Spécial Japan Cup : le pire adversaire de la Japan Cup ? Les raids japonais !

International / 22.11.2022

Spécial Japan Cup : le pire adversaire de la Japan Cup ? Les raids japonais !

La Japan Cup est une victime collatérale de la montée en puissance du Japon hippique, devenu l’une des nations les plus puissantes des courses… Parce que, pour s’affirmer comme l’une des plus grandes nations du monde, il faut briller à l’international.

Désormais, les chevaux japonais voyagent beaucoup. Quand on veut devenir la plus grande nation hippique du monde, il ne suffit pas d’être prophète en son pays et cela, les propriétaires/éleveurs et entraîneurs japonais l’ont compris. Si la J.R.A. augmente encore l’allocation de la Japan Cup en 2023, ce n’est pas tant pour attirer les concurrents internationaux que pour limiter "la fuite des talents" locaux, particulièrement marquée en 2022. Évidemment, il n’est pas possible de définir une tendance sur une seule année… Mais citons des gagnants de Gr1 comme Lys Gracieux, Love only You, Glory Vase, A Shin Hikari ou encore Deirdre. Ils auraient tous eu leur place dans une Japan Cup ces dernières années, mais leurs entourages ont préféré voyager.

Les voyages s’intensifient

Nous avons eu un record de quatre partants du pays du Soleil Levant dans le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe 2022. Le choix de la France se fait au détriment de la Japan Cup : début octobre à fin novembre, avec l’aller-retour et le changement d’environnement, c’est beaucoup demander à un cheval, même si ce n’est pas impossible non plus. Certains concurrents japonais préfèrent aussi se diriger vers Hongkong à la mi-décembre, une bonne alternative pour les chevaux de 2.400m (le Vase) mais qui offre aussi l’option d’aller sur 2.000m (la Cup). Les deux courses sont une concurrence directe à la Japan Cup et 2022 le montre bien. Cette année, les professionnels japonais ont souscrit 63 engagements pour les quatre courses internationales de Hongkong : ils n’avaient pas fait mieux depuis 2013 et leurs 69 engagés. Si l’on regarde les engagements de la Cup et du Vase, 36 chevaux japonais sont inscrits cette année.

Et encore, cela pourrait être pire ! Les Japonais n’ont pas fait le déplacement pour la Breeders’ Cup 2022, malgré leurs deux victoires historiques en 2021. Peut-être que Keeneland et sa météo imprévisible ne leur ont pas plu. Il sera intéressant de voir si le retour sur la côte Ouest en 2023, avec un voyage moins long et la piste rapide de Santa Anita, les séduira davantage. Quant à l’Australie, avec son Cox Plate – remporté par Lys Gracieux en 2019 –, sa Caulfield Cup (remportée par le Japon en 2019 et 2014) et sa Melbourne Cup (victoire en 2006), elle peut redevenir un objectif avec plus de facilité de transport… et un allégement des procédures vétérinaires.

Toujours offensifs sur les rings internationaux

Sunday Silence, arrivé au Japon en 1991, a changé beaucoup de choses mais il n’est pas la seule raison du développement spectaculaire des courses japonaises. Les grands éleveurs ont investi des sommes colossales sur les juments. Cela n’est pas près de se terminer. Les résultats des ventes d’élevage aux États-Unis en 2022 l’ont bien montré. À Fasig-Tipton, les achats japonais ont représenté 17,48 % du marché et, lors du Jour 1 de la vente d’élevage de Keeneland, les achats japonais ont représenté près d’un quart du chiffre d’affaires, malgré un yen très faible. La présence des chevaux japonais au top des ratings internationaux a progressé de façon spectaculaire en moins de vingt ans. D’ailleurs, malgré la faible présence d’internationaux au départ, la Japan Cup s’en sort très bien dans les classements des meilleurs Grs1 du monde : lors de ses neuf dernières éditions, le Gr1 a obtenu à six reprises un rating (moyenne des ratings des quatre premiers) supérieur à 120 et elle apparaît constamment, depuis 2013, dans le classement des cent meilleurs Grs1 du monde.

Face à une telle opposition locale, pourquoi donc faire un si long voyage pour courir la Japan Cup avec si peu d’espoir de victoire ? C’est un des défis que doit relever la J.R.A.

La suite de notre dossier Japan Cup demain

Épisode 1 : Comment la JRA a cravaché pour rebooster la Japan Cup (publié dans notre édition du dimanche 20 novembre)

2 : La France peut gagner la Japan Cup 2022 (publié hier)

3 : Le pire adversaire de la Japan Cup ? Les raids japonais ! (aujourd’hui)

4 : La concurrence des mégas courses (daté jeudi 23).

APLAT

 

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