement un conte de fée. Pourtant, nous ne nous connaissions pas. Qu’est-ce qui a déclenché cette soudaine confiance ? Comme on dit dans la musique ou dans l’art de manière générale, sans doute le courant est passé entre nous.

Me voilà reparti 28 ou 38 jours plus tard avec mon van et mon vieux pick-up, et deux juments pleines aux origines (Kesberoy et Tidjani) recherchées. Ce sont donc mes deux premiers chevaux de course, je vous le jure. Les deux juments poulinent et me font deux chevaux, deux cracks ! L’un est Versac Py (Njewman) et l’autre Di Bacco Py (Njewman). Le premier a été l’un des meilleurs chevaux de sa génération à Dubaï et le second a été très fort également. Deuxième pour ses débuts, à Agen (entraînement Robert Litt, monte Philippe Sogorb), je vends Versac Py dans la foulée à Shadwell, ce qui m’a permis d’avoir la trésorerie pour continuer l’aventure. Le cheval a ensuite continué sa carrière à Dubaï, où il a disputé cinq Kahayla Classic (Gr1 PA), dont une (en 2013) où il a été battu d'une courte tête par Al Mamun Monlau (Munjiz), entraîné par Jean-François Bernard. Vous voyez la qualité du cheval. Malheureusement, Elipse est morte l’année d’après.

Avant de repartir de chez lui, j'ai demandé à Yves si je ne pouvais pas également utiliser les services de son entraîneur, puisque je partais avec une partie de la génétique de son élevage. Histoire d’aller dans la continuité. Il m'a répondu : « Ça, cela risque d’être un peu plus compliqué… » Son entraîneur était le fameux "Robert" (Litt), avec qui je suis devenu copain. Lors d’une réunion à Toulouse, j'ai vu Robert qui était en train de manger. Je me suis présenté et je lui ai demandé s’il voulait bien me prendre pour propriétaire. Il m'a dit : « Bonjour et non ». C’était clair. Il était le meilleur entraîneur de pur-sang arabes du moment. Alors je suis retourné auprès d'Yves, pour voir s’il pouvait m’arranger le coup. Ce qu’il a fait, Robert me rappelant pour me donner son accord. Notre équipe a démarré comme cela. J’aurais aimé les connaître bien plus tôt encore. Ce qu’ils ont vécu avec Robert Litt, c’est génial. En plus, ce sont deux taiseux, alors imaginez quand ils étaient à table, il devait y avoir des blancs (rires).

Yves était une personne très droite, qu’il ne fallait pas décevoir. Il ne parlait jamais d’argent. Par contre, il avait beaucoup d’aplomb dans les ventes aux enchères. Comme il était un bon joueur d’échecs, c’était quelqu’un de réfléchi et il savait très vite quel type d’enchérisseur il avait en face de lui. Il a toujours eu gain de cause d’ailleurs. Du fait de Keniah, nous n’avons jamais eu de rapports d’argent. Je lui ai toujours rendu service, sans rien demander. Je le dépannais dès qu’il en avait besoin (trouver un tracteur, du foin, organiser ses ventes…) car je suis avant tout un paysan et j’ai confié mes chevaux à Robert. Une vraie histoire a commencé entre un jeune paysan et un homme qui est devenu l’un des meilleurs éleveurs de pur-sang arabes alors qu’il n’y connaissait rien au départ. Mais c’était un grand passionné de génétique. Un grand chercheur, qui avait toujours des projets. Il est rare qu’un jeune paysan et une personne qui a eu une autre vie avant les courses se rencontrent. C’est un peu comme un garagiste de campagne qui bricole sa 205 GTI et qui rencontre un champion de Formule 1 ou de rallye qui lui dit "viens dans mon garage, je vais te donner deux moteurs". Cela n’arrive pas tous les jours. Il m’a fait ensuite rencontrer Robert Litt et sa famille, Philippe Sogorb, avec qui je suis devenu proche. Robert a d’ailleurs mis ses chevaux pour l’élevage chez moi. C’est vraiment quelque chose de peu commun.

