samedi 22 juin 2024
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Une vie de bénévole

Épisode 1 : Loïc Malivet

Membres associés ou élus, ils doivent quitter le Comité de France Galop car ils sont atteints par la limite d’âge. Pour Jour de Galop, ils sont revenus sur leur expérience au sein de la société-mère.

Jour de Galop. – Depuis combien de temps étiez-vous membre du Comité de France Galop ?

Loïc Malivet. – Cela faisait 12 ans, date des élections de 2011. J’ai été par deux fois vice-président de France Galop. Et pour l’anecdote, de deux présidents différents ! En 2011, je ne m’y attendais vraiment pas car je venais tout juste d’être élu à la tête de la Fédération des éleveurs. Bertrand Bélinguier, que je ne connaissais pas, m’a proposé la vice-présidence du plat. J’ai refusé à plusieurs reprises, préférant aller à l’obstacle, puis il m’a convaincu d’aller au plat. J’ai donc été vice-président de France Galop et président du plat sous son mandat. Ensuite, j’ai fait un mandat sous Édouard de Rothschild. Après m’être présenté à la présidence de France Galop, j’ai intégré le Conseil d’administration à sa demande. Enfin, il y a quatre ans, nous avons fait campagne commune avec Édouard de Rothschild. Celle-ci s’est très bien passée, nous avons obtenu beaucoup de voix. Je finis donc sur cette mandature. Si on prend en compte les 20 dernières années, j’ai été le seul socioprofessionnel à accéder à la vice-présidence de France Galop. Généralement, nous avons des trios de cooptés à la tête de la société-mère, ce que je trouve d’ailleurs dommageable.

Quel bilan tirez-vous de ces années au Comité ?

Ils sont différents selon les mandatures. Lors de mon premier mandat, j’ai eu la chance que Bertrand Bélinguier m’aide de manière importante puisque je ne connaissais absolument pas les dossiers. Il m’a vraiment ouvert toutes les portes. Cette mandature, selon moi, aura été très constructive : le Conseil d’administration s’est réellement montré très actif, le PMU a évolué favorablement et les allocations ont pu être augmentées de manière significative. C’est aussi dans ces années-là que le dossier du nouveau Longchamp, sous la responsabilité de Bertrand Bélinguier et d’Henri de Pracomtal, a été engagé. Des accords avec les services de l’État et la mairie de Paris ont été trouvés. Le permis de construire a été accepté, puis les appels d’offres ont été lancés. Lors de mon deuxième mandat, le premier avec Édouard de Rothschild, l’état d’esprit était également excellent. Lors de mon troisième et dernier mandat, où je suis redevenu vice-président, nous avons eu aussi un Conseil d’administration satisfaisant. Avec la pandémie, nous avons bien sûr vécu une année très difficile. Malgré tout, nous nous souviendrons que les courses et la saison de monte ont pu reprendre très tôt. S’il a été nécessaire de revoir à la baisse les allocations, je trouve que nous sommes repartis de plus belle et que nous avons remis le galop sur les rails. Beaucoup de mesures ont été prises. J’ajouterai aussi que j’ai pu, grâce à ces mandats successifs, rencontrer tout au long des ans des personnes formidables parmi les membres du Comité. J’ai éprouvé beaucoup de plaisir à travailler aussi avec les différents directeurs des services de France Galop. Des personnes très motivées et attachées à notre maison.

Ma principale fierté est que nous ayons pu reprendre la saison de monte lors de l’année du Covid.

De quoi êtes-vous le plus fier au cours de ces trois mandats ?

Ma principale fierté est que nous ayons pu reprendre la saison de monte lors de l’année de la Covid. C’était loin d’être évident car la D.G.A.L. (la direction générale de l’alimentation, qui dépend du ministère de l’Agriculture) ainsi que le Conseil de l’Ordre des vétérinaires y étaient opposés. Heureusement, nous avons eu gain de cause, car si nous avions repris cette activité quand tout était revenu à la normale, c’est-à-dire au mois de mai – là où, traditionnellement, on commence à l’arrêter –, nous aurions perdu une génération entière de chevaux ! Avant que la tendance nous soit favorable, je peux vous assurer que mes nuits ont été très courtes… Ensuite, en travaillant de concert entre France Galop et le stud-book pur-sang, dont je suis président, nous avons largement amélioré notre protocole vaccinal, ce qui nous permet de vivre les épisodes d’épidémie un peu plus sereinement aujourd’hui. L’acquisition de l’immeuble Thémis est également une fierté. Cela faisait des années que nous souhaitions réunir la grande famille des courses – galop, trot et PMU – au sein d’un même pôle. Je suis réellement satisfait qu’en 2023, nous soyons enfin tous réunis sous le même toit. Enfin, je parlerai de la T.V.A. Comme vous le savez, l’État a été condamné par l’Europe à plusieurs reprises. Sur ce sujet, j’ai eu des “coups de chaud”, des “coups de froid”. C’est une belle victoire que nous avons obtenue : au moins pour l’élevage, nous sommes revenus à un taux réduit. Mais il faut aller plus loin encore : comme obtenir un taux réduit pour les poulains (ventes et pensions) jusqu’à leur entrée à l’entraînement, mais aussi baisser le taux de T.V.A. pour les chevaux à l’entraînement.

Justement, avez-vous d’autres regrets ?

Malgré toutes les mesures que nous avons pu prendre, en agissant sur les primes propriétaires et les allocations, par exemple, je suis contrarié que les effectifs à l’entraînement baissent de manière significative depuis des années. Maintenant, nous n’avons plus le choix : il faut absolument trouver de nouveaux leviers. Les bons surtout. Ceux qui permettront aux propriétaires de réinvestir dans les yearlings ou dans les chevaux à l’entraînement. C’est un sujet que j’ai beaucoup suivi depuis 2012, et à deux reprises, nous avons été amenés à supprimer des courses. C’est contrariant d’en arriver là. L’autre point, c’est que même si le PMU se montre très actif, ses résultats ne permettent pas d’augmenter davantage les allocations. Ce qui permettrait de garder des propriétaires et surtout d’en inciter d’autres à nous rejoindre. Aujourd’hui, l’espoir de gains pour un propriétaire est insuffisant.

Malgré toutes les mesures que nous avons pu prendre, en agissant sur les primes propriétaires et les allocations par exemple, je suis contrarié que les effectifs à l’entraînement baissent…

Vous quittez le Comité, mais allez-vous continuer par ailleurs à vous investir dans la filière ?

Je pense qu’avec trois mandats au Comité de France Galop, j’ai apporté ce que je pouvais à la filière. Bien sûr, j’ai un peu de recul sur certains dossiers, alors si on me le demande, j’aiderai volontiers dans des groupes de travail ou autres. Par ailleurs, en ce début d’année, j’ai été réélu à la tête de la Fédération des éleveurs du galop et mon mandat court jusqu’en mars 2027, mandat que je conserve bien entendu. Avec la fin de mon mandat au Comité, je vais pouvoir m’investir encore davantage au sein de la filière cheval, où, avec les différentes composantes, comme la Fédération française d’équitation et la Société hippique française, nous avons beaucoup de sujets sur la table.

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