Royal Dubai, un espoir classique… qui n’a coûté que 4.000 € chez Osarus !

International / 26.11.2022

Royal Dubai, un espoir classique… qui n’a coûté que 4.000 € chez Osarus !

Meydan (AE), vendredi

Vendredi soir à Meydan, le "FR" Royal Dubai a débuté par une victoire de sept longueurs. Un succès qui n’a pas échappé à la presse internationale, ce simple Maiden hivernal faisant l’objet d’élogieux articles…

Par Adrien Cugnasse

La victoire de Royal Dubai (Seahenge) est très plaisante et, pour la visionner, cliquez ici https://youtu.be/6mWhDJHtPZ8

En descendant de cheval, Patrick Cosgrave a déclaré : « J’ai beaucoup aimé la manière dont il a rapidement dominé la course. Au bout de 300m, l’affaire était entendue. Ce poulain a tout pour lui, aucun défaut particulier. Et il n’aura pas besoin de beaucoup progresser pour s’affirmer comme un candidat aux Guinées. » Patrick Cosgrave a gagné les 1.000 Guinées des Emirats (L) en 2018 avec Winter Lightning (Shamardal), vue ensuite au départ du Prix de l’Opéra (Gr1), et les 2.000 Guinées locales (L) en 2020 avec Dubai Love (Night of Thunder), un poulain placé au niveau Groupe par la suite en Europe.

L’avis de l’entraîneur

Royal Dubai est entraîné par Bhupat Seemar, tête de liste l’année dernière chez les entraîneurs aux Emirats. Contacté par téléphone samedi matin, il nous a dit : « Ce poulain a été très impressionnant. Lors de la même réunion, les chevaux d’âge couraient sur le même parcours. Et la course des 2ans est allée plus vite. Royal Dubai a eu un déroulement en sa faveur mais cela n’enlève rien à son mérite. Nous allons le tester au niveau Groupe avant d’aller sur les UAE 2.000 Guinées (L). Le Maiden de vendredi est certainement très relevé et je ne serais pas surpris si la ligne se révélait solide. Mais c’est un cheval qui passe un peu inaperçu le matin car, physiquement, il ne sort pas du lot. Il très calme et particulièrement facile à entraîner. J’ai 25 sujets de 2ans dans mes boxes. Tous n’ont pas encore été testés en compétition, mais à ce stade Royal Dubai est mon meilleur cheval dans cette génération. C’est mon premier partant pour Saeed Sultan Al Rahoomi… C’est donc de bon augure ! »

Sa mère n’a coûté que 2.500 €

Royal Dubai a été élevé en France, au haras de Montaigu, pour le compte de l’Italienne Julia Montanari. Samedi matin, elle nous a expliqué : « J’ai acheté la mère, Sand Rose (Aussi Rules), pour 2.500 € lors de la vente de décembre 2015. Elle sortait de l’entraînement [non gagnante en huit sorties, ndlr]. Ce n’était pas une grande pouliche, mais elle était bien faite. » Sand Rose est une sœur de Gardol City (Elusive City), troisième du Prix de Guiche (Gr3), et de Desert Icon (Sea the Stars), gagnant de Gr3 sur 2.000m à l’âge de 6ans en Australie. Royal Dubai a la même deuxième mère que Shalromy (Shalaa), deuxième du Prix des Marettes, bonne gagnante de sa Classe 2 à Deauville et très malheureuse dans le Prix Marcel Boussac (Gr1). Estimée, Shalromy reste à l’entraînement car son entourage voit en elle une 3ans pour les bonnes courses de 2023 en France. C’est la grande souche des "P" de l’élevage Wildenstein et, sous la quatrième mère, on retrouve (entres autres) Peintre Célèbre (Nureyev).

Le croisement

Royal Dubai fait partie de la première génération de Seahenge (Scat Daddy), jeune étalon du haras de la Haie Neuve. Il y a quelques jours, il a donné son premier gagnant sur le dirt en Argentine. Et Royal Dubai est son septième gagnant dans le monde. Selon ce critère, c’est l’étalon de première production français qui a le plus de lauréats dans sa génération. En France, avec ses premiers 2ans, il a déjà donné cinq gagnants. Dont Seakine (Seahenge), lauréat de l’important Prix du Four à Chaux, de deux longueurs. La ligne de ce Maiden a répété : Sirtaki (Kingsalsa) a gagné deux fois ensuite, avant d’être vendu à Team Valor, alors que Liceo (Almanzor) a remporté son Maiden avec la manière à Pau. Ludovic Gadbin a déclaré au sujet de Seakine : « Je le pense capable de beaucoup progresser. Il fera un bon 3ans. » Julia Montanari poursuit : « Je voulais changer de courant de sang et aller à du sang neuf. D’où l’utilisation de Seahenge, qui apportait par ailleurs du modèle à la mère. »

Le coup de génie de John Bourke

L’homme d’Hyde Park Stud n’en est pas à son premier tour de force. Cachet (Aclaim), qu'il a élevée puis vendue à Craven Breeze Up, a remporté les 1.000 Guinées (Gr1) dans un superbe style. Un grand moment pour l'Irlandais. La victoire est d'autant plus belle que John Bourke a acheté la mère, Poyle Sophie (Teofilo), pour seulement 3.000 Gns en décembre 2018. Concernant Royal Dubai, il a signé un chèque de seulement 4.000 € chez Osarus en septembre 2021, où il était présenté par le haras de Montaigu. Julia Montanari détaille : « John Bourke est un juge formidable. Nous l’avons laissé partir pour une petite somme car il faut "lancer" la jument en course et nous essayons de ne pas garder les mâles… »

Le premier bon cheval d’un jeune propriétaire

John Bourke a ensuite présenté Royal Dubaï, qui a été revendu 36.000 Gns à Ajay Anne (New Approach Bloodstock). Samedi, le courtier nous a dit : « Vendredi soir, ce 2ans m’a beaucoup impressionné. Ils étaient 15 au départ, avec plusieurs entourages ayant annoncé leur estime pour des sujets payés très cher, que ce soit aux breeze up à Dubaï ou aux États-Unis. Royal Dubai, acheté à petit prix, était d’ailleurs à 60/1. Je pense qu’il bat un bon lot. C’est important pour ce propriétaire, qui est arrivé récemment dans les courses, il a la quarantaine comme moi ! Lors de la breeze up, je n’avais pas un budget énorme. Mais il m’a fait confiance et nous avons choisi ce poulain malgré son pedigree peu confirmé. Mon agence de courtage se nomme New Approach Bloodstock et je pense qu’effectivement parfois il ne faut pas avoir peur de "prendre une nouvelle approche". De sortir des sentiers battus. Royal Dubai a bien breezé, dans une très bonne action mais bien sûr son chrono n’était pas l’un des meilleurs. De toute façon les plus rapides sont hors de prix pour le budget que nous avions. Le poulain montrait des signes d’immaturité mais semblait avoir beaucoup de marge. Du coté paternel, il y a beaucoup d’éléments pour réussir sur le dirt. Mais il est plus taillé pour le gazon. Je pense qu’il peut réussir sur les deux surfaces. Nous l’avons envoyé chez Marco Botti, qui a rapidement vu le bon cheval en lui, tout en nous suggérant de lui donner du temps. C’est ce que nous avons fait ! Mais Saeed Sultan Al Rahoomi vit aux Émirats et nous avons saisi l’opportunité de l’envoyer à l’entraînement ici. Cela étant dit, c’est un propriétaire qui continue à s’intéresser aux courses européennes. Il n’a des chevaux que depuis une paire d’années. »