J’ai aujourd’hui 56 ans et je ne m’occupe que de chevaux arabes de course. J’ai continué à avancer grâce à lui, à me faire connaître à l’étranger avec la réussite des produits de mes juments. Keniah, qui avait eu un petit souci et qui aurait pu être un cadeau empoisonné, est toujours vivante à 22ans et a trois filles qui sont poulinières chez moi. Ma méthode d’élevage et d’éducation des chevaux n’est pas du tout la même que lui. Ce n’est pas comme s’il m’avait appris à élever des chevaux, mais sans sa génétique, sans lui et Robert, je n’aurais jamais fait cela. On pourrait me répondre que j’aurais pu aller acheter une jument. Sauf que je n’avais ni l’argent, ni le réseau. Je venais d’acheter ma ferme et je m’occupais plus de poneys de concours. J’avais 30 ans à l’époque et ce n’était plus facile pour moi. Avec la même génétique que lui, j’ai fait évoluer les chevaux à ma façon. D’ailleurs, j’ai fait peindre Keniah par Claudia Duffé, à Royan. Yves était riche d’une culture artistique et avait trouvé le tableau très beau. Ce tableau, c’est encore un lien entre nous.

Cinq jours avant de mourir, je l’ai appelé car je le savais en sursis et je lui ai parlé de sa pouliche qui débutait en compétition le 13 juillet dernier, Sphère (Njewman). Il m'a répondu et m'a dit : « Attend le 13, ce n’est pas sûr que je sois là. Ce serait mieux que tu me représentes. » Voilà encore un lien entre nous deux. Il ne lui reste que deux chevaux d’ailleurs. La pouliche, donc, et Aligar (Snoopi) qui débute à Dax le 1er août, avec un autre de mes chevaux. Cela me donne des frissons de parler de cela mais c’est la vie. Enfin, autre signe du destin, Yves m’avait confié trois chevaux de son élevage qui étaient chez Philippe Sogorb et qu’il fallait réformer. Il y avait deux hongres et une femelle. Il m’a demandé de tenter de commercialiser dans une autre discipline les hongres et m’a confié la femelle, qui s’appelle Spelea (Njewman) et qui va bientôt pouliner, dans six mois. On ne peut pas dire qu’il m’a fait un dernier cadeau, car on n’en a jamais parlé, mais il faut y voir comme un signe. Il était hors de question que Spelea, âgée de 5ans, parte dans une vente. J’ai également récupéré Ammeria (Njewman), une jument de 6ans. Là aussi, il me demandait par quel étalon j’allais la faire saillir. Elle va rester à la maison et interdiction pour moi de les vendre. Même après sa mort, il restera quelque chose d’Yves chez moi… »

 

Robert Litt : « C’était une personne droite »

Jockey, puis entraîneur

« J’ai travaillé avec lui depuis 1987. Nous avons eu une bonne collaboration. J’ai eu tous ses chevaux. Nous avons tout fait ensemble. C’était une personne droite et nous n'avons jamais eu le moindre problème tous les deux. On s’entendait…(silence). Ce fut un véritable plaisir de travailler avec lui. Tous les ans, j’avais des chevaux de son élevage. On en a eu de supers comme Quazar (Djelfor) qui a gagné à Deauville, à Newmarket, et qui a fait ensuite une super vente, Vitella (Njewman), avec qui on a gagné la French Arabian Breeders’ Cup Classic à Toulouse, Simmbad (Njewman), victorieux à Deauville (devant un certain Lahib !). Il y en a eu tellement. C’est désormais du passé…

Nous nous sommes connus par les courses. En 1987, il y avait très peu d’épreuves pour les pur-sang arabes. Alors que j’avais commencé à entraîner, j’ai eu la chance de tomber sur un cheval, Tout An Khan (Dahman El Arami), élevé par M. Di Francesco, qui avait gagné. De là, Yves Plantin m’a confié un cheval, Walid Al Dunixi (Dunixi), qui avait tous les défauts de la terre (rires) mais qui a très bien marché (Critérium des 3ans, Prix Denouste, entre autres). Il galopait ! C’est comme cela que tout a démarré avec lui et qu’il m’a confié ses chevaux. Nous avons gardé une relation jusqu’au bout. D’ailleurs, c’est un peu à cause de lui que je fais de l’élevage désormais, alors que j’ai arrêté d’entraîner (rires). Auparavant, il m’avait fait entrer au Conseil d’administration de l’Afac, dont il était le président et pour laquelle il a fait beaucoup. En 2011, alors que j’ai arrêté mon métier d’entraîneur, j'ai décidé d’acheter une jument pour commencer à élever. Elle provenait de mon entraînement et le propriétaire cherchait à s’en séparer. C’est Salma Thabeth (Dormane), qui s’avère bien produire et dont j’ai gardé des filles. On s’amuse un peu. Mais c’est vraiment M. Yves Plantin qui m’a mis le pied à l’étrier concernant cette activité. »

