EMBARQUEZ POUR LE PAYS OÙ LES POP STARS SONT DES CHEVAUX !

International / 26.11.2022

EMBARQUEZ POUR LE PAYS OÙ LES POP STARS SONT DES CHEVAUX !

EMBARQUEZ POUR LE PAYS

OÙ LES POP STARS SONT DES CHEVAUX !

Dimanche, rendez-vous pour la Japan Cup ! La France est triplement représentée dans l’épreuve, avec Onesto, Simca Mille et Grand Glory. Jour de Galop est sur place, à Tokyo, pour vous faire vivre l’événement. Anne-Louise Échevin, grande fan de la culture nippone, a donné de sa personne pour que vous ressentiez à quel point le Japon vit pour les courses. Elle s’est rendue à Akihabara, le quartier de Tokyo célèbre pour ses arcades de jeu, ses mangas, et ses magasins dédiés à tous les héros des jeux vidéo. Elle a testé tous les jeux en relation avec les courses (et il y en a). Pour savoir si elle est sortie gagnante de cette expédition, rendez-vous en page 2 !

SPÉCIAL JAPAN CUP

Des soucoupes volantes et des chevaux

Par Anne-Louise Échevin

Pour mesurer la popularité d’un sport, sa présence dans la pop culture est un bon élément. C’est dans cette optique que, jeudi, je me suis rendue à Akihabara, le quartier de Tokyo célèbre pour ses arcades de jeu, ses mangas, et ses magasins dédiés à tous les héros des jeux vidéo, animes – oui, parlez de manga pour la version livre, d’anime pour les versions films. Il n’y a qu’à Tokyo que je pouvais réfléchir pendant dix minutes s’il était bien raisonnable d’acheter un Tamagotchi R2D2, le petit robot de Star Wars. Ah, les Tamagotchis ! Une madeleine de Proust pour ma génération. Nous ne voulions pas les abandonner et les cachions dans nos sacs de cours pour continuer à nous occuper de ce petit être virtuel en classe…

Akihabara est nommée la "ville électrique". Si vous voulez acheter télévision, consoles de jeu et autres outils technologiques, vous y trouverez forcément votre bonheur ! Côté gadgets en tout genre, il y a aussi de quoi faire. Le quartier m’a replongée en enfance, aux bons souvenirs de ces heures passées sur ma Game Boy pour jouer à Pokemon, Donkey Kong et autres Kirby. J’étais arrivée à Akihabara avec un plan en tête : celui de marcher dans les traces des héroïnes d’Uma Musume Pretty Derby, ces jeunes filles cheval qui participent à des courses et sont aussi des "idoles" (ces jeunes chanteurs/danseurs de pop). Je n’avais pas forcément prévu le reste.

Se laisser tenter par GIGO

L’image d’Épinal d’Akihabara est un bâtiment rectangulaire rouge qui, pendant longtemps, portait fièrement l’enseigne de Sega. Ce n’est plus le cas depuis septembre 2020. Les temps sont durs et Sega, dans un environnement concurrentiel, n’a pas tenu le choc. Sony et sa PlayStation sont passés par là. Dommage ! J’aurais bien aimé voir cette enseigne : sa Game Gear a été ma toute première console, avec tant de temps passé à jouer avec Ecco le dauphin, Sonic, ou autres Aladdin et Le Roi Lion… avant de passer à la concurrence (Nintendo et la Game Boy). Sega a en partie disparu, devenant GIGO. L’entreprise est encore active dans les jeux d’arcade. Elle édite d’ailleurs un jeu vidéo d’arcade de courses hippiques nommé Star Horses. Malheureusement, vous n’en trouverez pas du côté d’Akihabara. Si vous voulez vraiment essayer, il semblerait que cela soit possible du côté de Shinjuku.

Le dépaysement commence dès la gare : les affiches pour mangas et animes sont présentes partout. Après avoir vu le bâtiment de l’autre côté de la route, il fallait bien l’observer de plus près ! C’est là que le piège s’est refermé sur moi.

