Simon Davies : « Je recherche des femelles avec un vrai profil d’élevage »

International / 07.12.2022

Simon Davies : « Je recherche des femelles avec un vrai profil d’élevage »

Cette année, sa casaque a fait son apparition sur les programmes d’obstacle français. Avec Royale Margaux (Doctor Dino), il a enlevé son premier Gr1 dans la Gran Corsa di Siepi dei 4 anni à Merano et deux Listeds, les Prix Durtain et James Hennessy, sur notre sol. Simon Davies est un propriétaire-éleveur qui veut insuffler de nouvelles idées dans l'élevage britannique. Nous l’avons rencontré le samedi 3 décembre à Auteuil.

JDG. – Comment vous êtes-vous lancé dans les courses d’obstacle françaises ?

Simon Davies. – Je suis intéressé par l’élevage et notamment par l’élevage français. C’est ce qui m’avait motivé à acheter Planteur il y a trois ans. Je veux poursuivre ce que Planteur a commencé à faire en France en tant qu’étalon, tout en étant basé en Angleterre. Il faut aussi avouer que les primes et les allocations sont bien meilleures en France qu’en Angleterre, notamment pour les jeunes chevaux. J’ai eu Royale Margaux ** (Doctor Dino) en France mais elle vient de rejoindre l’Angleterre. J’ai deux jeunes hongres par Planteur chez vous, dont un chez Hugo Mérienne. Et, enfin, je viens d’en placer un chez Louisa Carberry. Je veux garder un pied sur le marché français afin de faire la promotion de mon élevage et de mes étalons. Outre Planteur, j’ai également Walzertakt et Bangkok.  

Combien de juments avez-vous ?

J’ai 35 poulinières basées dans le Herefordshire, en Angleterre, sous la bannière Dahlbury. Cette année, nous avons acheté Put the Kettle On (Stowaway) qui a remporté le Queen Mother Champion Chase (Gr1) à Cheltenham en 2021 et l’Arkle en 2020, mais également Quilita (Lomitas), la mère de Quilixios ** (Maxios), gagnant du Triumph Hurdle (Gr1) 2021, Aspidistra (Hernando), la mère d’Adagio (Wiener Walzer), lauréat du Finale Juvenile Hurdle (Gr1). Nous venons également d’acheter Win my Wings (Gold Well) qui a remporté cette année le Scottish Grand National (Gr3). Nous avons cherché à améliorer la qualité de nos poulinières et souhaitons réellement acquérir les meilleures juments. Je ne fais pas vraiment d’élevage pour vendre, mais pour courir. C’est mon objectif !

Comment avez-vous décidé d’acheter Royale Margaux ?

Nous l’avons obtenue chez Auctav. Elle est actuellement revenue en Angleterre car elle a été un peu malade après sa dernière sortie. Mais elle va mieux. Elle devrait être revue à Doncaster en janvier. Si elle se porte bien et court correctement à Doncaster, elle pourrait s’aligner en piste lors du Festival de Cheltenham. Elle sera entraînée par Tom Symonds.

Pourquoi vous êtes-vous tourné vers l’obstacle ?

J’ai quelques chevaux en plat, notamment chez Andrew Balding. Mais ma passion reste les courses d’obstacle. Je les préfère aux épreuves plates. Selon moi, il y a plus de passion et d’émotions en obstacle.

Combien de chevaux avez-vous en France et prévoyez-vous de faire grandir votre écurie chez nous ?

J’ai actuellement deux chevaux en France : les deux Planteur placés respectivement chez Hugo Mérienne et Louisa Carberry. Ceux que j’avais en France jusqu’à présent ont déménagé en Angleterre. À l’avenir, je pense avoir quatre ou cinq chevaux de plus pour courir en France. Mais il est possible également que certains de mes chevaux qui sont entraînés en Angleterre viennent courir chez vous. Je recherche surtout des femelles avec un vrai profil d’élevage.

Pourquoi avez-vous fait le déplacement à Auteuil pour le Prix Georges Courtois (Gr2) ?

Frédéric [Hinderze, le copropriétaire et co-éleveur de Gran Diose, ndlr] a eu la gentillesse de m’inviter. Il a été très agréable et c’est quelqu’un qui a un réel intérêt pour le bien-être des chevaux. C’est également ma priorité ! C’est le dénominateur commun que nous avons avec Frédéric. J’ai voulu voir également ce qu’il faisait car il est en train de construire un centre de rééducation à Maisons-Laffitte. Par ailleurs, nous avons été chez Jehan Bertran de Balanda, Yann et Carlos Lerner, et nous avons passé du temps avec Louisa [Carberry, ndlr]. Et puis, il a fait naître et possède le meilleur produit de Planteur sur les obstacles avec Gran Diose. Il a vraiment gagné en cheval dur le Prix Georges Courtois. C’est une belle expérience d’être présent ici !

Qu’avez-vous pensé du centre d’entraînement de Maisons-Laffitte et du projet de Frédéric Hinderze ?

Les installations de Maisons-Laffitte sont parfaites ! C’est vraiment un très bel environnement pour les chevaux et l’emplacement est excellent car nous sommes tout proches de Paris. J’ai vraiment apprécié les parcours d’entraînement comme le rond Adam, mais aussi le fait que tout soit rassemblé, le centre d’entraînement et celui de rééducation.

Vous êtes très impliqué dans le sponsoring des courses en Angleterre. Pour quelles raisons ?

En faisant cela, je souhaite mettre en avant mon élevage. Cette année, nous avons par exemple sponsorisé la Coronation Cup (Gr1) via Dahlbury et nous allons également sponsoriser une épreuve à Cheltenham en fin de semaine, ainsi que le Cleeve Hurdle (Gr2), en janvier. Je suis passionné par l’élevage britannique mais nous sommes derrière les élevages français et irlandais en matière de nombre de juments et de la qualité de celles-ci. J’ai vraiment envie que le nombre de poulinières augmente en Angleterre. Nous sponsorisons donc des épreuves afin que les gens sachent qui nous sommes et ce que nous faisons. Nous cherchons à augmenter la qualité des étalons et des juments, comme bon nombre de haras, par exemple Yorton Farm ou Dash Grange Stud. Je veux améliorer l'élevage britannique.

Quels sont vos objectifs pour 2023 ?

Je souhaite augmenter la qualité de mon élevage pour soutenir mes étalons. Mon but est de courir en améliorant la qualité des produits. Je souhaite avoir de bons chevaux pour courir. J’ai également envie que les poulinières françaises viennent à la saillie à Chapel Stud. Je suis d’ailleurs prêt à consentir des efforts financiers si de bonnes juments effectuent le déplacement…