 

Philippe Sogorb : « Il était d’une extrême gentillesse »

Jockey, puis entraîneur

« J’ai été jockey chez Robert Litt, qui était l’entraîneur de monsieur Yves Plantin, et j’ai donc monté un certain nombre de ses chevaux. Quand Robert a pris sa retraite, je venais de m’installer comme entraîneur et monsieur Plantin m’a confié tous ses chevaux à l’entraînement. C’était une suite logique. Il était d’une extrême gentillesse, comprenait vraiment les chevaux et les problèmes inhérents à ces animaux. C’était un propriétaire exceptionnel, comme n’importe quel entraîneur rêve d’en avoir. J’ai gagné de belles courses pour lui, fait de belles ventes également. Nous avons eu une collaboration fructueuse et harmonieuse. Son souvenir restera en moi car c’était vraiment une bonne personne.

 

Jean-Luc Jardel : « Nous avons tous les deux œuvré au développement de la filière car dans les années 90 »

Éleveur, propriétaire

« Je connaissais très bien Yves Plantin depuis les années 1986-1987. Nous avons commencé dans le pur-sang arabe ensemble, d’abord dans le show. Plus jeune, Yves Plantin a été marchand d’art. Il a commencé dans l’élevage… de chats siamois dont il était très amateur. Très vite ensuite, il a eu envie de chevaux arabes. Il a acheté une propriété dans le Tarn-et-Garonne et il a essayé, pendant deux ans, trois ans, d’élever des chevaux arabes de show. En 1988, il s’est intéressé au cheval arabe de course. À cette époque, j’avais créé la commission des courses de l’ACA pour s’occuper des courses en France (il y en avait très peu pour cette race à ce moment-là). Il a été l’un des premiers adhérents. Cette commission s’est occupée de promouvoir les courses de pur-sang arabes et de trouver des financements. En 1998, cette commission est devenue l’Afac. Nous avons donc, tous les deux, œuvré au développement de la filière car, dans les années 90, il n’y avait pas beaucoup de moyens. Nous avons fait de l’auto-financement pour certaines épreuves et beaucoup travaillé pour que France Galop nous aide plus. Tout cela, jusqu’à ce que les pays arabes du Golfe persique, ne viennent apporter leur sponsoring. Nous avons désormais un programme bien plus conséquent.

Nous nous sommes donc connus chez Renée-Laure Koch, car nous avions des chevaux de show chez elle. Elle aussi était dans le show et les anglo-arabes. La discipline du show étant aléatoire, nous nous sommes tous tournés vers le pur-sang arabe de course, car c’est une compétition où le meilleur arrive premier (les chevaux ne sont pas soumis aux juges, comme dans le show). Physiquement, ce ne sont pas les mêmes chevaux non plus. Il y a eu des exagérations dans le show, avec parfois des chevaux presque infirmes. Yves Plantin a donc acheté des juments d’origine française (car plus tournée vers la course) et l’élevage a commencé. Il s’est basé sur des filles de Nevada II (Djanor) comme Nanou (Ourour). Il a croisé la suite avec des origines russes de course.

Nous avions une relation amicale, étant presque un voisin, habitant moi aussi dans le Tarn-et-Garonne. Je l’avais encore eu au téléphone il y a une dizaine de jours. Nous allions souvent chez l’un ou chez l’autre. Nous parlions de tout, pas seulement d’élevage. Nous avons fait pas mal de voyages ensemble, comme au Sultanat d’Oman, des réunions de l’Ifahr où il a siégé également et nous allions aussi aux course ensemble. Nous avons aussi acheté ses juments ensemble. Et je lui avais vendu celui qui allait devenir son étalon, Njewman (Djourman). En effet, j’avais loué la mère de ce dernier, Nefta (Saint Laurent), au haras de Pompadour. Malheureusement, son produit, Njewman s’est accidenté et n’a jamais pu courir. Comme j’avais son trois quarts frère, Tornado de Syrah (Djourman), je lui ai vendu Njewman. Il s’est servi de ce dernier pendant pas mal de temps. C’était une belle origine française.