Le Dream Castle, premier mangeur de Yens

À l’entrée du bâtiment GIGO, quasiment sur la route, se trouve une drôle de machine ressemblant à une soucoupe volante transparente. Elle est nommée Dream Castle et, en effet, c’est une petite machine à rêves… Parce qu’il faut être bien rêveur pour espérer gagner ! Le regard est attiré par le haut de la machine, où trônent plein de petites peluches de chevaux de courses beaucoup trop mignonnes. Ce ne sont pas les mêmes que celles éditées par la Japan Racing Association et vendues dans les Turfy Shop, mais ce sont bien des chevaux de courses ayant existé. Dans le Dream Castle, cependant, pas de peluches à gagner. Sur un plateau, des figurines de petits chevaux tournent emprisonnées dans des capsules : je vois Orfèvre ou encore Contrail. Le principe est simple : il faut insérer 100 yens, appuyer sur un bouton qui met en marche un bras articulé lequel vient balayer le plateau pour pousser une capsule dans un petit sas où vous pouvez la récupérer. Évidemment, le but est que vous perdiez. Je le savais bien mais comment, oui comment diable, voulez-vous garder votre sens des responsabilités et du raisonnable devant un tel petit trésor ?

J’ai tenté ma chance. J’ai perdu. Il faut tenter de bien calculer le coup pour que le bras électronique – tout fin – vienne balayer au moment où il y a le plus de capsules possible et, ainsi, que les capsules, se poussant l’une et l’autre, finissent par trouver la sortie. J’ai fait appel à tous mes souvenirs de géométrie dans l’espace et j’y ai cru, tout comme certains de mes voisins de jeu. Peine perdue… Au bout de cinq essais et quelques jurons bien sentis, j’ai bien fini par m’avouer vaincue, pensant à mon banquier et aux cadeaux de Noël que je n’ai toujours pas faits. Je pensais que l’histoire allait s’arrêter là.

Les UFO Catchers hippiques partout

Les UFO Catchers sont ces machines attrape-peluches où vous dirigez une pince pour attraper votre cadeau. Elles sont situées sur les premiers étages des Arcades d’Akihibara. Des Pikachu, des Kirby, des Snoopy… Obligée d’y aller faire un tour !

Un mur entier d’UFO Catchers avec d’énormes peluches de chevaux de course. Orfèvre, Efforia, T.M. Opera O, Sakura Laurel, Special Week. Entre eux et moi, juste une vitre en plastique. Au secours et désolée monsieur le banquier...

Ne reste plus que la raison du porte-monnaie. Quelques pièces y traînent encore. Et, encore une fois, cela a l’air facile : allez, essayons ! Il faut diriger la pince pour qu’elle se referme sur une peluche et la fasse tomber dans le bac pour la récupérer. Mais les dés sont pipés ! La pince, composée de trois dents, va, a priori, toujours se refermer sur la peluche. Elle va la soulever et vous vous imaginez déjà serrer votre belle peluche dans vos bras. Mais non. Le concepteur de ces jeux avait a priori des comptes à régler avec l’humanité et, après que j’ai eu de l’espoir, une partie de la pince va laisser s’échapper le précieux cadeau. De quoi relancer une salve de jurons bien sentis.

Le facteur Impacto

Plus de pièces dans mon porte-monnaie. Il est temps de se remettre à la recherche des jeunes filles-cheval d’Uma Musume. En passant, forcément, par quelques autres Arcades, un peu plus grandes que le bâtiment de GIGO, pour monter dans les étages et voir les espaces jeux vidéo. Encore des UFO Catchers. Ce n’est pas drôle sinon ! Même les quelques salles que j’ai visitées proposaient toutes des UFO Catchers de chevaux de course, attirant beaucoup de jeunes. Si elles proposent ces peluches-là, c’est qu’il y a un public pour. Il y en a de toutes les tailles. Mais que nenni, on ne m’y reprendra plus ! J’ai appris ma leçon, je suis une adulte responsable, oui monsieur, oui madame ! Je résisterai et je vais sauver mes yens pour le Turfy Shop, où je suis au moins certaine de repartir avec une peluche ! Mais…

Il est là, devant moi. Tout seul dans sa machine. Tout rond, tout mignon. Irrésistible.

C’est "Impacto", comme le disent les Japonais. Deep Impact. Je n’ai plus de pièces. Mais j’ai des billets et, évidemment, il y a des machines pour les convertir en pièces. Ce n’est pas raisonnable, je vais perdre, évidemment. Mais c’est Deep Impact et le cœur a ses raisons que la raison ignore ! On ne sait jamais, sur un malentendu cela peut marcher, non ?

Désolée, monsieur le banquier… Et les filles-cheval ? Je vous raconte demain…