Je garderai le souvenir d’un homme cultivé, avec qui j’aimais bien discuter. Il était très passionné par les arts, son premier métier. Un homme bien. »

 

THE TRIBUTES PAID TO YVES PLANTIN

 

Pierre-Yves Juillard: "Without him, I would probably never have dabbled in PA horses"

Owner-breeder

"I knew Yves Plantin well, both personally and professionally. I was close to him until the end. Yves began his career as an art dealer, before deciding to change his lifestyle by embracing the countryside. Initially, he bought a property in Poitou, and, then, one day, while providing his expertise on a house in the Tarn-et-Garonne region on behalf of a friend, he fell in love with it. He bought it and subsequently moved from Poitou to Saint-Hippolyte. In the wake of meeting Jean-Luc Jardel, he turned his attentions to PA horses. However, I would never have embraced PA horses had I not met him, and neither would I have become acquainted the world of racing, because you need money to do this. I met Yves 20 years ago. He gave me two mares and everything started from there.

Living some 40 kms away, I went to his place because he wanted to entrust me with a mare that had been injured. The age gap between us was 30 years. I’ve always been involved with horses, but not racing. I had been in this sphere for a long time. I agreed to take the mare but on condition that she be bred to a stallion. He said that was my decision to make. We were on good if more formal terms at the time. When I returned to see the mare, he and his wife had decided to also entrust me with the care of her sister, Elipse (Tidjani), which was to thank me for having taken-in Keniah (Kesberoy), who hailed from of his best bloodlines. He then enquired as to which stallions I wished to breed to the mares to, and this embarrassed me because I couldn't afford to pay the various 10,000, 20,000 or 30,000 francs covering fees at the time. He then told me about his stallion, Njewman. He said that he would waiver the covering fees (!), and instructed me to come and collect the mares once they had tested in-foal. That's quite a story. Although Yves was a man of few words, and unlike these horse dealers who talk nonsense...and, to sum up, it’s something of a fairy tale. However, we didn't really know each other. So what triggered this sudden rapport of confidence? As they say in the music world, or art in general terms, there was probably an affinity between us. Some 28 to 38 days later, here I am again having availed myself to my van and my old pick-up truck in order to transport the two in-foal mares, complete with their regal pedigrees (Kesberoy and Tidjani). These were my first two racehorses, and I swear to that. The mares went on produce two foals, and crack performers at that! One was Versac Py (Njewman) and the other was Di Bacco Py (Njewman). The first was one of the finest performers of his generation in Dubai, and the latter also proved to be very smart. Second on his debut at Agen (for the trainer-jockey combination of Robert Litt and Philippe Sogorb), I subsequently sold Versac Py to Shadwell which provided me with the necessary capital to continue my odyssey. The horse continued his career in Dubai, where he contested five editions of the Kahayla Classic (Gr1 PA), including one (in 2013) in which he got beaten a short head by the Jean-François Bernard-trained Al Mamun Monlau (Munjiz). You can ascertain the quality of the horse. Alas, Elipse died the following year."

Before leaving his home, I asked him if I could enlist the services of his trainer, and given that I was tapping into some of the gene pool of his breeding operation. This was just to be able to operate on the same wave length. He replied: "That might be a bit more difficult..." His trainer was the renowned 'Robert' (Litt), with whom I became friends. During a meeting at Toulouse, I saw Robert eating. I introduced myself and asked him if he would like to have me as an owner. He said: 'Hello and no'. It was that cut and dry. He was the best PA trainer at the time. So I went back to Yves to see if he could swing it for me. He did so, and Robert called me back, having agreed to train for me. Our team came into being like this. I wish I had got to know them before. The experience with Robert Litt was a great one. Besides, these are two taciturn individuals, and so you can imagine when they were seated down at the table [for a meal], for there must have been periods of silence (chuckling).

A very straight person in his dealings, Yves wasn’t the sort of person who you set out to dupe. He never talked about money. On the other hand, he was a very good operator at sales where horses were auctioned publicly. As he was a good chess player, and very much a calculator, he very quickly cottoned on to what kind of bidder he had in front of him. So he invariably came out on top at the sales. Keniah was responsible for the fact that money never governed our relationship. I always gave him a helping hand, but without asking for anything in return. I invariably helped him whenever he needed something (such as sourcing a tractor or hay and organising his sales...) and being primarily of peasant stock, and one that entrusted his horses to Robert [Litt].., a real rapport began between a young son of the soil and a man who became one of the best breeders of PA horses, and this despite the fact that he knew nothing about them at the beginning. However, he was a great lover of genetics. A great researcher, he always had plans. It’s rare for a young man of peasant stock and a person, hailing from a different background prior to going into racing, to hook up in this way. It's a bit like a country garage owner, who tinkers with his 205 GTI and meets a Formula 1, or rally driver champion, who then says, come to my garage, and I'll gift you two engines. That doesn't happen every day. He then introduced me to Robert Litt and his family, and Philippe Sogorb with whom I became close. Robert also entrusted me with the care of his breeding stock. It's something really rare.

I’ve reached the age of 56 and I am involved exclusively with PA horses. That I’ve continued to progress, and have also forged a reputation internationally, is thanks to the success of my mares' progeny, and it’s down to him. Keniah suffered from a minor ailment and the mare could have been a poisoned chalice, but she's still alive at the age of 22, and three of her daughters have been drafted into my broodmare band. My method of breeding and rearing horses is very different to his one. It's not as if he taught me how to breed horses, but if you factor out his genetic base, and further remove him and Robert from the equation, I would never have succeeded. Some might say that I could have gone out and bought a mare. That’s except for the fact that I didn't have the money or the network to do this. I had just bought my farm and was more involved with show ponies. I was a 30-years-old at the time and it was no easy matter for me. Given the same gene pool as his one, I have developed the horses in my own way. Moreover, I had Keniah’s portrait painted by Claudia Duffé at Royan. Yves had a rich heritage in terms of the culture of the art world, and he really liked the painting. This painting is still a link between us.

 

Five days before he died, I called him because I knew he was living on borrowed time, and informed him about his unraced filly who was going to make her debut on 13th July, Sphere (Njewman). He replied: "Hold fire until the 13th as it's not sure I'll be around. It would be better if you represented me." Here is yet another link which binds the two of us. He only had two horses to his name. That is the above filly and the unraced debutant Aligar (Snoopi), who is due to race at Dax on August 1st in the same heat as one of my horses. It sends shivers down my spine when talking about it but that's life. The hand of destiny also manifested itself for a final time, as Yves had entrusted me with three horses from his stud, which were with Philippe Sogorb, but which needed to embrace different pathways. They were two geldings and a filly. He asked me to try to upgrade the geldings commercially by embracing other disciplines, and entrusted me with the in-foal mare Spelea (Njewman), and who is due to foal in six months’ time. You can't say that he gave me a last gift, because we never talked about it, but it must be seen as a sign. It was out of the question that that the 5-year-old Spelea would go to the sales. I’ve also taken charge of the 6-year-old mare Ammeria (Njewman). Again, he asked me to which stallion was I going to breed her to. She will remain at home with me and there’s no question of me selling them. Even after his death, something of Yves will remain with me..."

 

Robert Litt: "A very straight person in his dealings"

Jockey turned trainer

"I’ve worked with him since 1987. We had a good rapport. I've trained all his horses. We did everything together. He was a straight person in his dealings, and we never had any problems. We got along…(silence). It was a real pleasure to work for him. Every year I was given his home-breds to train. We had some great performers in the mould of Quazar (Djelfor), and a winner at Deauville and Newmarket, before being sold for very good money; we trained Vitella (Njewman) to win the French Arabian Breeders' Cup Classic at Toulouse; and there was also the Deauville winner Simmbad (Njewman (who beating a certain Lahib!). There have been so many. It's all in the past now…

We met through racing. There were very few races for PA horses in 1987. When I started training, I was lucky enough to be entrusted with Tout An Khan (Dahman El Arami), bred by Monsieur Di Francesco, and a winner on top of that, From then on, Yves Plantin entrusted me with a horse, Walid Al Dunixi (Dunixi), who had every fault imaginable (chuckling) but who did very well on the racecourse (the winner of the Critérium des 3ans and Prix Denouste among others). He could gallop! That's how the seeds were sown as he entrusted me with his horses. Our relationship lasted until the very end. In fact, it's partly down to him that I'm now breeding horses even though I've stopped training (chuckling). Before that, he saw to it that I became part of the executive board of AFAC, of which he was the president, and for which he did a lot. In 2011, having stopped training, I decided to buy a mare in order to start breeding. She hailed from my yard, and the owner was looking to sell her on. She was Salma Thabeth (Dormane), who proved out to be a good producer, and whose daughters I have retained. We have a bit of fun. However, it was really Monsieur Yves Plantin who got me started in this business."

 

Philippe Sogorb: "He was a very kind man"

Jockey turned trainer

"I was a jockey with Robert Litt, who was the trainer of Monsieur Yves Plantin, and I rode a number of his horses. When Robert retired, I set up as a trainer and Monsieur Plantin gave me all his horses to train. It was a logical progression. Extremely kind, he really understood horses and the problems which bedevil them. He was an exceptional owner, and one that any trainer would dream of having. I won some top races for him, and did well when it came to selling the horses on. Ours was a fruitful and harmonious partnership. His memory will stay with me because he was a really good person."

 

 

 

 

 

 

 

 

Jean-Luc Jardel: « We both endeavoured to develop the PA sector in the 1990s»

Owner-breeder

« I knew Yves Plantin very well from the 1986-1987 period. We started out by dabbling in PA horses together on the show ring circuit. Yves Plantin was an art dealer when he was younger, He started out by breeding Siamese cats of which he was very fond. Subsequently, he very quickly developed an affinity for the PA horse. He acquired a property in the Tarn-et-Garonne region, and over a period of two to three years, he endeavoured to breed Arabian show horses. He developed an interest in Arabian racehorses in 1988.

At that time, I had set-up the ACA (Association d’Eleveurs de Chevaux Arabes pur-sang et demi-sang) Racing Commission, with the aim of overseeing [PA] racing in France (as there was very little for the breed at that time). He was one of its first members. This commission was in charge of promoting PA racing and identifying income streams. In 1998, this commission became AFAC (Association Francaise du Cheval Arabe de Course). We both endeavoured to develop this sector because, in the 1990s, money was hard to come by. We embraced self-financing initiatives for certain events, and worked hard to get France Galop to provide more help. That was until the Arab countries, which comprise the Persian Gulf states, provided us with sponsorship. We now have a far more substantial racing calendar.

We met at Renée-Laure Koch's stud because we boarded show horses at her place. As well as show horses, she was also involved with Anglo-Arabians. As the show discipline was an uncertain environment, we turned our attentions en bloc to the PA horse, as it’s a form of competition where the best horses come first (as the horses aren’t subjected to the judges’ scorecards as in the show ring). Physically speaking, they are also different types of horses either. There have been excesses in the show arena, which have sometimes almost crippled horses. Yves Plantin therefore bought mares with French pedigree pages (as they were more suited to racing), and so his breeding operation began. He based his breeding on daughters of Nevada II (Djanor), such as Nanou (Ourour). He then crossed them with Russian bloodlines.

Ours was a friendly relationship, as were almost neighbours, given that I, too, was living in the Tarn-et-Garonne region. I had had him on the phone again about ten days ago. We often visited each other. All subjects were up for discussion, and not just breeding. We made a lot of trips together, such as our visit to the Sultanate of Oman, the meetings at IFAHR (International Federation of Arabian Horse Racing), where he was also a member, and we also went racing together. We acquired his mares together. I also sold him [a mare] that would later produce his stallion, Njewman (Djourman). Indeed, I had leased the latter's dam, Nefta (Saint Laurent) to the Haras de Pompadour, Unfortunately, her son Njewman met with an accident and never raced. Given that I already owned his three-parts brother, Tornado de Syrah (Djourman), I sold him Njewman. The latter was a firm fixture with him for quite some time. His was a regal French pedigree.

I will always recall him as a cultured man, with whom I enjoyed conversing. He was very passionate about the arts, which was his very first profession. He was a good man. »